Transferts secrets de prisonniers - La CIA est poursuivie en Italie
6 décembre 2006
Actualités internationales
Rome — Les procureurs de Milan ont ordonné hier le renvoi devant la justice italienne de 26 agents de la CIA et d'une dizaine d'agents italiens, dont le directeur démissionnaire du Sismi, le renseignement militaire, dans l'enlèvement et l'exfiltration d'un imam de Milan en 2003.
Hassan Moustafa Oussama Nasser, également connu sous le nom d'Abou Omar, qui était soupçonné de terrorisme, a été transféré de force en Égypte, où il dit avoir été torturé. Selon son avocat, il serait toujours détenu dans une prison proche du Caire sans qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui.
À l'issue de plus de deux années d'enquête, les procureurs de Milan ont estimé que le dossier était suffisamment nourri pour être renvoyé devant un tribunal. Selon la procédure italienne, il reviendra toutefois à un juge de déterminer, lors d'une audience préliminaire, s'il y a lieu d'aller à un procès. Mais cette issue ne fait guère de doute, même pour les avocats de la défense.
Il s'agirait alors d'une première depuis que l'existence d'un réseau de prisons secrètes et de transferts clandestins [«renditions»] de la CIA a été révélée au monde, constituant l'un des aspects les plus controversés de la guerre contre le terrorisme déclenchée par George Bush.
Parmi les suspects figurent 26 Américains, la plupart membres présumés de la CIA. L'ancien chef de l'agence en Italie de même que le chef de station de Milan et le responsable de la sécurité de la base aérienne américaine d'Aviano, dans le nord de la péninsule, sont du nombre.
Six Italiens sont également accusés de séquestration, dont Nicolo Pollari, l'ancien directeur du Sismi, l'agence de renseignement militaire. Trois autres sont poursuivis pour complicité.
Les procureurs de Milan ont acquis la conviction que des agents de la CIA, aidés par des membres du Sismi, ont enlevé Abou Omar le 17 février 2003 dans une rue de Milan. Conduit à Aviano dans une camionnette, il aurait alors été embarqué dans un avion à destination de la base américaine de Rammstein, en Allemagne, avant d'être transféré en Égypte.
Là, il dit avoir été torturé par des agents égyptiens. Dans une note manuscrite de onze pages, il ajoute que ses interrogateurs lui ont offert la liberté en échange de sa collaboration avec les autorités. Ce qu'il dit avoir refusé de faire.
Le gouvernement américain a reconnu les transferts secrets de personnes soupçonnées de terrorisme vers des pays tiers, mais il dément en avoir torturé ou fait torturer. Washington n'a jamais répondu directement aux accusations des procureurs de Milan, et il semble inévitable que les suspects américains, s'ils devaient être jugés, le seraient par contumace.
Hassan Moustafa Oussama Nasser, également connu sous le nom d'Abou Omar, qui était soupçonné de terrorisme, a été transféré de force en Égypte, où il dit avoir été torturé. Selon son avocat, il serait toujours détenu dans une prison proche du Caire sans qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui.
À l'issue de plus de deux années d'enquête, les procureurs de Milan ont estimé que le dossier était suffisamment nourri pour être renvoyé devant un tribunal. Selon la procédure italienne, il reviendra toutefois à un juge de déterminer, lors d'une audience préliminaire, s'il y a lieu d'aller à un procès. Mais cette issue ne fait guère de doute, même pour les avocats de la défense.
Il s'agirait alors d'une première depuis que l'existence d'un réseau de prisons secrètes et de transferts clandestins [«renditions»] de la CIA a été révélée au monde, constituant l'un des aspects les plus controversés de la guerre contre le terrorisme déclenchée par George Bush.
Parmi les suspects figurent 26 Américains, la plupart membres présumés de la CIA. L'ancien chef de l'agence en Italie de même que le chef de station de Milan et le responsable de la sécurité de la base aérienne américaine d'Aviano, dans le nord de la péninsule, sont du nombre.
Six Italiens sont également accusés de séquestration, dont Nicolo Pollari, l'ancien directeur du Sismi, l'agence de renseignement militaire. Trois autres sont poursuivis pour complicité.
Les procureurs de Milan ont acquis la conviction que des agents de la CIA, aidés par des membres du Sismi, ont enlevé Abou Omar le 17 février 2003 dans une rue de Milan. Conduit à Aviano dans une camionnette, il aurait alors été embarqué dans un avion à destination de la base américaine de Rammstein, en Allemagne, avant d'être transféré en Égypte.
Là, il dit avoir été torturé par des agents égyptiens. Dans une note manuscrite de onze pages, il ajoute que ses interrogateurs lui ont offert la liberté en échange de sa collaboration avec les autorités. Ce qu'il dit avoir refusé de faire.
Le gouvernement américain a reconnu les transferts secrets de personnes soupçonnées de terrorisme vers des pays tiers, mais il dément en avoir torturé ou fait torturer. Washington n'a jamais répondu directement aux accusations des procureurs de Milan, et il semble inévitable que les suspects américains, s'ils devaient être jugés, le seraient par contumace.
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