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Les opposants au roi népalais tentent de rallier armée et police à leur cause

24 avril 2006  Actualités internationales
Encore hier, des activistes ont bravé le couvre-feu, comme ici dans le village de Kakorvita.
Photo : Agence Reuters
Encore hier, des activistes ont bravé le couvre-feu, comme ici dans le village de Kakorvita.
Katmandou — Les partis d'opposition népalais ont appelé hier à une nouvelle manifestation massive en direction du palais royal de Katmandou alors que 27 personnes ont été blessées lors de manifestations qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes à la périphérie de la capitale.

«Nous allons organiser une protestation massive après-demain [mardi] et je demande à l'ensemble du peuple de descendre dans la rue», a déclaré Bamdev Gautam, numéro deux du Parti communiste du Népal marxiste-léniniste unifié, l'un des sept partis à l'origine du mouvement de protestation contre le roi Gyanendra qui a pris les pleins pouvoirs le 1er février 2005.

«Maintenant, tout le monde doit descendre dans la rue et s'emparer de la zone située à l'intérieur du Ring Road», le centre entouré d'un périphérique, soumis à un couvre-feu et à l'intérieur duquel se trouve le palais royal, a-t-il ajouté lors d'une rencontre politique organisée avec ses collègues des autres partis à la périphérie de Katmandou devant 8000 à 10 000 personnes.

Comme les responsables d'autres partis, M. Gautam a également appelé les forces de sécurité à rejoindre les manifestants et ces derniers à ne plus lancer de pierres contre elles. «Je demande aux membres des forces de sécurité de ne pas suivre la poignée de personnes qui tiennent le Palais. Vous ne devriez pas diriger vos armes contre le peuple, mais plutôt le rejoindre», a-t-il déclaré alors que militaires et policiers massivement déployés écoutaient sans bouger.

Hier, les manifestations restreintes à la périphérie de Katmandou ont été plus sporadiques et de bien moindre ampleur que celles de la veille, quelque 10 000 personnes s'étant mobilisées contre 200 000 à 300 000 samedi selon des journalistes et diplomates.

Les opposants au roi ne sont pas non plus entrés dans le centre de Katmandou comme samedi. Cependant, la police a à nouveau tiré des balles caoutchoutées pour empêcher une avancée vers le palais. Des affrontements ont eu lieu dans quatre quartiers faisant 27 blessés, dont cinq graves, selon des sources hospitalières. En d'autres endroits, elle s'est contentée de tirs à blanc ou vers le sol alors que les manifestants criaient «Roi va-t-en» ou «Abolition de la royauté»,

Certains des opposants tenaient des branches d'olivier en signe de paix, d'autres tentaient de convaincre les policiers de changer de bord. «Les policiers sont bien plus amicaux aujourd'hui», remarquait l'un d'entre eux, Shangar Basyal, étudiant de 22 ans. Le couvre-feu avait été reconduit de 9h à 20h et les communications par téléphones portables étaient toujours coupées.

Le centre, empli samedi par une marée de manifestants, est resté quasiment vide alors que des soldats armés de mitrailleuses étaient postés autour du Palais royal en nombre plus élevé qu'à l'ordinaire. Par endroits toutefois, des pneus avaient été enflammés ou des pierres éparpillées sur la chaussée.

Confronté à une contestation sans précédent, le souverain avait proposé vendredi à l'opposition de lui soumettre un nom de premier ministre, une offre refusée par les sept partis qui demandent l'élection d'une Assemblée constituante.

Le roi Gyanendra s'était emparé des pleins pouvoirs après avoir limogé son gouvernement, l'accusant d'être corrompu et incapable de mater la rébellion maoïste engagée dans une guérilla contre la monarchie qui a fait 12 500 morts en dix ans.

L'opposition, mise hors jeu après le «coup» de Gyanendra, avait lancé le 6 avril un appel à la grève générale illimitée qui a été accompagnée de manifestations quotidiennes. Le roi a répliqué par la répression. Une douzaine de personnes ont été tuées et des centaines blessées depuis par des tirs et charges des forces de l'ordre.
 
 
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