Bali, l'île des dieux, commence à tuer ses démons
«Il faut rendre la situation saine à nouveau, pour les âmes des morts et aussi pour l'environnement»
19 octobre 2002
Actualités internationales
Kuta - Bali, l'«île des dieux», a commencé à tuer ses démons lors d'une première cérémonie de purification hindouiste après l'attentat sanglant du quartier de Kuta, qui a souillé les hommes et la terre en faisant près de 190 tués.
La «Tebasan Durmangala», cérémonie de prières et de chants organisée hier sur les lieux de l'attentat, a marqué le début d'un long processus rituel de purification.
Ce processus est nécessaire parce qu'il y a eu des «morts par accident, pas de maladie ni de vieillesse comme normalement à Bali», explique Dewa Made Merta, ingénieur venu prier avec des milliers d'autres Balinais.
«Alors, il faut rendre la situation saine à nouveau, pour les âmes des morts et aussi pour l'environnement», poursuit-il.
Une autre cérémonie sera organisée lundi prochain, pour la pleine lune — centrale dans le complexe calendrier balinais —, mais le rituel atteindra son paroxysme dans moins d'un mois, lors d'une cérémonie de sacrifice de buffles d'une ampleur que Bali n'a pas connue depuis des années. La date sera choisie en fonction du calendrier et devra tomber sur un jour favorable.
«Vu l'ampleur du désastre et la quantité de sang répandu sur le sol, ce sera une cérémonie énorme, explique John MacDougall, un anthropologue américain vivant à Bali et spécialiste de l'hindouisme, ce n'est pas seulement Kuta qui devra être nettoyé, mais tout Bali.»
Un conseil de hauts dignitaires religieux, le Sulinggih, doit mettre au point l'organisation des rituels, qui exigent une grande coordination et des jours et des jours de préparation, tant ils sont élaborés.
«Pour la seule préparation des offrandes, il faudra deux semaines, note l'expert, les offrandes sont une version miniature du cosmos et représentent — avec du riz, des feuilles de palme ou des fruits — des maisons, des champs, des marchés.»
Les Balinais, totalement imprégnés de spiritualité, partagent la croyance selon laquelle «s'ils ne passaient pas par ces rituels, les démons s'en prendraient aux gens en les rendant mauvais, malades, coléreux, toutes les émotions négatives flamberaient», poursuit M. MacDougall.
Dans l'île, la religion pratiquée par l'écrasante majorité de la population est une version balinaise, teintée d'animisme, de l'hindouisme, qui intègre des divinités et des esprits strictement locaux imprégnant totalement la vie quotidienne. La religion est partout et le moindre village compte souvent plusieurs temples.
Après la grande cérémonie du sacrifice, les Balinais apporteront en cortège les offrandes sur la plage et les mettront à la mer, rejetant ainsi les mauvais éléments du malheur qui s'est abattu sur l'île, jusqu'ici havre de paix.
Bali et ses trois millions d'habitants seront purs à nouveau.
La «Tebasan Durmangala», cérémonie de prières et de chants organisée hier sur les lieux de l'attentat, a marqué le début d'un long processus rituel de purification.
Ce processus est nécessaire parce qu'il y a eu des «morts par accident, pas de maladie ni de vieillesse comme normalement à Bali», explique Dewa Made Merta, ingénieur venu prier avec des milliers d'autres Balinais.
«Alors, il faut rendre la situation saine à nouveau, pour les âmes des morts et aussi pour l'environnement», poursuit-il.
Une autre cérémonie sera organisée lundi prochain, pour la pleine lune — centrale dans le complexe calendrier balinais —, mais le rituel atteindra son paroxysme dans moins d'un mois, lors d'une cérémonie de sacrifice de buffles d'une ampleur que Bali n'a pas connue depuis des années. La date sera choisie en fonction du calendrier et devra tomber sur un jour favorable.
«Vu l'ampleur du désastre et la quantité de sang répandu sur le sol, ce sera une cérémonie énorme, explique John MacDougall, un anthropologue américain vivant à Bali et spécialiste de l'hindouisme, ce n'est pas seulement Kuta qui devra être nettoyé, mais tout Bali.»
Un conseil de hauts dignitaires religieux, le Sulinggih, doit mettre au point l'organisation des rituels, qui exigent une grande coordination et des jours et des jours de préparation, tant ils sont élaborés.
«Pour la seule préparation des offrandes, il faudra deux semaines, note l'expert, les offrandes sont une version miniature du cosmos et représentent — avec du riz, des feuilles de palme ou des fruits — des maisons, des champs, des marchés.»
Les Balinais, totalement imprégnés de spiritualité, partagent la croyance selon laquelle «s'ils ne passaient pas par ces rituels, les démons s'en prendraient aux gens en les rendant mauvais, malades, coléreux, toutes les émotions négatives flamberaient», poursuit M. MacDougall.
Dans l'île, la religion pratiquée par l'écrasante majorité de la population est une version balinaise, teintée d'animisme, de l'hindouisme, qui intègre des divinités et des esprits strictement locaux imprégnant totalement la vie quotidienne. La religion est partout et le moindre village compte souvent plusieurs temples.
Après la grande cérémonie du sacrifice, les Balinais apporteront en cortège les offrandes sur la plage et les mettront à la mer, rejetant ainsi les mauvais éléments du malheur qui s'est abattu sur l'île, jusqu'ici havre de paix.
Bali et ses trois millions d'habitants seront purs à nouveau.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

