Le Vatican s'efforce d'apaiser le monde musulman
Les manifestations se poursuivent malgré les explications du pape
Cité du Vatican — Dignitaires religieux et hommes d'État s'efforcent d'apaiser le monde musulman à la suite des propos de Benoît XVI sur l'islam, mais en Irak, où le pape a été brûlé en effigie, un groupe lié à al-Qaïda a promis la guerre aux «adorateurs de la croix».
Le Vatican a demandé à ses diplomates dans les pays musulmans d'expliquer les déclarations du souverain pontife. Les nonces apostoliques présents dans ces pays auront des entretiens avec les dirigeants politiques et religieux, a précisé le nouveau secrétaire d'État du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone.
Celui-ci, dans le Corriere della Sera, affirme que le texte de la conférence que le pape a prononcée mardi dernier, à Ratisbonne, avait été manipulé et qu'on cherchait à faire dire au souverain pontife ce qu'il n'avait pas dit.
Même analyse de la part de la Commission européenne, selon laquelle les propos de Benoît XVI ne doivent pas être extraits de leur contexte. «Toute réaction doit se fonder sur ce qui a réellement été dit et non sur des passages sortis de leur contexte», a précisé Johannes Laitenberger, porte-parole de l'exécutif de l'Union européenne.
Rowan Williams, primat de l'Église anglicane et archevêque de Canterbury, a pris la défense de Benoît XVI. «Le pape a déjà présenté des excuses et je pense que ses vues sur cette question doivent être considérées dans leur ensemble, car il a parlé très positivement sur le dialogue entre les religions», a dit Mgr Williams à la BBC. «Il y a des éléments dans l'islam qui peuvent être utilisés pour justifier la violence, tout comme il y en a dans le christianisme et dans le judaïsme», a-t-il ajouté.
Pour le porte-parole du gouvernement iranien, la déclaration par laquelle Benoît XVI s'est dit profondément attristé dimanche devant la réaction des musulmans à son discours de Ratisbonne est bienvenue mais elle reste insuffisante.
«La réponse du pape assurant que ses propos ont été déformés était une bonne initiative et une explication nécessaire, mais ce n'est pas suffisant», a dit Gholamhossein Elham. Il a exigé des excuses plus nettes.
«Nous briserons la croix et ferons couler le vin [...]. Allah aidera les musulmans à conquérir Rome, Il nous permettra de leur trancher la gorge et de faire de leurs richesses et de leurs descendants la récompense des moudjahidin», a écrit le Conseil consultatif des moudjahidin dans un communiqué publié dans Internet.
Un autre groupe armé actif en Irak, Ansar al-Sounah, a également promis de réagir aux propos du pape en frappant les chrétiens «jusqu'à ce qu'ils se convertissent à l'islam, véritable foi en Dieu».
À Bassora, dans le sud du pays, 150 manifestants ont scandé des slogans hostiles au pape et l'ont brûlé en effigie. «Non à l'agression!», «Nous avons bâillonné le pape!», ont-ils crié devant les bureaux du gouverneur de cette ville chiite en brûlant des drapeaux allemands, américains et israéliens.
En Chine, l'agence Chine nouvelle cite un responsable musulman, Chen Guangyuan, qui estime que «le pape a insulté à la fois l'islam et le prophète Mahomet, ce qui a heurté les sentiments des musulmans à travers le monde, y compris en Chine». À Jakarta, en Indonésie, une centaine de personnes ont manifesté dans le calme devant la nonciature.
Benoît XVI s'est déclaré, dimanche, profondément désolé par la réaction des musulmans à son discours de Ratisbonne, par lequel il dit n'avoir voulu qu'inviter à l'ouverture d'un dialogue franc et sincère, et il a assuré que la citation qu'il a faite d'un souverain byzantin du XIVe siècle n'exprime en aucune manière ses pensées personnelles.
Lors de cette conférence prononcée mardi dernier à l'université de Ratisbonne, le pape a cité l'empereur byzantin Manuel II Paléologue, qui avait accusait Mahomet d'avoir semé le mal et l'inhumanité pour avoir prôné la diffusion de son enseignement par les armes.
«La violence est incompatible avec la nature de Dieu et avec la nature de l'âme», a souligné le pape, qui a employé les termes de «djihad» et de «guerre sainte».
Le Vatican a demandé à ses diplomates dans les pays musulmans d'expliquer les déclarations du souverain pontife. Les nonces apostoliques présents dans ces pays auront des entretiens avec les dirigeants politiques et religieux, a précisé le nouveau secrétaire d'État du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone.
Celui-ci, dans le Corriere della Sera, affirme que le texte de la conférence que le pape a prononcée mardi dernier, à Ratisbonne, avait été manipulé et qu'on cherchait à faire dire au souverain pontife ce qu'il n'avait pas dit.
Même analyse de la part de la Commission européenne, selon laquelle les propos de Benoît XVI ne doivent pas être extraits de leur contexte. «Toute réaction doit se fonder sur ce qui a réellement été dit et non sur des passages sortis de leur contexte», a précisé Johannes Laitenberger, porte-parole de l'exécutif de l'Union européenne.
Rowan Williams, primat de l'Église anglicane et archevêque de Canterbury, a pris la défense de Benoît XVI. «Le pape a déjà présenté des excuses et je pense que ses vues sur cette question doivent être considérées dans leur ensemble, car il a parlé très positivement sur le dialogue entre les religions», a dit Mgr Williams à la BBC. «Il y a des éléments dans l'islam qui peuvent être utilisés pour justifier la violence, tout comme il y en a dans le christianisme et dans le judaïsme», a-t-il ajouté.
Pour le porte-parole du gouvernement iranien, la déclaration par laquelle Benoît XVI s'est dit profondément attristé dimanche devant la réaction des musulmans à son discours de Ratisbonne est bienvenue mais elle reste insuffisante.
«La réponse du pape assurant que ses propos ont été déformés était une bonne initiative et une explication nécessaire, mais ce n'est pas suffisant», a dit Gholamhossein Elham. Il a exigé des excuses plus nettes.
«Nous briserons la croix et ferons couler le vin [...]. Allah aidera les musulmans à conquérir Rome, Il nous permettra de leur trancher la gorge et de faire de leurs richesses et de leurs descendants la récompense des moudjahidin», a écrit le Conseil consultatif des moudjahidin dans un communiqué publié dans Internet.
Un autre groupe armé actif en Irak, Ansar al-Sounah, a également promis de réagir aux propos du pape en frappant les chrétiens «jusqu'à ce qu'ils se convertissent à l'islam, véritable foi en Dieu».
À Bassora, dans le sud du pays, 150 manifestants ont scandé des slogans hostiles au pape et l'ont brûlé en effigie. «Non à l'agression!», «Nous avons bâillonné le pape!», ont-ils crié devant les bureaux du gouverneur de cette ville chiite en brûlant des drapeaux allemands, américains et israéliens.
En Chine, l'agence Chine nouvelle cite un responsable musulman, Chen Guangyuan, qui estime que «le pape a insulté à la fois l'islam et le prophète Mahomet, ce qui a heurté les sentiments des musulmans à travers le monde, y compris en Chine». À Jakarta, en Indonésie, une centaine de personnes ont manifesté dans le calme devant la nonciature.
Benoît XVI s'est déclaré, dimanche, profondément désolé par la réaction des musulmans à son discours de Ratisbonne, par lequel il dit n'avoir voulu qu'inviter à l'ouverture d'un dialogue franc et sincère, et il a assuré que la citation qu'il a faite d'un souverain byzantin du XIVe siècle n'exprime en aucune manière ses pensées personnelles.
Lors de cette conférence prononcée mardi dernier à l'université de Ratisbonne, le pape a cité l'empereur byzantin Manuel II Paléologue, qui avait accusait Mahomet d'avoir semé le mal et l'inhumanité pour avoir prôné la diffusion de son enseignement par les armes.
«La violence est incompatible avec la nature de Dieu et avec la nature de l'âme», a souligné le pape, qui a employé les termes de «djihad» et de «guerre sainte».
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