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Une première visite à Washington - Bush presse Olmert de négocier avec Abbas

Éhoud Olmert (à gauche) s’est entretenu hier avec George W. Bush.
Photo : Agence Reuters
Éhoud Olmert (à gauche) s’est entretenu hier avec George W. Bush.
Washington — Le président américain, George W. Bush, a reçu hier le premier ministre israélien Éhoud Olmert pour la première fois à la Maison-Blanche, avec l'intention de l'inciter au dialogue avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas et de réfréner toute initiative unilatérale.

Arrivé dimanche à Washington, M. Olmert est venu exposer au président américain son plan pour la Cisjordanie. Il prévoit l'évacuation de dizaines de colonies isolées, le renforcement des implantations les plus importantes et la fixation par Israël des frontières définitives avec la Cisjordanie d'ici 2010 si les négociations avec les Palestiniens ne reprennent pas entre-temps.

La proposition du premier ministre israélien Éhoud Olmert de fixer unilatéralement les frontières d'Israël pourrait être «un pas important» dans le processus de paix au Proche-Orient, a déclaré George W. Bush à la suite de la rencontre, en soulignant néanmoins le besoin d'ouvrir des négociations.

«Les idées du premier ministre pourraient constituer un pas important vers la paix que nous voulons tous les deux», a déclaré le président américain qui s'exprimait lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre israélien à la Maison-Blanche.

Mais M. Bush a souligné que tout règlement de la situation «sera uniquement réalisé sur [...] la base d'un accord mutuel». «Aucune partie ne devrait préjuger des négociations sur un accord pour un statut final», a-t-il ajouté.

Dans l'entourage du président américain, on affirme que M. Bush veut être convaincu que ces mesures unilatérales, qui ont suscité la colère dans les pays arabes et l'inquiétude du côté des Européens, ne ruineront pas tout espoir de négociations ultérieures pour aboutir à la création d'un État palestinien aux côtés d'un État juif.

Selon le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, le gouvernement américain n'attend pas des Israéliens qu'ils négocient avec le mouvement radical Hamas, qui prône la destruction d'Israël. Mais Washington considère qu'Abbas est «l'interlocuteur logique avec lequel négocier». «Nous souhaitons nous assurer qu'[Éhoud Olmert] entame des discussions sérieuses avec son homologue palestinien», a déclaré M. Snow.

Le premier ministre israélien s'y est montré favorable, mais il a affirmé que le président palestinien était «impuissant» à s'exprimer au nom des Palestiniens. «Il est impuissant. Il est désarmé. Il est même incapable de faire cesser ne serait-ce que les actes terroristes perpétrés entre Palestiniens», a-t-il déclaré dimanche lors d'une interview sur CNN.

Au même moment hier, la Maison-Blanche était placée dans une situation délicate par rapport à la communauté internationale par un vote de la Chambre des représentants sur l'aide financière aux Palestiniens. La Chambre a approuvé l'interdiction de toute subvention américaine à l'Autorité palestinienne, dirigée par l'organisation radicale islamiste Hamas.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, a immédiatement indiqué que l'administration n'approuvait pas ce texte, qui «lie les mains du président en ce qui concerne l'aide humanitaire». Il a espéré que ce projet, approuvé en pleine discussion internationale sur les moyens de prévenir le chaos dans les territoires et d'aider les Palestiniens sans aider le Hamas, serait édulcoré dans la suite du processus parlementaire.

Le programme nucléaire iranien était aussi inscrit au menu des entretiens entre George W. Bush et Éhoud Olmert. «Le président l'a signifié très clairement: si l'Iran attaque Israël, les États-Unis viendront en aide à Israël», a rappelé M. Snow.

Aujourd'hui, M. Olmert, qui aura aussi rencontré la secrétaire d'État Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, s'adressera au Congrès, un honneur réservé aux plus proches alliés de Washington.
 
 
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