Brésil - Le crime organisé poursuit sa guerre
15 août 2006
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Le journaliste Guilherme Portanova (à gauche) et son assistant Alexandre Coelho Calado.
São Paulo — La principale faction du crime organisé de São Paulo a libéré hier un journaliste de TV Globo après que cette chaîne brésilienne de télévision eut accepté de diffuser une vidéo d'un porte-parole encagoulé dénonçant les conditions de détention dans les prisons.
Enlevé samedi matin, le journaliste Guilherme Portanova, 30 ans, a été relâché hier à l'aube par ses ravisseurs à proximité du siège de TV Globo, dans le sud de São Paulo, après 40 heures de captivité.
La veille, la principale chaîne de télévision du Brésil avait accepté l'exigence des ravisseurs de diffuser une vidéo enregistrée par le Premier commando de la capitale (PCC). Cette organisation criminelle est à l'origine de trois vagues d'attaques contre des cibles civiles et militaires à São Paulo, qui ont fait 180 morts, dont 43 agents des forces de l'ordre, depuis mai.
«Quand ils m'ont libéré, j'ai senti que leur mission était accomplie. Leur but était de voir leurs revendications diffusées à la télévision», a déclaré M. Portanova, enlevé en même temps qu'un technicien de la chaîne, Alexandre Coelho Calado, 27 ans, par des hommes armés alors qu'ils prenaient leur petit déjeuner près des locaux de TV Globo.
Le technicien avait été relâché dès samedi soir pour transmettre à la direction de la chaîne un DVD comportant l'enregistrement et l'exigence de sa diffusion télévisée, sous peine d'exécution du journaliste.
Sur la vidéo diffusée dans la nuit de samedi à dimanche, un porte-parole encagoulé du PCC lit un manifeste qui dure 3 minutes 36 secondes et s'élève contre le nouveau régime disciplinaire imposé aux chefs du PCC en prison, qualifié de «sanction cruelle».
Après la première vague d'attentats contre des commissariats de police, agences bancaires, stations d'essence et autobus, les chefs du PCC avaient été placés en isolement dans la prison de haute sécurité de Sao Bernardes (État de São Paulo), la plus moderne du pays.
Le porte-parole réclame un «système pénitentiaire avec des conditions humaines et la fin des humiliations et passages à tabac». Il conclut sur un avertissement aux policiers et aux dirigeants politiques: «Qu'ils ne s'en prennent pas à nos familles et nous ne toucherons pas aux leurs.»
Dans un communiqué publié hier et intitulé «Nous n'avions pas le choix», le groupe de médias Globo indique qu'il a accepté les exigences du PCC après consultation d'agences spécialisées comme l'International News Safety Institute (INSI, dont le siège est à Bruxelles) et le bureau d'Atlanta de The Ake Group, spécialiste en gestion de risques et en sécurité.
Le groupe Globo souligne qu'il n'a pas eu le temps de consulter les organisations professionnelles de la presse, car le temps pressait compte tenu du risque de mort encouru par son journaliste.
«Après ce qui s'est passé à São Paulo au cours des derniers mois, aucun doute n'était possible sur le point auquel pouvaient aboutir les actions des bandits: il suffit de dire que les morts se comptent déjà par centaines», ajoute le communiqué.
Hier, le Jornal do Brasil, concurrent du quotidien O Globo, critique cette décision en déplorant: «Malheureusement Globo a cédé aux exigences des bandits.» Le journal affirme que, pour sa part, il «ne négocie pas avec des délinquants».
De son côté, l'ancien secrétaire national pour la lutte anti-drogue, Walter Maierovitch, a estimé que l'enlèvement du journaliste de TV Globo marquait «un nouveau palier dans l'action du crime organisé» au Brésil. Il a comparé la situation à celle de l'Italie des années 1980 ou de la Colombie dans les années 1990.
Enlevé samedi matin, le journaliste Guilherme Portanova, 30 ans, a été relâché hier à l'aube par ses ravisseurs à proximité du siège de TV Globo, dans le sud de São Paulo, après 40 heures de captivité.
La veille, la principale chaîne de télévision du Brésil avait accepté l'exigence des ravisseurs de diffuser une vidéo enregistrée par le Premier commando de la capitale (PCC). Cette organisation criminelle est à l'origine de trois vagues d'attaques contre des cibles civiles et militaires à São Paulo, qui ont fait 180 morts, dont 43 agents des forces de l'ordre, depuis mai.
«Quand ils m'ont libéré, j'ai senti que leur mission était accomplie. Leur but était de voir leurs revendications diffusées à la télévision», a déclaré M. Portanova, enlevé en même temps qu'un technicien de la chaîne, Alexandre Coelho Calado, 27 ans, par des hommes armés alors qu'ils prenaient leur petit déjeuner près des locaux de TV Globo.
Le technicien avait été relâché dès samedi soir pour transmettre à la direction de la chaîne un DVD comportant l'enregistrement et l'exigence de sa diffusion télévisée, sous peine d'exécution du journaliste.
Sur la vidéo diffusée dans la nuit de samedi à dimanche, un porte-parole encagoulé du PCC lit un manifeste qui dure 3 minutes 36 secondes et s'élève contre le nouveau régime disciplinaire imposé aux chefs du PCC en prison, qualifié de «sanction cruelle».
Après la première vague d'attentats contre des commissariats de police, agences bancaires, stations d'essence et autobus, les chefs du PCC avaient été placés en isolement dans la prison de haute sécurité de Sao Bernardes (État de São Paulo), la plus moderne du pays.
Le porte-parole réclame un «système pénitentiaire avec des conditions humaines et la fin des humiliations et passages à tabac». Il conclut sur un avertissement aux policiers et aux dirigeants politiques: «Qu'ils ne s'en prennent pas à nos familles et nous ne toucherons pas aux leurs.»
Dans un communiqué publié hier et intitulé «Nous n'avions pas le choix», le groupe de médias Globo indique qu'il a accepté les exigences du PCC après consultation d'agences spécialisées comme l'International News Safety Institute (INSI, dont le siège est à Bruxelles) et le bureau d'Atlanta de The Ake Group, spécialiste en gestion de risques et en sécurité.
Le groupe Globo souligne qu'il n'a pas eu le temps de consulter les organisations professionnelles de la presse, car le temps pressait compte tenu du risque de mort encouru par son journaliste.
«Après ce qui s'est passé à São Paulo au cours des derniers mois, aucun doute n'était possible sur le point auquel pouvaient aboutir les actions des bandits: il suffit de dire que les morts se comptent déjà par centaines», ajoute le communiqué.
Hier, le Jornal do Brasil, concurrent du quotidien O Globo, critique cette décision en déplorant: «Malheureusement Globo a cédé aux exigences des bandits.» Le journal affirme que, pour sa part, il «ne négocie pas avec des délinquants».
De son côté, l'ancien secrétaire national pour la lutte anti-drogue, Walter Maierovitch, a estimé que l'enlèvement du journaliste de TV Globo marquait «un nouveau palier dans l'action du crime organisé» au Brésil. Il a comparé la situation à celle de l'Italie des années 1980 ou de la Colombie dans les années 1990.
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