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L'OTAN dispose d'une « stratégie gagnante » selon le commandant de la force internationale

Le général David Richards explique qu'il faut assurer une sécurité suffisante dans le Sud pour susciter ensuite l'aide au développement, qui a assez peu touché cette région jusqu'à aujourd'hui

Kaboul — Les forces de l'OTAN en Afghanistan ont perdu neuf des leurs depuis que l'organisation a pris la direction des opérations militaires dans le Sud lundi dernier, mais leur commandant assure qu'il a toujours l'initiative et dispose d'une stratégie gagnante.

«Nous avons eu une semaine difficile», a reconnu hier à Kaboul le général David Richards, le commandant de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) en Afghanistan, commandée par l'OTAN.

Mais, selon le général Richards, il faut «mettre en perspective» les combats de cette semaine, qui ont coûté la vie à quatre soldats britanniques dans la province de Helmand, dont un dimanche, et à quatre soldats canadiens dans celle voisine de Kandahar. Un Canadien est mort vendredi dans un accident de la circulation.

«L'OTAN va continuer à [aider les populations] et, en ce qui concerne un éventuel changement de tactique, nous avons de nombreux très bons plans innovants et il nous faudra environ un mois pour nous mettre en place et ensuite vous verrez d'importants changements», a-t-il promis.

Le général Richards voit deux signes encourageants dans les événements de la semaine. «Bien que je ne veuille pas me lancer dans un comptage des corps, du style de ce qui se faisait au Vietnam, un tas de rebelles ont été tués, blessés ou capturés», a-t-il affirmé.

Il insiste également sur le fait que les Canadiens tués près du village de Pashmul, jeudi, opéraient dans la zone à la demande de la population locale, que les rebelles empêchaient de livrer son raisin, au risque de lui faire perdre la récolte.

Assurer le sort matériel des habitants

«Les forces de l'ISAF prennent l'initiative contre les rebelles», a souligné le commandant Toby Jackman, porte-parole de l'ISAF à Kaboul, citant notamment une opération d'envergure lancée dimanche dans le district de Musa Qala, dans l'Helmand, où les affrontements avec les rebelles ont déjà été fréquents et violents.

Ces rebelles ne sont d'ailleurs pas seulement des talibans mais aussi des narco-trafiquants ou d'autres criminels, qui sont dérangés par la présence de troupes de l'OTAN, deux fois plus nombreuses que celles dont disposait la coalition sous commandement américain.

Les actions de l'ISAF montrent «que l'ISAF ne se laissera pas intimider», a-t-il affirmé.

L'idée principale de l'OTAN est d'assurer une sécurité suffisante dans le Sud pour susciter ensuite l'aide au développement, qui a assez peu touché cette région jusque-là. L'ISAF travaille actuellement à un concept de «zones de développement» aux contours encore assez flous.

Ce concept consisterait à améliorer le sort matériel des habitants dans des zones d'où les rebelles auront préalablement été chassés. Ces zones serviraient ensuite d'exemples pour convaincre les indécis parmi les habitants de soutenir l'ISAF et le gouvernement, afin qu'ils profitent à leur tour de l'aide internationale. Le général Richards s'est donné jusqu'à novembre pour constater les premiers résultats positifs de cette stratégie.

Les opinions publiques

Restent les opinions publiques des pays engagés dans le Sud, principalement la Grande-Bretagne, le Canada et les Pays-Bas. Un sondage publié le 20 juillet montre que seuls 39 % des Canadiens soutiennent la mission de leur pays en Afghanistan, contre 55 % en mars. En outre, 41% des personnes interrogées réclament le retour au pays des troupes canadiennes.

Mais Mark Laity, porte-parole civil de l'OTAN, reste convaincu que l'ISAF continuera d'avoir le soutien nécessaire. «Le soutien dont l'OTAN dispose partout repose sur une compréhension très claire de la mission et, tant que les gens comprennent la mission, je pense que les pays membres de l'OTAN vont maintenir leur soutien», a-t-il déclaré.
 
 
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