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Accord au Conseil de sécurité - L'Iran a 30 jours pour se plier aux voeux de l'ONU

Le Conseil de sécurité des Nations unies a donné hier 30 jours à l'Iran pour suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, dans une déclaration adoptée à l'unanimité de ses 15 membres.

Dans cette déclaration, le Conseil appelle l'Iran à «prendre les mesures requises par le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) [...] qui sont essentielles pour établir la confiance (de la communauté internationale) dans le caractère exclusivement pacifique de son programme nucléaire».

Il souligne, à cet égard, «l'importance particulière d'un rétablissement complet et durable de la suspension de toute activité liée à l'enrichissement d'uranium, y compris dans un cadre de recherche et développement, et que ce soit vérifié par l'AIEA». De plus, il réclame dans les 30 jours un rapport du directeur de l'AIEA sur la manière dont l'Iran se conforme à ces dispositions.

Ce nouveau texte, obtenu à la suite de concessions faites à la Russie et à la Chine, a été transmis au Conseil de sécurité quelques heures seulement avant que se retrouvent à Berlin les ministres des Affaires étrangères des cinq grands, afin d'élaborer plus précisément leur stratégie sur l'Iran.

Les cinq membres permanents — États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne — négociaient depuis trois semaines pour parvenir à un projet de déclaration sur les moyens de freiner les ardeurs nucléaires de la République islamique.

«Nos collègues des cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont parvenus à un accord sur un texte», a annoncé en après-midi le représentant de la Grande-Bretagne à l'ONU, Emyr Jones Parry.

La Grande-Bretagne et la France, soutenues par Washington, avaient fait circuler mardi soir un texte revu et corrigé aux 15 membres du Conseil de sécurité, qui faisait des concessions à Moscou et Pékin.

Jones Parry et l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Marc de la Sablière, qui ont élaboré le texte, ont déclaré qu'un point correspondant à une des objections clé de la Russie avait disparu de la déclaration. Il s'agit d'une clause stipulant que le Conseil était responsable de la paix et de la sécurité internationales. La Russie, en particulier, craint qu'une telle déclaration ne puisse servir par la suite de base pour des mesures plus dures contre l'Iran, dont des sanctions.

Les négociations pour aboutir à cette déclaration se sont échelonnées sur trois semaines. Le texte n'est pas contraignant et ne menace pas Téhéran de mesures punitives. Mais la Russie, appuyée par la Chine, est décidée à empêcher que des sanctions puissent être prises contre l'Iran et souhaite que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), à Vienne, ait la maîtrise du dossier iranien.

L'AIEA a transféré le dossier iranien au Conseil de sécurité de l'ONU le 9 mars dernier, après la reprise par Téhéran de certaines activités d'enrichissement de l'uranium. Cette reprise a poussé les négociateurs de la troïka européenne — Allemagne, France et Grande-Bretagne — à rompre les discussions en cours depuis deux ans et demi avec les Iraniens.
 
 
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