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Équateur - Les sondages donnent Rafael Correa gagnant

Le candidat conservateur Alvaro Noboa conteste sa défaite

Reuters   27 novembre 2006  Actualités internationales
Rafael Correa a exercé son droit de vote à Quito, hier. En soirée, le candidat à l’élection présidentielle a réclamé la victoire.
Photo : Agence Reuters
Rafael Correa a exercé son droit de vote à Quito, hier. En soirée, le candidat à l’élection présidentielle a réclamé la victoire.
Quito — Le candidat de gauche se réclamant du président vénézuélien Hugo Chavez à l'élection présidentielle équatorienne, Rafael Correa, l'a emporté au second tour avec 57 à 58 % des suffrages, contre 42 à 43 % pour son adversaire conservateur, le milliardaire pro-américain Alvaro Noboa, selon trois sondages à la sortie des urnes.

Le mouvement politique de Correa, Alianza País, a aussitôt proclamé la victoire de son candidat, ancien ministre des finances âgé de 43 ans, qui a reçu une formation d'économiste aux États-Unis.

Le candidat conservateur Alvaro Noboa a toutefois contesté sa défaite, affirmant l'avoir emporté. Il a dit à Reuters qu'il allait demander un recomptage bulletin par bulletin, s'il le fallait.

Correa, selon la chaîne Tele-amazonas, obtient 57 %, et le riche hommes d'affaires Noboa, 43 %. Le candidat de gauche, ami du président vénézuélien Hugo Chavez, recueille 57,9 % selon un autre sondage, réalisé pour la chaîne Gamavision, contre 42 % pour Noboa. Enfin, un sondage diffusé par la chaîne Ecuavisa crédite Correa de 57 % et son rival de 43 %.

Noboa, 56 ans (Parti rénovateur indépendant-Action nationale, PRIAN), est l'homme le plus riche du pays, roi de la banane, dont l'Équateur est le premier exportateur mondial. Il est favorable à la signature d'un accord de libre-échange avec les États-Unis et au développement de la manne pétrolière.

Face à lui, le charismatique Correa (Alianza País), 43 ans, est un nouveau venu pourfendeur de la partidocracia. Il prône des réformes radicales pour nettoyer une classe politique corrompue et insensible aux besoins du pays, dont les trois quarts des habitants sont pauvres.

«Coup de balai»

Devancé de 4 % au premier tour le 15 octobre, Correa a depuis lors édulcoré ses appels en faveur d'une rénovation de la classe politique. Conjuguée à son alliance avec Chavez, cette volonté de procéder à un «coup de balai» semblait avoir effrayé, lors du premier tour, une partie des électeurs de la classe moyenne.

Si les résultats du second tour confirment les sondages à la sortie des urnes, Correa deviendra le deuxième président d'un pays latino-américain — après Evo Morales en Bolivie — à l'emporter en s'inspirant du bolivarisme et de la politique de gauche de Hugo Chavez.

Le vainqueur de cette élection deviendra le neuvième président de l'Équateur, l'un des pays les plus pauvres du continent, en seulement 10 ans.

Sur les huit précédents, trois ont été contraints de quitter leurs fonctions à la suite de manifestations de rues.
 
 
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