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Pékin envoie une mission à Pyongyang

Le vote d'une résolution au Conseil de sécurité est suspendu

11 juillet 2006  Actualités internationales
New York — Le vote d'un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la Corée-du-Nord pour ses tirs de missiles de la semaine dernière a été reporté hier, dorénavant tributaire du résultat d'une mission diplomatique chinoise à Pyongyang.

Alors que des consultations se poursuivaient au siège des Nations unies pour tenter de rapprocher les points de vue, la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a annoncé que Washington et Tokyo étaient d'accord pour laisser à la diplomatie chinoise le temps d'essayer de ramener Pyongyang à la raison.

Une délégation chinoise, menée par le vice-premier ministre Hui Liangyu, s'est rendue hier en Corée-du-Nord pour une visite de six jours, a indiqué Chine Nouvelle.

«Nous pensons que la mission chinoise est prometteuse et nous voudrions la laisser se dérouler», a déclaré Mme Rice en insistant sur l'influence «considérable» de Pékin auprès des dirigeants nord-coréens.

Washington et Tokyo veulent voir si Pyongyang peut se laisser convaincre par la Chine de reprendre les négociations à six et de respecter l'accord du 19 septembre par lequel la Corée-du-Nord avait accepté le principe d'un abandon de son programme nucléaire, a-t-elle expliqué. Les négociations à six (États-Unis, Chine, les deux Corée, la Russie et le Japon) sont actuellement au point mort.

Mme Rice a en même temps réaffirmé que la communauté internationale devait faire comprendre sans ambiguïtés à la Corée-du-Nord que son «comportement est destructeur et va l'isoler».

À l'ONU, les pourparlers sur le projet de résolution présenté vendredi par le Japon, achoppent sur le fait que Pékin, mais aussi Moscou, sont hostiles à l'idée de sanctions, préférant une déclaration présidentielle non contraignante.

L'ambassadeur chinois à l'ONU Wang Guangya a clairement indiqué, à l'issue de consultations informelles hier, que le projet japonais ne pourrait être adopté en l'état. «S'ils veulent une résolution, il va falloir qu'ils la modifient», a-t-il dit.

Réaffirmant la position de son pays, le ministre chinois des Affaires étrangères Li Zhaoxing a estimé que toute action contre la Corée-du-Nord devait être guidée par la sauvegarde de la paix et de la stabilité régionales.

À Tokyo, le principal négociateur américain dans le dossier nucléaire nord-coréen, Christopher Hill, a souligné après des entretiens avec les dirigeants nippons que la Corée-du-Nord était condamnée à l'isolement si elle refusait de reprendre les pourparlers multipartites.

Le Japon, qui a pris une position en pointe contre la Corée-du-Nord, se réservant même le droit d'une attaque préventive, a fait preuve de davantage de souplesse hier.

Dès avant l'annonce de Mme Rice, le premier ministre japonais Junichiro Koizumi avait indiqué qu'il n'insisterait pas pour qu'un vote ait lieu hier, invoquant lui aussi la mission chinoise à Pyongyang.

Le projet de résolution présenté par le Japon, après que la Corée-du-Nord eut procédé la semaine dernière au tir de sept missiles, dont un pouvant en théorie atteindre les États-Unis, invoque le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui ouvre la voie à des sanctions et, en dernier ressort, à un recours à la force.

Il vise à empêcher le transfert en Corée-du-Nord de tout équipement pouvant être utilisé dans des programmes de missiles et d'armes de destruction massive ainsi que des ressources financières destinées à ces programmes.

La Maison-Blanche s'est de son côté efforcée de relativiser les divergences au sein du Conseil de sécurité, faisant valoir que la résolution pourrait être adoptée même si certains membres du Conseil de sécurité s'abstiennent.
 
 
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