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Le tireur embusqué fait surgir la peur du terrorisme

19 octobre 2002  Actualités internationales
Dans la capitale américaine, la police, sur les dents, vérifie toutes les hypothèses, y compris celle de l’acte terroriste.
Photo : Agence Reuters
Dans la capitale américaine, la police, sur les dents, vérifie toutes les hypothèses, y compris celle de l’acte terroriste.
Washington - La peur du terrorisme a ressurgi à Washington après les neuf meurtres attribués à un tireur embusqué, mais les enquêteurs restent jusqu'à présent extrêmement prudents au sujet de cette hypothèse d'un acte terroriste organisé.

Aucun élément de l'enquête ne vient à ce stade étayer de tels soupçons.

Hier, la chaîne de télévision ABC a cependant affirmé qu'un homme soupçonné de liens terroristes, Nizar Trabelsi, interrogé la semaine dernière à Bruxelles par des agents du FBI, leur avait déclaré «avoir vu l'entraînement par al-Qaïda d'une équipe de trois francs-tireurs pour lancer des attaques contre les États-Unis». Le FBI s'est refusé à confirmer ou infirmer ces affirmations.

Un responsable américain a par ailleurs reconnu que des «combattants illégaux» détenus à Guantanamo (Cuba) s'étaient vu poser des questions en liaison avec le franc-tireur. «Nous devons vérifier toutes les hypothèses», a déclaré ce responsable qui a requis l'anonymat. «C'est simplement une démarche logique [...] mais il n'y a pas d'indication d'un lien», a-t-il ajouté. «Il n'y a pas plus de raison de pencher dans un sens que dans l'autre», avait affirmé mardi le responsable de la sécurité du territoire auprès de la Maison-Blanche, Tom Ridge. Mais «personne au FBI et à la Maison-Blanche n'a exclu» l'hypothèse d'un acte terroriste, avait-il ajouté.

La conjonction d'une certaine frustration des enquêteurs et des difficultés des médias américains à proposer des «sujets» en relation avec cette affaire semble aussi être à l'origine de l'émergence de cette idée.

Selon un spécialiste du terrorisme, John Pike, il est impossible à ce stade d'établir un lien entre le franc-tireur et le réseau d'Oussama ben Laden, mais, ajoute-t-il, prouver le contraire est aussi difficile.

Il évoque les aveux du taliban américain John Walker Lindh, condamné à 20 ans de prison. Peu après sa capture, en 2001, il avait dit à ses enquêteurs que les attentats du 11 septembre faisaient partie d'un plan en trois phases. Il avait ensuite précisé que le réseau al-Qaïda avait expédié 50 personnes sachant se servir d'un fusil d'assaut et d'explosifs pour mener des opérations contre les États-Unis et Israël.
 
 
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