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Gusmoa prend en charge la sécurité du Timor

Le président tente de mettre fin aux violences qui touchent les forces de maintien de la paix

Des bandes de jeunes armés se font la guerre à Dili.
Photo : Agence Reuters
Des bandes de jeunes armés se font la guerre à Dili.
Dili — Le président du Timor oriental, Xanana Gusmao, a pris le contrôle de la sécurité, du renseignement et de la communication hier dans son pays, où des bandes de jeunes continuent de défier les forces étrangères de maintien de la paix.

Gusmao a précisé qu'il serait le seul responsable de la coordination avec les 2500 hommes du corps expéditionnaire australien auquel le Timor oriental a fait appel la semaine dernière pour mettre fin aux émeutes.

Gusmao a annoncé un certain nombre de mesures d'urgence après que les archives du parquet eurent été pillées par la foule, faisant ainsi disparaître des dossiers concernant les auteurs des massacres de 1999 qui avaient précédé l'indépendance.

Le chef de l'État tente de reprendre la main alors que l'exécutif est paralysé par le différend l'opposant au premier ministre Mari Alkatiri. Le président a dit avoir pris ces décisions en liaison avec le premier ministre.

Au moment où le président annonçait cette décision, des colonnes de fumée continuaient de s'élever de plusieurs quartiers de la capitale, Dili, où des bandes de jeunes tentaient d'échapper aux forces étrangères.

Une vingtaine de personnes ont péri, des milliers d'autres ont été déplacées et des dizaines de maisons et de commerces ont été brûlés lors de ces violences provoquées par le renvoi de 600 militaires qui protestaient contre les discriminations dont sont victimes, selon eux, les soldats originaires de l'est du pays.

«Les mesures d'urgence annoncées n'empêcheront pas le président de la république de décréter [à l'avenir] l'état d'urgence, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution», a déclaré Gusmao.

Cette explosion de violence et le recours aux forces étrangères ont été sources d'embarras pour le gouvernement, qui ne gère le Timor oriental que depuis 2002. Le pays avait été placé sous administration des Nations unies à la suite des violences consécutives au vote pour l'indépendance en 1999.

Le ministre des Affaires étrangères, Jose Ramos Horta, a reconnu hier que le gouvernement avait déçu la population. «Il est inévitable qu'il y ait des démissions, a-t-il dit. Tout le pays attend [des autorités] de la sagesse et une réponse rapide.» Mais il a laissé entendre qu'Alkatiri pourrait ne pas démissionner.

Au cours de la même conférence de presse, le général Mick Slater, chef de la force de paix étrangère, a déclaré que plus de la moitié de l'armée timoraise avait déposé les armes. Mais il a reconnu que la police, dont certains éléments sont alliés aux factions armées, s'était montrée moins coopérative.

Les violences ont débuté après la mort de neuf policiers tués par des militaires qu'ils devaient désarmer. Slater et Horta ont pronostiqué qu'il n'y aurait probablement plus d'affrontements entre policiers et militaires. Mais ils se sont montrés plus réservés quant aux chances de discipliner les gangs de jeunes de Dili.

Le lieutenant-colonel Mick Mumford, un responsable de la force étrangère, a reconnu qu'il était difficile de contenir les violences, mais il a affirmé que ses hommes y parvenaient et que les habitants pouvaient sans danger regagner leur domicile. Les intéressés n'en sont pas convaincus.

«Dès que les soldats vont ailleurs, ils reviennent», déplore Eduardo Villes, qui s'est organisé avec des voisins pour protéger les propriétés du quartier.

La Croix-Rouge a rapporté que plus de 40 000 personnes ont quitté leur domicile en raison des violences et que la capitale souffrait de pénuries alimentaires.
 
 
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