Pérou - Alan Garcia en voie de retrouver la présidence
Les sondages à la sortie des urnes lui prêtent entre 52,8 et 55 % des voix
5 juin 2006
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Alan Garcia est allé voter hier dans un bureau de Lima, où il a été accueilli avec chaleur.
Lima — L'ancien président social-démocrate Alan Garcia est arrivé hier en tête de l'élection présidentielle au Pérou en obtenant entre 52,8 et 55 % des voix devant son rival, le militaire nationaliste Ollanta Humala, selon les sondages à la sortie des bureaux de vote.
Quelque 16 millions de Péruviens ont voté pour choisir leur futur président pour cinq ans. L'ex-président Garcia qui présentait un programme modéré de centre gauche affrontait le candidat nationaliste, dépeint comme le «Chavez péruvien», partisan d'une nationalisation des «secteurs stratégiques».
M. Garcia obtiendrait entre 52,8 % et 55 % des voix, tandis que M. Humala recueillerait entre 45 et 47 % des suffrages selon les enquêtes des Instituts Apoyo, Datum et Opinion Publico diffusées à Lima par la télévision.
Cette annonce a été saluée par des cris et des explosions de joies au siège du parti APRA (Alliance populaire révolutionnaire américaine, social-démocrate), le QG de campagne à Lima du candidat Alan Garcia. L'ex-président Alan Garcia (1985-1990), qui se présentait pour la troisième fois, s'est affiché durant la campagne en «sauveur» de la démocratie aux yeux de l'électorat modéré et conservateur.
Devant lui, Humala, qui avait créé la surprise en arrivant en tête du premier tour le 9 avril, un candidat anti-néolibéral, faisait figure de novice en politique. À l'image du président bolivien Evo Morales, il est partisan de la nationalisation des ressources naturelles dans ce pays andin, l'un des plus pauvres d'Amérique du sud.
Le scrutin s'est déroulé dans le calme et les deux candidats ont voté sans incident contrairement au premier tour. La fin de la campagne a été tendue et émaillée d'incidents, avec des échanges de coups de feu entre des militaires réservistes, fidèles à Humala, et les gros bras de l'APRA, la «garde dorée» du parti de Garcia. Le président Alejandro Toledo avait fait déployer 90 000 soldats et policiers dans l'ensemble du pays pour protéger les 85 000 bureaux de vote.
Alan Garcia, 57 ans, a joué de son charisme et de son expérience, s'affichant en rempart contre l'autoritarisme et l'aventure, même si son dernier mandat s'était terminé sur un échec économique retentissant à la fin des années 80.
Il n'a accédé que d'extrême justesse au deuxième tour. Mais par rapport à un Humala diabolisé par les médias, les milieux conservateurs ou modérés, il est apparu comme l'homme rassurant qui avait «changé» et «mûri».
Humala, le «Chavez péruvien»
Candidat anti-système, M. Humala, militaire en retraite de 43 ans, ne cache pas son admiration pour le chef d'État vénézuélien Hugo Chavez, «bête noire» de Washington, ou pour le président bolivien Evo Morales.
Se mêlant constamment à la campagne, M. Chavez a insulté Alan Garcia, le traitant de «voleur», de «raté», de «truand» et de «corrompu». Cette irruption dans la campagne électorale a été contre-productive et coûté plusieurs points à Humala, selon les sondages.
Le Pérou présente une croissance exceptionnelle de 7 %, et même 10 % en mars 2006, mais aussi un lourd déficit social dans un pays où plus de la moitié de la population est pauvre et plusieurs millions manquent d'eau et d'électricité.
C'est en surfant sur cette vague de mécontentement et de frustration que Ollanta Humala avait créé la surprise en remportant le premier tour. Ce militaire, qui avait dirigé un soulèvement en 2000 contre le président Fujimori, ne se veut «ni de droite, ni de gauche mais d'en bas».
Son programme de nationalisation des «secteurs stratégiques» comme les mines et les hydrocarbures, principale richesse de ce pays de 27 millions d'habitants, inquiète les milieux économiques.
Quelque 16 millions de Péruviens ont voté pour choisir leur futur président pour cinq ans. L'ex-président Garcia qui présentait un programme modéré de centre gauche affrontait le candidat nationaliste, dépeint comme le «Chavez péruvien», partisan d'une nationalisation des «secteurs stratégiques».
M. Garcia obtiendrait entre 52,8 % et 55 % des voix, tandis que M. Humala recueillerait entre 45 et 47 % des suffrages selon les enquêtes des Instituts Apoyo, Datum et Opinion Publico diffusées à Lima par la télévision.
Cette annonce a été saluée par des cris et des explosions de joies au siège du parti APRA (Alliance populaire révolutionnaire américaine, social-démocrate), le QG de campagne à Lima du candidat Alan Garcia. L'ex-président Alan Garcia (1985-1990), qui se présentait pour la troisième fois, s'est affiché durant la campagne en «sauveur» de la démocratie aux yeux de l'électorat modéré et conservateur.
Devant lui, Humala, qui avait créé la surprise en arrivant en tête du premier tour le 9 avril, un candidat anti-néolibéral, faisait figure de novice en politique. À l'image du président bolivien Evo Morales, il est partisan de la nationalisation des ressources naturelles dans ce pays andin, l'un des plus pauvres d'Amérique du sud.
Le scrutin s'est déroulé dans le calme et les deux candidats ont voté sans incident contrairement au premier tour. La fin de la campagne a été tendue et émaillée d'incidents, avec des échanges de coups de feu entre des militaires réservistes, fidèles à Humala, et les gros bras de l'APRA, la «garde dorée» du parti de Garcia. Le président Alejandro Toledo avait fait déployer 90 000 soldats et policiers dans l'ensemble du pays pour protéger les 85 000 bureaux de vote.
Alan Garcia, 57 ans, a joué de son charisme et de son expérience, s'affichant en rempart contre l'autoritarisme et l'aventure, même si son dernier mandat s'était terminé sur un échec économique retentissant à la fin des années 80.
Il n'a accédé que d'extrême justesse au deuxième tour. Mais par rapport à un Humala diabolisé par les médias, les milieux conservateurs ou modérés, il est apparu comme l'homme rassurant qui avait «changé» et «mûri».
Humala, le «Chavez péruvien»
Candidat anti-système, M. Humala, militaire en retraite de 43 ans, ne cache pas son admiration pour le chef d'État vénézuélien Hugo Chavez, «bête noire» de Washington, ou pour le président bolivien Evo Morales.
Se mêlant constamment à la campagne, M. Chavez a insulté Alan Garcia, le traitant de «voleur», de «raté», de «truand» et de «corrompu». Cette irruption dans la campagne électorale a été contre-productive et coûté plusieurs points à Humala, selon les sondages.
Le Pérou présente une croissance exceptionnelle de 7 %, et même 10 % en mars 2006, mais aussi un lourd déficit social dans un pays où plus de la moitié de la population est pauvre et plusieurs millions manquent d'eau et d'électricité.
C'est en surfant sur cette vague de mécontentement et de frustration que Ollanta Humala avait créé la surprise en remportant le premier tour. Ce militaire, qui avait dirigé un soulèvement en 2000 contre le président Fujimori, ne se veut «ni de droite, ni de gauche mais d'en bas».
Son programme de nationalisation des «secteurs stratégiques» comme les mines et les hydrocarbures, principale richesse de ce pays de 27 millions d'habitants, inquiète les milieux économiques.
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