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Deuxième tour de la présidentielle congolaise - Un scrutin dans un calme relatif

«Nous espérons que ce vote améliorera nos vies»

Dans un bureau de scrutin à Kinshasa: un tableau avec le nombre d’électeurs ayant voté pour Bemba et Kabila, les deux principaux candidats.
Photo : Agence Reuters
Dans un bureau de scrutin à Kinshasa: un tableau avec le nombre d’électeurs ayant voté pour Bemba et Kabila, les deux principaux candidats.
Kinshasa — Les électeurs du Congo-Kinshasa ont voté hier pour le second tour de la présidentielle opposant le chef d'État sortant Joseph Kabila, considéré comme le favori, à l'ancien chef rebelle et vice-président, Jean-Pierre Bemba.

Le scrutin semblait s'être déroulé dans un calme relatif, à l'exception de la ville de Bumba, dans le Nord, située dans une région acquise à Jean-Pierre Bemba. Là, 200 de ses partisans armés de massues et de pierres ont brûlé des urnes après avoir entendu dire que des supporters de Joseph Kabila avaient apparemment l'intention de les remplir, selon un photographe de l'Associated Press sur place.

Le commissaire de police de la ville, Mukulu Kambale, a rapporté qu'un adolescent de 15 ans avait été tué et une seconde personne blessée lorsque les soldats qui montaient la garde près d'un bureau de vote ont ouvert le feu. Sept bureaux ont été pillés. Des renforts sont arrivés sur place et la situation était calme dans l'après-midi.

Selon la radio Okapi financée par les Nations unies, une personne a été tuée et trois autres blessées dans la même province lorsque des forces navales ont tiré sur des partisans de Jean-Pierre Bemba qui protestaient contre des rumeurs de fraudes à Lisala.

Plusieurs milliers de personnes, dans le nord-est du pays, n'ont pas pu aller voter en raison de barrages dressés par des soldats réclamant de l'argent pour leur passage, a déclaré Anneke Van Woudenberg, de l'organisation non-gouvernementale Human Rights Watch.

Maintenir un semblant de paix

Au total, 17 600 soldats de la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) sont déployés dans le pays pour aider à maintenir un semblant de paix, mais l'Est reste rongé par la violence.

Beaucoup redoutaient de nouveaux affrontements après les combats qui avaient opposé pendant trois jours au mois d'août des partisans des deux candidats rivaux dans la capitale Kinshasa après l'annonce des résultats du premier tour du 30 juillet.

Ils avaient fait au moins 23 morts, selon les bilans officiels.

Au premier tour, Joseph Kabila, président du gouvernement de transition, était arrivé en tête avec 45 % des voix, devant Jean-Pierre Bemba du Mouvement de libération du Congo (MLC), ancien chef rebelle devenu vice-président du gouvernement, deuxième avec 20 % des suffrages.

C'est la première fois que les électeurs de la République démocratique du Congo (RDC) étaient appelés à désigner leur président en plus de quarante ans, après les décennies de dictature de Mobutu Sese Seko, dans ce qui était alors le Zaïre, et les années de guerre.

Le processus de transition vers la démocratie s'est ouvert il y a quatre ans avec la formation d'un gouvernement basé sur un accord de partage du pouvoir après l'accord de paix qui avait mis fin au conflit de 1998-2002.

«Notre peuple souffre toujours à cause de l'insécurité. Nous vivons dans la peur. Nous espérons que ce vote améliorera nos vies», confiait Santos Kambale, un fonctionnaire de 42 ans, à Goma, peu après l'ouverture des bureaux de vote vers six heures.

Dans la matinée, des pluies diluviennes ont touché la capitale, entraînant une faible participation. Refusant de s'exprimer devant les journalistes, Joseph Kabila, 35 ans, a voté lorsque les conditions météorologiques se sont améliorées. De son côté, Jean-Pierre Bemba, 44 ans, qui votait dans une école voisine dans l'après-midi a déclaré à la presse qu'il se sentait «très bien».

Le vice-président s'est engagé jeudi à reconnaître le verdict des urnes, à condition que les résultats ne soient pas entachés de fraudes. Au premier tour, les observateurs internationaux avaient noté de multiples problèmes dans le processus électoral, mais rien de nature à fausser les résultats.

L'organisation du scrutin s'est avéré une tâche colossale dans un pays où la plupart des habitants vivent dans des villages éloignés sans eau ni électricité. Environ 25 millions de personnes sont enregistrées sur les listes électorales, dans 50 000 bureaux de vote répandues à travers le pays. Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant plusieurs semaines.
 
 
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