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Lettres: Comment comprendre Harper

Richard Turcotte - Québec  4 août 2006  Actualités internationales
Le point de vue qu'on adopte détermine en partie l'opinion qu'on se fait. Si on considère M. Harper comme un politicien ordinaire, issu de la tradition canadienne, on comprend mal son parcours depuis son élection. Par contre, si à l'homme politique on substitue l'homme d'affaires ayant reçu une formation en économie et ayant travaillé au sein de l'industrie pétrolière, l'attitude de M. Harper devient plus claire. Les gestes d'une portée néfaste pour l'environnement mais profitable aux grandes pétrolières, l'accord sur le bois d'oeuvre dont les canadiens feront les frais, l'alignement sur la politique étrangère de l'administration Bush, dont le soutien récent et sans nuance à Israël, tous ces faits se comprennent mieux si on les envisagent comme les gestes d'un administrateur, oeuvrant, indirectement, au bénéfice de son industrie.

Il se produit au gouvernement canadien le même phénomène que dans l'administration américaine. Des gens issus du milieu des affaires font une entrée en politique le temps de promouvoir les intérêts de leur industrie, modifiant les lois et règlements du pays, accordant subventions et contrats, pour ensuite regagner les conseils d'administration où ils toucheront leur part des bénéfices découlant de leurs interventions.

Autrement dit, les gens qui se trouvent maintenant à la tête de nos pays avancés les utilisent comme des instruments au service de leurs intérêts. Consultez le c.v. de M. Harper et de ses collègues, de M. Bush et des membres de son administrations, vous constaterez que tous proviennent de compagnies et d'industries tirant profit des conjonctures créées par les interventions de leur gouvernement: l'exploitation pétrolière en Alberta chez nous, la reconstruction en Irak pour les États-Unis, etc.

Nos pays ont ainsi perdu un peu de leur esprit démocratique. Et les grandes corporations englobent désormais des nations entières comme elles le faisaient hier pour les régions.

Une contestation légale de cet état de fait est-elle possible?
 
 
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