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Calderón est déclaré vainqueur

Le Tribunal électoral mexicain tente de mettre fin à l'imbroglio qui sévit depuis deux mois

6 septembre 2006  Actualités internationales
Felipe Calderón
Photo : Agence Reuters
Felipe Calderón
Mexico — Le conservateur Felipe Calderón a été proclamé président élu du Mexique hier par le Tribunal fédéral électoral (TRIFE), qui a définitivement entériné les résultats du scrutin contesté depuis deux mois par le candidat de gauche, Andrés Manuel López Obrador.

Les deux candidats ne sont séparés que par 0,56 % des suffrages et la gauche a dit qu'elle continuera à contester le résultat.

«Premièrement, d'après le résultat de l'élection, le candidat qui a obtenu le plus de voix est le citoyen Felipe Calderón. Deuxièmement, l'élection présidentielle est valide [...]. Felipe Calderón est déclaré président élu du Mexique du 1er décembre 2006 au 30 novembre de 2012», a déclaré solennellement le président du TRIFE, Leonel Castillo.

D'après les chiffres officiels et définitifs communiqués par le tribunal, M. Calderón obtient 35,89 % des suffrages contre 35,33 % à M. López Obrador. Ce dernier a d'ores et déjà annoncé qu'il ne reconnaîtra pas la victoire d'un «président illégitime». Il envisage de former un gouvernement parallèle.

M. López Obrador affirme qu'il y a eu une fraude électorale lors du scrutin et des irrégularités durant la campagne électorale, mais le tribunal lui a répondu hier que les «irrégularités supposées ne sont pas démontrées».

Les partis politiques — à l'exception de la coalition de López Obrador — et les observateurs présents le jour du scrutin ont jugé l'élection exemplaire.

Le TRIFE, toutefois, critique dans sa déclaration finale les interventions télévisées du président sortant Vicente Fox et d'organisations patronales dans la campagne au profit de Felipe Calderón.

M. López Obrador ne cesse de dénoncer ces spots télévisés controversés. Le tribunal a cependant jugé qu'il n'y avait pas d'éléments probants pour démontrer que ces interventions avaient influé sur la décision des électeurs.

Obrador résiste

Le leader de la gauche mexicaine a également été sermonné par le tribunal «pour s'être exprimé de manière irrespectueuse contre les institutions» du Mexique.

M. López Obrador a longtemps demandé un nouveau décompte des 41,7 millions de bulletins de vote, mais le tribunal n'a ordonné le mois dernier que la révision de 9 % des suffrages qui n'ont pas modifié sensiblement le résultat.

Felipe Calderón succédera au président Vicente Fox, du même parti que lui, le Parti d'action nationale (PAN, droite catholique), qui avait mis fin à 71 ans de pouvoir hégémonique du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) en 2000.

M. Calderón, 44 ans, ancien ministre de l'Énergie de Vicente Fox, s'est montré discret au cours des deux derniers mois, répondant rarement aux critiques de

M. López Obrador.

Engagé dans un mouvement de «résistance civile pacifique», l'ancien maire de Mexico se concentre désormais sur l'organisation d'une «convention nationale démocratique», convoquée pour le 16 septembre dans la capitale, qui devrait déterminer les prochaines actions de son mouvement de protestation bloquant depuis plus d'un mois une partie du centre de la capitale. À cette occasion, il compte soumettre à ses partisans plusieurs propositions, dont la formation d'un gouvernement parallèle.

Felipe Calderón, 44 ans, conservateur catholique, promet le changement dans la continuité: il se veut à la fois l'héritier de la politique économique du président Vicente Fox et l'initiateur d'un nouveau mode de gouvernement.

Précoce et têtu sont deux des caractéristiques de ce père de deux enfants, avocat de formation, baptisé dans le PAN (Parti d'action nationale), élevé dans le PAN et marié avec le PAN. Sa femme, Margarita Zavala, est ex-députée du parti.

Dans la peau du président élu, il a attendu la proclamation officielle par le tribunal électoral en multipliant les consultations pour dessiner un accord de coalition, obligatoire, faute de majorité à la Chambre des députés et au Sénat.

Felipe Calderón ne propose au Mexique ni révolution ni recettes miracle mais promet d'accentuer la politique économique libérale en cours et de lutter sans concession contre la corruption et les trafiquants de drogue.

Ses positions en faveur de la croissance économique par le marché et l'investissement ainsi que sa compréhension de la mondialisation lui valent le soutien des milieux d'affaires.

En revanche, il veut changer la façon de gouverner pour en finir avec l'immobilisme qui a marqué les six ans de pouvoir de Vicente Fox. Pour cela, en se qualifiant lui-même de bon négociateur, il a été le seul des candidats à proposer clairement un gouvernement d'union nationale ou de coalition.

Catholique pratiquant, il est opposé à l'avortement ou au mariage homosexuel mais se présente comme un modéré respectueux de la liberté individuelle.
 
 
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