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Nouvel outil d'achat de médicaments à faible coût

La conférence sur le sida se fixe comme objectif l'accès universel au traitement d'ici à 2010

New York — «Unitaid», un nouveau mécanisme d'achat de médicaments à faible coût destiné à aider les pays en développement à lutter contre le sida, le paludisme et la tuberculose, a été lancé hier à l'occasion de la conférence de l'ONU sur le sida. Né d'une initiative franco-brésilienne à laquelle se sont associés la Norvège et le Chili, Unitaid (ou FIAM, Facilité internationale pour l'achat de médicaments) sera financé par 43 pays.

Quatorze d'entre eux (Brésil, Chili, Chypre, Congo, Gabon, Côte d'Ivoire, France, Jordanie, Luxembourg, Madagascar, île Maurice, Nicaragua, Norvège, Royaume-Uni) le feront par le biais d'une taxe sur les billets d'avion.

À quelques jours de l'ouverture du Mondial 2006, la Fédération internationale de football (Fifa) a annoncé son soutien à la promotion de cet organisme destiné à combattre des maladies qui font au total entre six et huit millions de morts par année, en grande majorité dans les pays du Sud.

Au total, un milliard de dollars environ par année sont attendus pour l'ensemble des pays qui se sont engagés pour cette taxe sur les billets d'avion, dont 250 à 300 millions pour la France, où elle doit entrer en vigueur le 1er juillet.

Unitaid s'appuiera notamment sur les structures de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres organisations onusiennes, et devrait se concentrer dans un premier temps sur les traitements destinés aux enfants.

La conférence internationale sur le sida devait produire, hier à New York, un texte fixant aux États l'objectif d'un accès universel à la prévention et aux soins d'ici à 2010, mais ce document suscitait déjà les critiques de la société civile qui l'estime trop vague.

Les délégués à cette réunion de trois jours sont parvenus à un accord sur ce texte tard dans la nuit de jeudi à hier, a annoncé le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Jan Eliasson, qui préside la rencontre. La déclaration devait être adoptée en fin d'après-midi par l'Assemblée.

«C'est un bon document, qui a de la substance et de la vision», a affirmé M. Eliasson.

«Nous sommes furieux», a déclaré Aditi Sharma, responsable de l'ONG ActionAid International, dans un communiqué. Elle a reproché au texte de ne faire aucune mention explicite «des toxicomanes utilisant des seringues, des prostitué(e)s et des hommes homosexuels», groupes particulièrement exposés au virus du sida.

Le texte mentionne la nécessité de protéger les «groupes vulnérables» mais sans spécifier lesquels.

En outre, a déploré Mme Sharma, «les droits de la femme ont suscité la controverse au lieu d'être reconnus comme un élément essentiel de la lutte contre la maladie, qui se féminise de plus en plus».

La déclaration a suscité des débats intenses, les Occidentaux pressant certains pays, essentiellement africains et arabes, d'accepter l'inclusion d'engagements en faveur de l'autonomie des femmes, l'utilisation de contraceptifs et la reconnaissance précise des groupes vulnérables.

Aux termes du texte, les dirigeants mondiaux s'engagent «à se fixer des buts ambitieux [...] reflétant le besoin urgent d'un effort accru pour atteindre l'objectif d'un accès universel aux programmes de prévention du sida, aux traitements et aux soutiens sociaux pour les malades d'ici à 2010».

Ils «conviennent que le programme anti-sida de l'ONU a estimé à entre 20 et 23 milliards de dollars annuels d'ici à 2010 le financement nécessaire» et «s'engagent en conséquence à prendre des mesures pour assurer le déblocage de ressources additionnelles de la part des pays donateurs traditionnels et des budgets nationaux».

Le financement de la lutte contre le sida s'est monté à 8,3 milliards de dollars en 2005.
 
 
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