Lettres: Guernica bis
De tous les textes que j'ai pu lire sur le conflit israélo-libanais, celui de Pierre Vadeboncoeur, Guernica bis (Le Devoir, 14 septembre 2006), m'a paru le plus vrai, le plus sensé.
L'analyse de l'auteur exprime fort bien cette hésitation, cette espèce de malaise que l'on ressent à condamner Israël sitôt que l'on se reporte aux innombrables exactions dont le peuple juif a été victime, notamment dans les pays chrétiens depuis des siècles et des siècles.
On a en mémoire Massada, l'Inquisition espagnole, le ghetto de Varsovie, Auschwitz. On relit mentalement La Mémoire d'Abraham, de Marek Halter, Si c'est un homme, de Primo Levi, L'Archet de l'espoir, d'Élisabeth Cousin. Et on ressent une immense sympathie pour ce peuple qui a tant souffert, connu tant d'interdictions et de
brimades.
Mais, comme le dit si bien Vadeboncoeur, «un mal d'aujourd'hui ne peut être considéré comme un bien parce qu'il est le fait de ceux qui, jadis, en ont subi de pires.»
Mieux que je n'aurais su le faire, l'auteur a exprimé on ne peut plus exactement mon opinion, ma réaction, mon sentiment, devant la riposte israélienne — d'une démesure incommensurable, malicieuse, insensée — «pour deux soldats kidnappés et des lancements sporadiques de roquettes».
Quand on pense que cette réaction impitoyable et foudroyante d'Israël est loin d'être la première depuis 1967, quand on pense à Sabra et Chatila et aux nombreux précédents ou remakes de moindre envergure mais de même nature qui se sont produits depuis, on se dit que cela a assez duré et qu'il est temps que le droit reprenne sa primauté sur la force.
J'invite ceux qui pourraient me trouver ici trop tranchant à lire Israël a perdu son âme, titre d'un article autrement virulent à l'endroit de la société israélienne, paru dans J.A. L'intelligent no 2228 (septembre 2003) ainsi que dans le New York Times. Auteur: Avraham Burg, député travailliste et ancien président de la Knesset (1999-2003).
L'analyse de l'auteur exprime fort bien cette hésitation, cette espèce de malaise que l'on ressent à condamner Israël sitôt que l'on se reporte aux innombrables exactions dont le peuple juif a été victime, notamment dans les pays chrétiens depuis des siècles et des siècles.
On a en mémoire Massada, l'Inquisition espagnole, le ghetto de Varsovie, Auschwitz. On relit mentalement La Mémoire d'Abraham, de Marek Halter, Si c'est un homme, de Primo Levi, L'Archet de l'espoir, d'Élisabeth Cousin. Et on ressent une immense sympathie pour ce peuple qui a tant souffert, connu tant d'interdictions et de
brimades.
Mais, comme le dit si bien Vadeboncoeur, «un mal d'aujourd'hui ne peut être considéré comme un bien parce qu'il est le fait de ceux qui, jadis, en ont subi de pires.»
Mieux que je n'aurais su le faire, l'auteur a exprimé on ne peut plus exactement mon opinion, ma réaction, mon sentiment, devant la riposte israélienne — d'une démesure incommensurable, malicieuse, insensée — «pour deux soldats kidnappés et des lancements sporadiques de roquettes».
Quand on pense que cette réaction impitoyable et foudroyante d'Israël est loin d'être la première depuis 1967, quand on pense à Sabra et Chatila et aux nombreux précédents ou remakes de moindre envergure mais de même nature qui se sont produits depuis, on se dit que cela a assez duré et qu'il est temps que le droit reprenne sa primauté sur la force.
J'invite ceux qui pourraient me trouver ici trop tranchant à lire Israël a perdu son âme, titre d'un article autrement virulent à l'endroit de la société israélienne, paru dans J.A. L'intelligent no 2228 (septembre 2003) ainsi que dans le New York Times. Auteur: Avraham Burg, député travailliste et ancien président de la Knesset (1999-2003).
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