Bombay secoué par sept attentats
Des bombes dans des trains et des gares font au moins 163 morts
Photo : Agence Reuters
Les attentats de Bombay, qui ont fait plus de 163 morts et près de 470 blessés, ont durement secoué la population. Sur cette photo, un blessé est réconforté tandis que des compagnons d’infortune attendent, l’air désabusé. Avec ses 17 millions
Bombay — Sept attentats à l'explosif ont frappé quasi simultanément les trains et gares de banlieue de Bombay hier soir, faisant au moins 163 morts et plus de 400 blessés, ont annoncé les autorités, qui ont attribué ces attaques à des «terroristes».
Les explosions ont eu lieu à l'heure de pointe dans un intervalle de 20 minutes dans toute la banlieue de l'ouest de la capitale financière indienne, visant des trains bondés à cette heure de sortie de bureaux, selon le préfet de police de Bombay, A. N. Roy. Six se sont produites dans des gares ou des trains des quartiers de Matunga, Khar, Mahim, Jogeshwari, Borivali et Bhayendar, à Bombay même et dans sa banlieue. Une septième a eu lieu dans un métro.
Personne n'a revendiqué ces attentats, les plus dévastateurs depuis plus de dix ans, mais dans le passé, nombre d'actions violentes ont été imputées aux séparatistes musulmans du Cachemire indien.
Le bilan, le plus lourd jamais vu depuis des années après des attentats en Inde, n'a cessé d'évoluer au fil des heures. «Le bilan des morts est de 163, celui des blessés, de 464», a dit un porte-parole de la police de Bombay en fin de soirée.
Les déflagrations causées par des explosifs semblent avoir été coordonnées et les suspicions ont rapidement porté sur les islamistes qui combattent les troupes fédérales au Cachemire indien, comme cela a déjà été le cas dans le passé.
«Les experts ont été appelés [sur place] et vont déterminer quels types d'explosifs ont été utilisés, a dit M. Roy. À l'évidence, un groupe terroriste est à l'origine de ces explosions car un être humain normal ne pourrait pas avoir fait cela.»
Toutes les mesures possibles
Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a promis de «vaincre les terroristes». «Nous allons oeuvrer pour vaincre les plans diaboliques des terroristes et nous ne les laisserons pas réussir, a-t-il affirmé dans un communiqué rendu public à New Delhi. Le gouvernement prendra toutes les mesures possibles pour maintenir l'ordre public et vaincre les forces du terrorisme.»
M. Singh a lancé un appel à la population, l'exhortant «à rester calme, à ne pas prêter oreille aux rumeurs et à continuer normalement ses activités». Au moment de la déflagration, un vent de panique a en effet traversé les usagers qui se sont enfuis en courant des gares.
Le premier ministre a convoqué le ministre de l'Intérieur, V. K. Duggal, et d'autres hauts responsables pour une réunion d'urgence, et les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte maximale, notamment à New Delhi où contrôles et barrages ont été mis en place dans les lieux sensibles, à commencer par les transports en commun.
Les visiteurs ont été interdits d'entrée dans les aéroports, la police ferroviaire était déployée dans les trains et les gares, ont indiqué des sources aéroportuaires et des chemins de fer.
Fouilles
À New Delhi, la police a mis en place des barricades et fouillait les hôtels à la recherche d'indices, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Shivraj Patil.
Des forces paramilitaires supplémentaires ont été dépêchées dans les aéroports de tout le pays et des commandos ont pris place dans ceux de Bombay, New Delhi, Bangalore et Calcuta.
Des reportages télévisés ont montré des wagons tordus sous l'effet des explosions et des personnes ensanglantées en train de transporter des morts et des blessés sur des brancards.
Sur le terrain, les images ont montré des scènes d'horreur, avec des cadavres ensanglantés traînés sur des draps hors des trains, des voitures ayant explosé, des chaussures, sacs, habits éparpillés sur les rails. À Khar, «l'explosion était si puissante que [...] le marché a tremblé», a raconté un témoin, Gopi Chand, commerçant. Les télévisions diffusaient des images sur lesquelles on pouvait voir des passagers hébétés en sang, portés par d'autres passagers dans l'attente des ambulances près de la gare de Mahim.
«Les gens ont commencé à sauter du train en marche lorsque la bombe a explosé et que les flammes et la fumée ont envahi le wagon», a dit un passager blessé à cette gare.
Les pompiers ont dû lutter contre des incendies sur les sept sites des attentats et soigner des dizaines de blessés. «Nous sommes venus à bout des flammes sur chacun des sites touchés par les explosions et maintenant nous conduisons les blessés à l'hôpital», a rapporté A. Jhandwal, le chef des pompiers de Bombay.
«Le trafic ferroviaire avec la banlieue a été suspendu et des opérations de recherche sont en cours», a déclaré le président de l'India Railway Board, J. P. Batra.
Vaste réseau ferroviaire
Bombay compte 17 millions d'habitants, ce qui en fait l'une des cinq villes les plus peuplées du monde. La plupart des grandes entreprises indiennes ont leur siège à Bombay, où se trouve la plus importante Bourse du pays. La ville possède le plus grand réseau de trains de banlieue de l'Inde. Près de 6,5 millions d'usagers l'empruntent chaque jour pour se rendre depuis les banlieues du nord et de l'ouest vers le centre-ville, situé au sud.
Bombay, capitale financière de l'Inde connue aussi pour ses bidonvilles, a été plusieurs fois la cible d'attentats. En 1993, une série d'explosions y avaient tué plus de 300 personnes et blessé plus de 1000.
Plus récemment, le 7 mars 2006, un triple attentat avait été perpétré à Bénarès (nord), la plus importante ville sainte hindoue, faisant 23 morts.
À New Delhi, un triple attentat avait fait 66 morts le 29 octobre 2005. Toutes ces attaques avaient été quasi simultanées.
Pour tous ces attentats, les autorités indiennes avaient montré du doigt des groupes islamistes basés au Pakistan et actifs au Cachemire indien, en proie à une insurrection depuis 1989.
De nombreux pays ont exprimé leur solidarité avec les Indiens, dont le Pakistan, qui a évoqué un «acte méprisable de terrorisme».
Les explosions ont eu lieu à l'heure de pointe dans un intervalle de 20 minutes dans toute la banlieue de l'ouest de la capitale financière indienne, visant des trains bondés à cette heure de sortie de bureaux, selon le préfet de police de Bombay, A. N. Roy. Six se sont produites dans des gares ou des trains des quartiers de Matunga, Khar, Mahim, Jogeshwari, Borivali et Bhayendar, à Bombay même et dans sa banlieue. Une septième a eu lieu dans un métro.
Personne n'a revendiqué ces attentats, les plus dévastateurs depuis plus de dix ans, mais dans le passé, nombre d'actions violentes ont été imputées aux séparatistes musulmans du Cachemire indien.
Le bilan, le plus lourd jamais vu depuis des années après des attentats en Inde, n'a cessé d'évoluer au fil des heures. «Le bilan des morts est de 163, celui des blessés, de 464», a dit un porte-parole de la police de Bombay en fin de soirée.
Les déflagrations causées par des explosifs semblent avoir été coordonnées et les suspicions ont rapidement porté sur les islamistes qui combattent les troupes fédérales au Cachemire indien, comme cela a déjà été le cas dans le passé.
«Les experts ont été appelés [sur place] et vont déterminer quels types d'explosifs ont été utilisés, a dit M. Roy. À l'évidence, un groupe terroriste est à l'origine de ces explosions car un être humain normal ne pourrait pas avoir fait cela.»
Toutes les mesures possibles
Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a promis de «vaincre les terroristes». «Nous allons oeuvrer pour vaincre les plans diaboliques des terroristes et nous ne les laisserons pas réussir, a-t-il affirmé dans un communiqué rendu public à New Delhi. Le gouvernement prendra toutes les mesures possibles pour maintenir l'ordre public et vaincre les forces du terrorisme.»
M. Singh a lancé un appel à la population, l'exhortant «à rester calme, à ne pas prêter oreille aux rumeurs et à continuer normalement ses activités». Au moment de la déflagration, un vent de panique a en effet traversé les usagers qui se sont enfuis en courant des gares.
Le premier ministre a convoqué le ministre de l'Intérieur, V. K. Duggal, et d'autres hauts responsables pour une réunion d'urgence, et les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte maximale, notamment à New Delhi où contrôles et barrages ont été mis en place dans les lieux sensibles, à commencer par les transports en commun.
Les visiteurs ont été interdits d'entrée dans les aéroports, la police ferroviaire était déployée dans les trains et les gares, ont indiqué des sources aéroportuaires et des chemins de fer.
Fouilles
À New Delhi, la police a mis en place des barricades et fouillait les hôtels à la recherche d'indices, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Shivraj Patil.
Des forces paramilitaires supplémentaires ont été dépêchées dans les aéroports de tout le pays et des commandos ont pris place dans ceux de Bombay, New Delhi, Bangalore et Calcuta.
Des reportages télévisés ont montré des wagons tordus sous l'effet des explosions et des personnes ensanglantées en train de transporter des morts et des blessés sur des brancards.
Sur le terrain, les images ont montré des scènes d'horreur, avec des cadavres ensanglantés traînés sur des draps hors des trains, des voitures ayant explosé, des chaussures, sacs, habits éparpillés sur les rails. À Khar, «l'explosion était si puissante que [...] le marché a tremblé», a raconté un témoin, Gopi Chand, commerçant. Les télévisions diffusaient des images sur lesquelles on pouvait voir des passagers hébétés en sang, portés par d'autres passagers dans l'attente des ambulances près de la gare de Mahim.
«Les gens ont commencé à sauter du train en marche lorsque la bombe a explosé et que les flammes et la fumée ont envahi le wagon», a dit un passager blessé à cette gare.
Les pompiers ont dû lutter contre des incendies sur les sept sites des attentats et soigner des dizaines de blessés. «Nous sommes venus à bout des flammes sur chacun des sites touchés par les explosions et maintenant nous conduisons les blessés à l'hôpital», a rapporté A. Jhandwal, le chef des pompiers de Bombay.
«Le trafic ferroviaire avec la banlieue a été suspendu et des opérations de recherche sont en cours», a déclaré le président de l'India Railway Board, J. P. Batra.
Vaste réseau ferroviaire
Bombay compte 17 millions d'habitants, ce qui en fait l'une des cinq villes les plus peuplées du monde. La plupart des grandes entreprises indiennes ont leur siège à Bombay, où se trouve la plus importante Bourse du pays. La ville possède le plus grand réseau de trains de banlieue de l'Inde. Près de 6,5 millions d'usagers l'empruntent chaque jour pour se rendre depuis les banlieues du nord et de l'ouest vers le centre-ville, situé au sud.
Bombay, capitale financière de l'Inde connue aussi pour ses bidonvilles, a été plusieurs fois la cible d'attentats. En 1993, une série d'explosions y avaient tué plus de 300 personnes et blessé plus de 1000.
Plus récemment, le 7 mars 2006, un triple attentat avait été perpétré à Bénarès (nord), la plus importante ville sainte hindoue, faisant 23 morts.
À New Delhi, un triple attentat avait fait 66 morts le 29 octobre 2005. Toutes ces attaques avaient été quasi simultanées.
Pour tous ces attentats, les autorités indiennes avaient montré du doigt des groupes islamistes basés au Pakistan et actifs au Cachemire indien, en proie à une insurrection depuis 1989.
De nombreux pays ont exprimé leur solidarité avec les Indiens, dont le Pakistan, qui a évoqué un «acte méprisable de terrorisme».
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