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Irak - Les heures de Jaafari sont comptées

L'Alliance unifiée se résigne à choisir un autre premier ministre

Bagdad —Sunnites et Kurdes ont maintenu hier leur rejet de la reconduction du premier ministre Ibrahim Jaafari, scellant presque le sort de celui qui est accusé de ne pas faire assez pour juguler la violence endémique en Irak.

Les Kurdes et les sunnites reprochent à M. Jaafari une approche autocratique de l'exercice du pouvoir et son incapacité à enrayer les violences, alors que la formation d'un gouvernement dont la priorité sera de rétablir la sécurité tarde près de quatre mois après les élections du 15 décembre 2005. Plus de 100 chiites ont été tués en une semaine, faisant craindre une recrudescence de la violence confessionnelle dans le pays.

L'Alliance unifiée irakienne (AUI-chiite), gagnante des élections et qui prône la reconduction de M. Jaafari, doit se réunir aujourd'hui pour discuter de cette candidature, a déclaré hier un chef du parti Fadhila, membre de ce bloc parlementaire, Nadim Jabiri. Elle devra «éventuellement s'entendre sur un autre nom», a dit M. Jabiri.

Le porte-parole du Front de la concorde nationale, principale liste sunnite avec 44 des 275 sièges au Parlement, Zafer al-Ani, a indiqué que son groupe avait «envoyé une lettre à nos frères chiites expliquant que notre position n'a pas changé» sur le rejet de la candidature de M. Jaafari.

La veille, le négociateur et député kurde Mahmoud Osmane a annoncé que la coalition kurde maintenait son rejet de cette candidature après une rencontre avec des représentants de la liste de M. Jaafari, venus demander aux Kurdes leur position définitive.

Dans son propre camp, M. Jaafari fait l'objet de critiques, surtout de la part du vice-président, le chiite modéré Adel Abdel Mahdi, qui avait perdu d'une seule voix face à M. Jaafari au moment de sa nomination comme candidat de l'AUI.

Sans l'aval des Kurdes et des sunnites, un gouvernement d'union nationale, prôné par les États-Unis, est quasiment impossible.

Certains dirigeants étrangers, comme le président égyptien Hosni Moubarak et le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal n'ont pas hésité à parler de guerre civile en Irak. Ce qui a été catégoriquement rejeté par les dirigeants irakiens.

Hier, trois membres d'une famille chiite ont été tués par des hommes armés qui ont pénétré dans leur maison à Bagdad, selon un responsable du ministère de l'Intérieur.

L'armée américaine a affirmé avoir tué une «terroriste» armée et blessé trois suspects dans un raid contre un repaire présumé du réseau al-Qaïda dans le nord. À Fallouja, à l'ouest de Bagdad, trois rebelles ont été tués par les forces irako-américaines après une attaque contre un convoi.

La police irakienne a indiqué avoir arrêté 30 employés d'une société de sécurité irakienne soupçonnés de planifier des opérations «terroristes».

Enfin, le procès de Saddam Hussein jugé pour l'exécution de villageois chiites dans les années 1980 reprend demain à Bagdad et la 20e audience devrait être marquée par la présentation de nouveaux documents de l'accusation.
 
 
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