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L'armée congolaise est déployée à Kinshasa

23 novembre 2006  Actualités internationales
Des soldats congolais montaient la garde hier devant les locaux de la Cour suprême.
Photo : Agence Reuters
Des soldats congolais montaient la garde hier devant les locaux de la Cour suprême.
Kinshasa — L'armée s'est déployée massivement hier devant la Cour suprême de justice à Kinshasa, dans une capitale également placée sous haute surveillance de l'ONU, au lendemain de nouvelles violences armées et de l'incendie de locaux de la cour.

L'armée occupait les rues de Kinshasa pour la première fois depuis les affrontements meurtriers du mois d'août entre les troupes des deux candidats à la présidentielle, le sortant Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba. Sa présence était massive, dans la soirée, devant et aux abords de la Cour suprême, où plus d'une centaine de militaires étaient positionnés, et plus légère mais bien visible dans les rues adjacentes, proches de la résidence officielle du vice-président Bemba.

Vive tension

La situation est restée calme mais tendue hier dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), où la Mission de l'ONU en RDC (MONUC) et la force européenne EUFOR ont repris leurs patrouilles.

Devant la CSJ, partiellement saccagée et incendiée la veille par des partisans de M. Bemba, les trois blindés de la MONUC, initialement en charge de la sécurisation des abords immédiats de la cour, s'étaient installés de l'autre côté du carrefour, cédant le pas aux hommes de la 7e brigade de l'armée congolaise. Aucune force de police n'était visible sur place.

«Nous sommes là. C'est calme, mais nous interviendrons s'il y a de nouvelles provocations, si des armes de guerre sont encore utilisées dans la ville», a déclaré un officier congolais, refusant de décliner son identité.

Hier, le vice-président en charge de la politique et de la sécurité, Azarias Ruberwa, a affirmé après une visite à la CSJ que l'incendie avait détruit certains documents électoraux mais pas ceux relatifs à la présidentielle.

De son côté, le Comité international d'accompagnement de la transition (CIAT) en RDC, qui regroupe 14 ambassadeurs à Kinshasa, a condamné les «actes criminels extrêmement graves» de mardi.

«S'en prendre à la plus haute juridiction du pays au moment même où celle-ci [...] délibère sur les recours contentieux déposés dans le cadre du processus électoral ne peut avoir qu'un but et qu'une signification: mettre à bas ce processus et la démocratie en RDC», a affirmé le CIAT.

Dès mardi soir, le camp Bemba a condamné les actes de «vandalisme» à la CSJ, nié toute implication de ses éléments armés dans les troubles et dénoncé hier «l'utilisation abusive de la force contre la population venue soutenir son candidat».

Les gardes de Bemba

Le rejet des résultats par M. Bemba et la présence d'un millier d'hommes armés affectés à sa sécurité à Kinshasa alimentent les tensions dans la capitale, encore sous le choc d'affrontements meurtriers en août et le 11 novembre, qui avaient notamment impliqué la police et la garde de M. Bemba.

Hier soir, le ministre de l'Intérieur, Denis Kalume, a appelé le vice-président à neutraliser les éléments «incontrôlés» de sa garde, estimant qu'il fallait «trouver une solution pour les éloigner».

Après le déploiement de l'armée aux abords de la Cour suprême, les chancelleries craignent qu'un nouvel accrochage impliquant des troupes de M. Bemba ne dégénère.

Dans la journée, le chef de la MONUC, William Swing, s'est entretenu avec M. Kabila, puis avec M. Bemba, avec lequel il a notamment abordé la question du départ de Kinshasa de ses hommes, selon une source onusienne.
 
 
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