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Pas question pour Transcontinental de s'établir en Chine... pour le moment

18 octobre 2006  Actualités internationales
Rémi Marcoux, fondateur et président exécutif du conseil de Transcontinental, estime que 75 % des revenus de Transcontinental proviennent de domaines qui ne sont pas vulnérables à la concurrence chinoise.
Photo : Jacques Nadeau
Rémi Marcoux, fondateur et président exécutif du conseil de Transcontinental, estime que 75 % des revenus de Transcontinental proviennent de domaines qui ne sont pas vulnérables à la concurrence chinoise.
L'imprimeur Transcontinental a modifié sa stratégie afin de composer avec la concurrence chinoise, mais il n'est pas question pour l'entreprise de s'établir dans l'Empire du milieu... pour l'instant, a confié hier le fondateur et président exécutif du conseil, Rémi Marcoux.

Selon l'homme d'affaires, les entreprises nord-américaines ne sont plus concurrentielles quand il s'agit d'imprimer des livres ou des magazines à longs tirages — c'est-à-dire des ouvrages tirés à des dizaines de milliers d'exemplaires — et qui ne sont pas sensibles aux délais d'exécution ou de livraison.

Le fondateur de Transcontinental cite en exemple les catalogues, les livres d'art illustrés et les livres pour enfants qui contiennent souvent des jouets. «Les Chinois sont parfaits là-dedans. Ce marché-là, on n'est plus là», a-t-il déclaré hier, en marge d'une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Rémi Marcoux estime que 75 % des revenus de Transcontinental proviennent de domaines qui ne sont pas vulnérables à la concurrence chinoise. L'imprimeur québécois mise sur ceux-ci, parmi lesquels figurent l'édition et l'impression de circulaires ou de journaux, pour assurer la croissance de son entreprise.

Dans le domaine du livre, l'imprimeur mise désormais sur les courts et moyens tirages de même que sur les produits devant être livrés rapidement. La société a aussi investi près de 45 millions pour doter deux de ses usines québécoises de presses rapides et très automatisées.

«C'est ma réponse à la Chine», a insisté M. Marcoux, qui revient d'un voyage dans l'Empire du milieu au cours duquel il a visité une dizaine d'imprimeries, dont certaines extrêmement bien équipées.

Selon l'entrepreneur beauceron, l'imprimerie est actuellement l'une des industries les plus rentables de Chine. Entre 2002 et 2005, sa croissance annuelle moyenne s'est chiffrée à 20 %, ce qui est deux fois plus élevé que la croissance du PIB.

Même si ces chiffres font saliver, il serait «prématuré» de tenter de concurrencer le pays le plus populeux du monde sur son propre terrain, a indiqué M. Marcoux. À son avis, les contraintes demeurent en effet trop importantes pour que Transcontinental songe à ouvrir une imprimerie en Chine. Le gouvernement chinois tient à contrôler toutes les imprimeries par lesquelles transitent des livres ou des produits d'information. Les entreprises privées ne peuvent être qu'actionnaires minoritaires de ces établissements. «Mais je crois que ça va évoluer. On va surveiller ça», a-t-il confié.

Transcontinental emploie actuellement quelque 14 000 personnes au Canada, aux États-Unis et en Chine. La société est l'un des plus gros imprimeurs du continent, en plus d'éditer des dizaines de périodiques dont plusieurs quotidiens, le journal Les Affaires, des magazines et la moitié des hebdomadaires du Québec.
 
 
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