samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 23h59
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Iran - Rice prône un recours à la force

«Soyez furieux contre nous et mourez de cette colère», répond l'Iran

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est encore montré ferme hier, affirmant que l’Iran ne reculera pas «d’un iota» dans ce dossier.
Photo : Agence Reuters
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est encore montré ferme hier, affirmant que l’Iran ne reculera pas «d’un iota» dans ce dossier.
La chef de la diplomatie américaine, Condoleezza Rice, a invité le Conseil de sécurité de l'ONU à durcir le ton à l'endroit de l'Iran, quitte à prévoir un recours à la force si l'État islamique ne renonce pas à son programme nucléaire d'ici au 28 avril, comme l'exige une résolution du Conseil de sécurité.

Entre-temps, le ballet diplomatique battait son plein en Iran. Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradeï, a entrepris un voyage en Iran pour apaiser les tensions et réitérer les exigences de l'ONU 48 heures après que Téhéran eut annoncé avoir réussi à enrichir de petites quantités d'uranium. Il a essuyé un refus catégorique de la part des responsables iraniens. La Chine, plutôt défavorable à des sanctions contre l'Iran, a pour sa part décidé d'entrer dans la ronde diplomatique en dépêchant un diplomate.

Si l'Iran campe sur sa position, le Conseil de sécurité devra prendre les mesures nécessaires pour la faire respecter, soutiennent les États-Unis. «Quand le Conseil de sécurité se réunira, il faudra bien qu'il y ait certaines conséquences pour cet acte, pour ce défi, et nous allons examiner toutes les options dont dispose le Conseil de sécurité», a déclaré la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice au terme d'une rencontre avec le ministre canadien des Affaires étrangères, Peter MacKay.

Mme Rice a évoqué la possibilité de contraindre, «au moyen des résolutions selon le chapitre sept, les États membres de l'ONU à obéir à la volonté du système international».

Le chapitre en question de la charte de l'ONU précise que le Conseil de sécurité peut interrompre ou limiter les relations économiques et diplomatiques et couper les voies de communication avec un pays qui refuse de se conformer à ses résolutions. Si le Conseil de sécurité estime que ces mesures sont «inadéquates ou se sont révélées telles, il peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales».

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Peter MacKay, a réagi avec prudence aux propos de son homologue américaine. «Si des sanctions sont nécessaires, nous sommes convaincus que ce qui importe avant tout, c'est qu'il soit très clair qu'il y aura une réponse progressive et des conséquences progressives» pour l'Iran, a-t-il fait valoir.

«Je ne pense pas que nous voulions prendre des mesures draconiennes qui aggraveraient la situation, très incertaine à l'heure actuelle, mais je pense qu'il est nécessaire de commencer à envisager toutes ces mesures», a-t-il poursuivi.

Si les États-Unis souhaitent que l'ONU prévoie des «mesures fortes», comme l'a stipulé Condoleezza Rice plus tôt cette semaine, la Russie et la Chine, qui disposent toutes deux d'un droit de veto au Conseil de sécurité, ne sont pas très enclines à les suivre dans cette voie. La Chine a d'ailleurs annoncé hier qu'elle enverra un émissaire en Iran et en Russie pour prôner l'apaisement. «Nous espérons que les différentes parties feront montre de retenue et ne prendront aucune mesure propre à aggraver la situation», a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Peu de temps avant l'arrivée du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est montré ferme, affirmant que l'Iran ne reculera pas «d'un iota» dans ce dossier. «Nous ne discuterons avec personne du droit de la nation iranienne» d'enrichir de l'uranium, a-t-il déclaré. «Notre réponse à ceux qui sont furieux du fait que l'Iran aille jusqu'au bout de son programme nucléaire est la suivante: "Soyez furieux contre nous et mourez de cette colère."»

Au terme d'une rencontre avec le directeur de l'AIEA, le négociateur iranien, Ali Larijani, a quant à lui fait peu de cas des exigences de l'ONU sur la suspension du programme nucléaire iranien, jugeant une telle proposition inacceptable. «Du moment que nous coopérons de manière constructive avec l'AIEA, que M. el-Baradeï est là et que les inspecteurs et les caméras de l'AIEA sont en Iran, de telles propositions ne sont pas très importantes pour régler le problème», a déclaré M. Larijani aux côtés de M. el-Baradeï.

Celui-ci a simplement fait état d'une «bonne discussion» et «d'échanges de vues» sur les moyens pour l'Iran de se plier à la volonté de la communauté internationale.

Tout au plus l'Iran et l'AIEA ont-ils convenu de «poursuivre un dialogue intensif au cours des prochaines semaines afin de pouvoir avancer sur cette question difficile et importante», selon M. el-Baradeï.

Pas pour demain, la bombe

L'annonce des autorités iraniennes selon laquelle ses savants avaient réussi à enrichir de l'uranium à un niveau suffisant pour produire de l'énergie nucléaire échauffe les esprits des diplomates. Des officiers des services de renseignement américains et des experts précisent cependant que l'Iran est encore très loin d'être en mesure de fabriquer une bombe nucléaire.

Réunis à Washington, les hauts fonctionnaires de toutes les agences d'espionnage américaines ont estimé qu'il faudrait à l'Iran de quelques années à une décennie pour se doter de l'arme nucléaire.

«Les Iraniens essaient délibérément de faire du battage autour de ça», a quant à lui assuré le président de l'Institut pour la science et la sécurité internationale, David Albright. Il a qualifié l'annonce avec tambours et trompettes de mardi (l'utilisation de 164 centrifugeuses pour enrichir des quantités modestes d'uranium) de petite avancée qui était finalement attendue.

Peu d'experts remettent en question le fait que l'Iran puisse mettre en place un programme nucléaire sophistiqué et, au bout du compte, produire des matériaux servant à fabriquer des armes. Mais l'annonce de mardi montre qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, selon la plupart des spécialistes.

Le directeur de l'Agence de l'énergie nucléaire russe, Sergueï Kirienko, a expliqué que les fameuses 164 centrifugeuses dont Téhéran fait grand cas ne permettent de produire que des «quantités insignifiantes» d'uranium enrichi.

L'AIEA savait déjà que l'Iran était capable d'enrichir de l'uranium, a pour sa part précisé Anthony Cordesman, expert militaire au Centre des études stratégiques et internationales à Washington. Mais il faudrait à Téhéran des milliers de centrifugeuses fonctionnant «en cascades» pendant de longues périodes pour produire la matière fissile nécessaire à la fabrication de bombes. De plus, les centrifugeuses tombent souvent en panne et requièrent un entretien rigoureux.

Les annonces faites en fanfare par l'Iran ont apparemment pour objectif d'améliorer la cote de popularité du régime en faisant vibrer la fibre patriotique auprès de la population et de convaincre la communauté internationale que l'Iran a les moyens de riposter si la crise sur le nucléaire devait dégénérer.

Avec l'Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012