Bagdad lève le couvre-feu
Paris et Rome exhortent les autorités irakiennes à ne pas exécuter Hussein
Les autorités irakiennes ont assoupli hier, avant de le lever aujourd'hui, le couvre-feu à Bagdad et dans deux provinces, au lendemain de la condamnation à mort de Saddam Hussein, largement saluée par les chiites, mais critiquée par de nombreux sunnites.
Majoritaires mais opprimés par le régime de l'ancien dictateur, les chiites ont manifesté leur joie dans tout le pays, voyant dans la condamnation à mort de Saddam un événement qu'ils attendaient de longue date. En revanche, les sunnites, la communauté à laquelle appartient Saddam Hussein et qu'il a toujours favorisée, ont crié au complot, promettant des journées sombres aux Américains et à leurs alliés irakiens.
Le gouvernement a assoupli le couvre-feu exceptionnel instauré dimanche pour prévenir tout déchaînement de violence après le verdict. Cette mesure d'exception concernait Bagdad et, au nord de la capitale, les provinces de Diyala et de Salaheddine, dont la ville principale, Tikrit, est l'ancien fief de Saddam. Le couvre-feu sera totalement levé aujourd'hui.
Le président déchu a été condamné dimanche par le Haut tribunal pénal irakien à la pendaison. Les statuts du Haut tribunal pénal prévoient un appel automatique pour toute condamnation à mort ou peine d'emprisonnement à vie. Si elle est confirmée en appel, l'exécution de Saddam pourrait ne pas avoir lieu avant plusieurs mois.
«Un délai de 30 jours a débuté hier pour la procédure d'appel, après quoi la Chambre d'appel du Haut tribunal pénal va étudier les dossiers. D'après moi, elle devrait avoir besoin d'un ou deux mois pour rendre sa décision», c'est-à-dire en janvier ou en février, a déclaré hier soir le procureur général du Haut tribunal pénal, Jaafar al-Moussaoui.
Si la Chambre estime que l'appel est fondé, un nouveau procès doit avoir lieu. En cas de ratification de la décision prise en première instance, la sentence doit être appliquée dans les 30 jours.
Saddam Hussein devrait être à nouveau dans le box des accusés du Haut tribunal pénal dès aujourd'hui pour répondre avec six de ses lieutenants de génocide contre les Kurdes pour les campagnes militaires Anfal, en 1987-1988, qui ont fait plus de 180 000 morts au Kurdistan, selon l'accusation.
Au lendemain de la fermeture de deux chaînes de télévision, Al-Zaoura et Salah-Eddine, critiquées pour leur couverture du verdict, le premier ministre Nouri al-Maliki a averti les médias qui «incitent aux troubles et à la division».
La France et l'Italie ont exhorté hier les autorités irakiennes à ne pas exécuter Saddam Hussein, pour des raisons éthiques mais aussi pour éviter que l'Irak ne sombre dans la guerre civile.
«Dans la situation difficile, dramatique, de l'Irak, l'exécution de Saddam Hussein pourrait plonger le pays dans la guerre civile», a déclaré le chef de la diplomatie italienne, Massimo D'Alema, après avoir rencontré à Paris son homologue français Philippe Douste-Blazy.
Philippe Douste-Blazy a rappelé que la France et l'Union européenne étaient opposées à la peine de mort et souhaitaient la voir partout abolie.
À Londres, le premier ministre Tony Blair a également rappelé que la Grande-Bretagne était opposée à la peine capitale. Pressé de questions par les journalistes, il a cependant refusé de dire s'il pensait que Saddam devait être exécuté, soulignant que c'était aux Irakiens de décider.
Majoritaires mais opprimés par le régime de l'ancien dictateur, les chiites ont manifesté leur joie dans tout le pays, voyant dans la condamnation à mort de Saddam un événement qu'ils attendaient de longue date. En revanche, les sunnites, la communauté à laquelle appartient Saddam Hussein et qu'il a toujours favorisée, ont crié au complot, promettant des journées sombres aux Américains et à leurs alliés irakiens.
Le gouvernement a assoupli le couvre-feu exceptionnel instauré dimanche pour prévenir tout déchaînement de violence après le verdict. Cette mesure d'exception concernait Bagdad et, au nord de la capitale, les provinces de Diyala et de Salaheddine, dont la ville principale, Tikrit, est l'ancien fief de Saddam. Le couvre-feu sera totalement levé aujourd'hui.
Le président déchu a été condamné dimanche par le Haut tribunal pénal irakien à la pendaison. Les statuts du Haut tribunal pénal prévoient un appel automatique pour toute condamnation à mort ou peine d'emprisonnement à vie. Si elle est confirmée en appel, l'exécution de Saddam pourrait ne pas avoir lieu avant plusieurs mois.
«Un délai de 30 jours a débuté hier pour la procédure d'appel, après quoi la Chambre d'appel du Haut tribunal pénal va étudier les dossiers. D'après moi, elle devrait avoir besoin d'un ou deux mois pour rendre sa décision», c'est-à-dire en janvier ou en février, a déclaré hier soir le procureur général du Haut tribunal pénal, Jaafar al-Moussaoui.
Si la Chambre estime que l'appel est fondé, un nouveau procès doit avoir lieu. En cas de ratification de la décision prise en première instance, la sentence doit être appliquée dans les 30 jours.
Saddam Hussein devrait être à nouveau dans le box des accusés du Haut tribunal pénal dès aujourd'hui pour répondre avec six de ses lieutenants de génocide contre les Kurdes pour les campagnes militaires Anfal, en 1987-1988, qui ont fait plus de 180 000 morts au Kurdistan, selon l'accusation.
Au lendemain de la fermeture de deux chaînes de télévision, Al-Zaoura et Salah-Eddine, critiquées pour leur couverture du verdict, le premier ministre Nouri al-Maliki a averti les médias qui «incitent aux troubles et à la division».
La France et l'Italie ont exhorté hier les autorités irakiennes à ne pas exécuter Saddam Hussein, pour des raisons éthiques mais aussi pour éviter que l'Irak ne sombre dans la guerre civile.
«Dans la situation difficile, dramatique, de l'Irak, l'exécution de Saddam Hussein pourrait plonger le pays dans la guerre civile», a déclaré le chef de la diplomatie italienne, Massimo D'Alema, après avoir rencontré à Paris son homologue français Philippe Douste-Blazy.
Philippe Douste-Blazy a rappelé que la France et l'Union européenne étaient opposées à la peine de mort et souhaitaient la voir partout abolie.
À Londres, le premier ministre Tony Blair a également rappelé que la Grande-Bretagne était opposée à la peine capitale. Pressé de questions par les journalistes, il a cependant refusé de dire s'il pensait que Saddam devait être exécuté, soulignant que c'était aux Irakiens de décider.
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