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La grogne perdure - France : le CPE a été validé

Le président Chirac s'adresse aux Français aujourd'hui

Des étudiants français ont occupé hier la gare de Lyon, à Paris.
Photo : Agence Reuters
Des étudiants français ont occupé hier la gare de Lyon, à Paris.
Paris — Le Conseil constitutionnel français a validé hier sans réserves le contrat première embauche (CPE) qui devrait être promulgué sous peu par Jacques Chirac, malgré les mises en garde.

Le chef de l'État s'adressera aux Français aujourd'hui lors d'une allocution télévisée, a annoncé l'Élysée.

Les dix «sages» du Conseil constitutionnel, saisis le 14 mars par des parlementaires socialistes, ont estimé que l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances, qui institue le CPE, n'était pas contestable sur le fond et la forme. Le conseil juge qu'aucune règle constitutionnelle n'interdit au législateur de prendre des mesures en faveur de l'emploi des jeunes, notamment de créer un nouveau contrat de travail ayant pour objet de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes.

Sur la forme, il considère que le gouvernement a introduit régulièrement le CPE par voie d'amendement, au regard des règles posées par la Constitution.

Tous les regards se tournent désormais vers Jacques Chirac, qui doit maintenant promulguer la loi. Le président de la République pourrait proposer aujourd'hui en contrepartie un «Grenelle social» (une rencontre au sommet de tous les acteurs en présence) aux partenaires sociaux et aux étudiants qui réclament toujours le retrait du CPE, a-t-on indiqué de sources parlementaires.

Forts d'une mobilisation mardi dans la rue sans précédent depuis 1968, 12 syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens ont appelé à une nouvelle journée de grèves et de manifestations mardi prochain, le 4 avril.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a d'ores et déjà annoncé que les organisations syndicales refuseraient de participer à une grande négociation sociale. «C'est ce qu'on refuse depuis un mois au premier ministre», a-t-il souligné au micro de France Info.

Un passage en force du CPE serait lourd de conséquences, a quant à lui prévenu le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. «Il semble que la majorité parlementaire et le président de la République choisissent d'ignorer le discrédit qui frappe l'action gouvernementale pour imposer, par un passage en force, la mise en oeuvre du CPE», a-t-il déclaré dans un communiqué avant la décision du Conseil constitutionnel.

Un nouveau sondage publié hier confirme l'opposition des Français au CPE, un contrat de travail réservé aux moins de 26 ans et doté d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle un employeur peut licencier sans justification. Cette enquête CSA pour le journal Le Parisien montre que 42 % des personnes interrogées estiment que la mesure doit être suspendue «le temps de trouver une solution» et que 41 % veulent son retrait. Seuls 12 % des sondés veulent le maintien du CPE.

De 47 % d'opinions positives en janvier, Dominique de Villepin est passé à 29 % en mars, son plus mauvais score depuis qu'il a été nommé à Matignon, en juin dernier, selon le baromètre CSA pour La Vie et France Info.

Réunis au sein d'un comité de riposte à la politique de la droite, partis et organisations de gauche préparent une déclaration commune anti-CPE qu'ils présenteront ce matin.

Face aux interventions des forces de l'ordre, étudiants et lycéens anti-CPE ont changé de stratégie hier en multipliant les blocages d'axes routiers et de gares et non plus les seuls lycées et universités. Ils entendaient ainsi répondre aux «tentatives de répression» du ministre de l'Éducation, Gilles de Robien, qui, selon les syndicats anti-CPE, «incite les chefs d'établissements à faire appel à la police» pour permettre l'accès aux cours.
 
 
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