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Des élus américains réclament plus de pression sur le gouvernement irakien

«La situation en Irak n'est pas acceptable», a insisté le futur numéro 2 des républicains au Sénat

27 novembre 2006  Actualités internationales
Washington — Les États-Unis doivent exiger du gouvernement irakien qu'il s'implique davantage dans le rétablissement de l'ordre dans le pays, ont déclaré hier d'influents élus démocrates et républicains, à trois jours d'un sommet entre George W. Bush et Nouri al-Maliki.

Alors que la durée du conflit en Irak a dépassé hier celle de l'engagement américain contre l'Allemagne et le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, l'impatience monte aux États-Unis. «La situation en Irak n'est pas acceptable et il va falloir qu'il y ait du changement», a déclaré sur FoxNews Trent Lott, futur numéro 2 des républicains au Sénat.

«Nous allons devoir être très agressifs et déterminés avec [Nouri al-Maliki]. Et s'il ne fait pas preuve d'une réelle autorité, s'il n'essaie pas de reprendre le contrôle de la situation, si, en fait, il devient une partie du problème, nous allons devoir prendre des décisions difficiles», a-t-il ajouté.

Pour le sénateur, les États-Unis doivent dire aux Irakiens: «Nous avons fait ce que nous avions à faire, nous nous sommes débarrassés de Saddam Hussein, nous avons essayé de vous aider avec les infrastructures, nous avons essayé de former votre police, votre armée [...]. Et si vous ne voulez pas faire face, alors nous en aurons fini avec tout cela.»

Un autre sénateur républicain, Chuck Hagel, voix influente sur les questions militaires, a lui aussi plaidé pour un désengagement progressif des troupes américaines. «Nous n'avons pas plus de soldats à envoyer, et même si nous le faisions, ils ne résoudraient pas la crise en Irak», a estimé M. Hagel dans une tribune publiée dans le Washington Post hier.

«Nous avons mal compris, mal interprété, mal organisé et mal géré nos intentions honorables en Irak, avec des illusions arrogantes qui rappellent le Vietnam», a-t-il écrit. Plusieurs responsables démocrates sont allés hier dans le même sens. Alors qu'un journaliste lui demandait si le moment était venu de fixer un ultimatum aux autorités irakiennes, le sénateur Dick Durbin a répondu: «Je pense que cela fait longtemps que c'est le moment.»

«Il est temps de dire aux Irakiens qu'à moins qu'ils n'acceptent de dissoudre les milices et les escadrons de la mort, à moins qu'ils n'acceptent de prendre le relais et de gouverner leur pays de manière responsable, l'Amérique ne va pas rester là indéfiniment», a ajouté M. Durbin, numéro deux de la nouvelle majorité au Sénat.

Le premier ministre irakien «va devoir prendre sur lui, faire du mieux qu'il peut pour rassembler tout le monde, pour s'assurer que l'Irak reste uni», a déclaré le démocrate Ike Skelton, président pressenti de la commission des forces armées à la Chambre des représentants.

Son homologue républicain à la commission des forces armées, Duncan Hunter, a fait valoir que beaucoup des bataillons irakiens formés et équipés par l'armée américaine restaient cantonnés dans des zones relativement calmes. «Mettez ces gars en selle, envoyez-les au combat [...]!», a-t-il lancé en estimant que rien n'était plus formateur pour une unité de combat et en insistant: «La clé, ici, c'est que les forces irakiennes prennent le relais.»
 
 
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