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Un rapport sur l'Iran est attendu au Conseil de sécurité - Téhéran reste inflexible, la France hausse le ton

28 avril 2006  Actualités internationales
Téhéran — L'Iran reste inflexible dans son refus de se plier aux exigences du Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre son enrichissement d'uranium alors que le délai fixé par la communauté internationale expire aujourd'hui.

«Nous ne nous soumettrons pas à l'injustice et à la pression. S'ils veulent violer les droits du peuple iranien, nous imprimerons le signe de la honte sur leur front», a déclaré hier le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dans un discours en province.

«Ils croient qu'en fronçant les sourcils, en adoptant des résolutions et en allant d'une organisation à une autre, ils peuvent cacher leur visage abominable et leurs décisions injustes derrière l'Agence [internationale de l'énergie atomique, AIEA] et le Conseil de sécurité et [...] nous obliger à faire marche arrière», a-t-il ajouté.

Ces déclarations surviennent après les menaces de représailles sévères à une éventuelle attaque américaine contre l'Iran, lancées mercredi par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Le porte-parole de la Maison-Blanche a dénoncé dans la foulée un «régime qui continue à défier la communauté internationale [...], à s'isoler du reste du monde par ses déclarations, ses menaces et ses actions». La Chambre des représentants américaine a quant à elle voté un projet de loi visant à «faire rendre compte à l'Iran de son attitude menaçante et à soutenir une transition démocratique».

Le Conseil de sécurité a demandé à l'Iran notamment de suspendre d'ici au 28 avril son enrichissement d'uranium.

De l'action

Selon des diplomates à Vienne, le directeur de l'AIEA, Mohamed el-Baradeï, doit remettre au Conseil de sécurité et à l'exécutif de l'AIEA un rapport indiquant que Téhéran n'a pas obtempéré aux injonctions de l'ONU et de l'AIEA. Le rapport sera remis aujourd'hui, selon une porte-parole de l'AIEA à Vienne.

La demande du Conseil de sécurité n'est pas assortie de menace de sanctions, mais les États-Unis ont indiqué qu'ils chercheraient à en obtenir, avec l'appui de la France et de la Grande-Bretagne, si l'Iran ne pliait pas.

Ainsi, la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice s'est prononcée pour une «action» du Conseil de sécurité à l'endroit de Téhéran.

Paris s'est aussi prononcé en faveur d'une position «ferme» du Conseil de sécurité vis-à-vis de l'Iran. Le chef de la diplomatie, Philippe Douste-Blazy, a appelé depuis Sofia le Conseil de sécurité à envoyer «un signal rapide et ferme» «face à l'attitude de Téhéran et à l'accélération de ses programmes».

La France souhaite que la résolution de l'ONU sur l'Iran soit placée sous le chapitre VII de la Charte, ce qui ouvre la voie à d'éventuelles sanctions, a précisé à Paris un diplomate français de haut rang.

Entre-temps, le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a exprimé son «inquiétude» face au programme nucléaire iranien. Mais la chancelière allemande Angela Merkel a appelé depuis Tomsk, en Sibérie, la communauté internationale à «agir ensemble» pour convaincre l'Iran par des «moyens diplomatiques».

À ses côtés, le président russe Vladimir Poutine a jugé que l'AIEA devait garder «le rôle clé» dans le règlement du dossier nucléaire iranien et «ne pas s'en décharger sur le Conseil de sécurité».

La Chine a également appelé toutes les parties à garder le calme pour trouver une solution diplomatique.

La Russie, comme la Chine, est opposée à l'application de sanctions, qu'elle juge contre-productives, pour faire plier l'Iran.

Les cinq grands (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), avec l'Allemagne, ont prévu d'organiser le 2 mai à Paris une réunion sur la crise pour étudier les suites à donner à un éventuel refus de Téhéran de répondre à la demande du Conseil de sécurité.
 
 
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