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Le débat public sur l'Irak s'amorce devant le Conseil de sécurité

16 octobre 2002  Actualités internationales
New York (Nations Unies) — Un débat public sur l'Irak commence aujourd'hui devant le Conseil de sécurité de l'ONU, toujours divisé sur la question d'un éventuel recours à la force contre le régime de Saddam Hussein, objet hier d'un référendum qui devrait tourner au plébiscite.

Hans Blix, le chef des inspecteurs en désarmement des Nations Unies, a déclaré à l'issue d'une rencontre avec le Conseil de sécurité qu'il ne pensait pas que les points restant à régler avec Bagdad étaient «de nature à retarder le déploiement» de ses équipes en Irak.

Son audition a fait suite à l'envoi par l'Irak, au cours du week-end, de deux lettres dans lesquelles Bagdad s'affirme prêt à recevoir les inspecteurs, sans toutefois clairement accepter l'ensemble des «arrangements pratiques» demandés par le chef des inspecteurs.

En Irak, les résultats officiels d'un référendum sur un mandat de sept ans organisé hier en faveur du président irakien Saddam Hussein seront divulgués ce matin, a-t-on annoncé hier soir à Bagdad. Lors du dernier référendum en 1995, 99,96 % des Irakiens avaient dit oui à Saddam Hussein, et les responsables affirment s'attendre à un meilleur résultat cette année. Le numéro deux irakien Izzat Ibrahim a prédit hier soir un «oui» unanime. M. Ibrahim, qui supervise la commission électorale, avait prévu 100 % de oui dès la fermeture des bureaux de vote. «Le peuple a voté à l'unanimité pour son dirigeant», a déclaré le haut responsable.

Alors que les médias officiels irakiens ont présenté cette consultation comme «la réponse des Irakiens aux menaces américaines et sionistes», le Congrès national irakien (CNI), principal mouvement d'opposition au régime de Bagdad, basé à Londres, a estimé que ses résultats étaient «illégitimes» parce que les Irakiens ont peur de représailles s'ils ne vont pas voter.

Ce référendum n'est «pas sérieux», a estimé la Maison-Blanche.

Au siège de l'ONU à New York, l'ambassadeur sud-africain Dumisani Kumalo, président en exercice du mouvement des non-alignés, qui regroupe 114 pays, a déclaré à la veille du débat élargi sur l'Irak: «Il semblerait qu'il soit demandé aux Nations Unies de déclarer la guerre à l'Irak. Si cela était exact, ce serait en contradiction avec le premier paragraphe de la Charte des Nations Unies.»

«Le Conseil de sécurité apparaît sur le point d'entrer en territoire inconnu et cela concerne tous les 191 membres des Nations Unies. Une décision aussi importante ne doit pas être laissée aux seuls 15 membres du Conseil» de sécurité, a-t-il ajouté.

Washington étudie de nouvelles «idées» françaises pour parvenir à un renforcement des conditions du désarmement irakien et sortir l'ONU de l'impasse dans laquelle elle se trouve au sujet d'un éventuel recours à la force, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Colin Powell.

M. Powell a indiqué que la France avait présenté lundi «quelques idées» auxquelles Washington «allait répondre», sans toutefois donner plus de précisions sur leur contenu, ni sur le moment où Washington donnerait sa réponse.

«Nous allons voir comment les choses évoluent», s'est-il borné à affirmer, tout en se déclarant confiant, à l'issue d'une réunion avec le secrétaire au Foreign Office britannique, Jack Straw, dont le pays soutient la position américaine sur le dossier irakien.

La France et la Russie refusent d'inscrire dans une nouvelle résolution la possibilité d'un recours à la force automatique en cas de désobéissance de Bagdad, comme l'exigent Londres et Washington. Sans exclure une guerre, Paris veut que cette perspective n'intervienne que dans un second temps et soit du seul ressort de l'ONU.

Le président américain George W. Bush a répété lundi soir qu'une intervention militaire contre l'Irak serait son «dernier recours» et réclamé de nouveau une autre résolution de l'ONU qui menacera le régime de Saddam Hussein de «conséquences» s'il ne supprime pas ses armes prohibées.

Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov s'est entretenu hier au téléphone avec son homologue français Dominique de Villepin sur la situation en Irak, à la veille de l'ouverture du débat au Conseil de sécurité de l'ONU.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, en visite à Pékin, s'est dit convaincu qu'un consensus serait bientôt établi au sein du Conseil de sécurité. La Chine a appelé à une solution pacifique de la crise.

Des centaines de Jordaniens ont manifesté à Irbid (nord) contre les États-Unis et Israël et ont exprimé leur solidarité avec les Palestiniens et les Irakiens face aux «plans américano-sionistes», ont indiqué des témoins.

Sur le plan militaire, des avions américains ont bombardé hier un centre de communications situé au sud-est de Bagdad, en réponse à des attaques de missiles sol-air et d'artillerie, a annoncé l'armée américaine.

L'Irak a affirmé qu'un Irakien avait été blessé dans des bombardements aériens américano-britanniques dans la province d'Al-Kout, dans le sud du pays.

Se préparant déjà aux conséquences d'un conflit militaire, l'Iran prévoit l'ouverture de camps pouvant accueillir jusqu'à 700 000 réfugiés irakiens, mais seulement de l'autre côté de sa frontière, a indiqué le ministère de l'Intérieur.
 
 
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