Les rebelles défient Poutine
14 octobre 2005
International
Photo : Agence Reuters
Un membre des forces de sécurité russes surveillait, hier à Naltchik, le lieu d’une des attaques.
Naltchik — Des dizaines d'hommes armés ont lancé hier une opération commando à Naltchik, en Kabardino-Balkarie, attaquant plusieurs bâtiments des forces de l'ordre, un défi au Kremlin qui ne parvient pas à éliminer les métastases du conflit tchétchène dans le Caucase.
L'attaque, menée par 100 à 300 combattants armés, a visé simultanément trois commissariats de police, les sièges locaux du ministère de l'Intérieur et du Service fédéral de sécurité (FSB) ainsi qu'une armurerie. Quelques heures plus tôt, les assaillants avaient tenté d'attaquer l'aéroport mais avaient été repoussés.
Des combats de rues ont suivi et fait au moins une soixantaine de morts — dont des responsables des forces de l'ordre et des civils — et plus d'une centaine de blessés.
La Kabardino-Balkarie est l'une des sept républiques caucasiennes faisant partie de la Fédération de Russie, avec la Tchétchénie, le Daguestan, l'Ossétie du Nord, l'Ingouchie, la Karatchaïevo-Tcherkessie et l'Adyghée. Elle compte près de 800 000 habitants, dont 45 % de Kabardes (un peuple turc islamisé) et 35 % de Russes.
Le président de la république de Kabardino-Balkarie, dont Naltchik est la capitale, Arsen Kanokov, a fait état d'au moins 62 tués: 50 assaillants et 12 habitants de la ville. Plus tard, le ministère local de l'Intérieur a annoncé au moins 61 tués parmi les combattants et 17 arrestations. Le vice-procureur général de Russie, Vladimir Kolesnikov, a pour sa part annoncé la mort de 12 membres des forces de l'ordre et de 12 civils. Les responsables hospitaliers parlaient en outre d'un nombre de blessés compris entre 115 et 150.
Des bilans impossibles à vérifier immédiatement, d'autant que les échanges de tirs se poursuivaient en fin de journée autour de deux «foyers», un commissariat et un magasin dans lesquels une poignée de rebelles se seraient réfugiés et auraient pris quelques otages.
Des renforts ont été dépêchés sur les lieux et des hommes des forces spéciales continuaient à s'activer en fin d'après-midi, notamment près du siège local du FSB. Des hélicoptères survolaient la ville.
Blocus
Le président russe Vladimir Poutine, dont la popularité repose en partie sur sa fermeté à l'endroit des séparatistes de Tchétchénie, a ordonné le bouclage complet de Naltchik et l'exécution de tout homme armé opposant la moindre résistance.
Cette opération rebelle est la dernière d'une série d'attaques qui, depuis plus d'un an, déstabilisent tout le Caucase russe et non plus la seule Tchétchénie, où les troupes fédérales sont de nouveau déployées depuis octobre 1999.
L'Ingouchie avait été la cible en juin 2004 d'une gigantesque attaque rebelle contre les bâtiments des forces de l'ordre, menée par le chef de guerre Chamil Bassaïev. 88 personnes étaient mortes, sans compter deux rebelles tués.
Et si le Kremlin assure régulièrement que la situation se «normalise» dans le Caucase, enlèvements, rafles et attaques diverses s'y sont en fait multipliés, touchant régulièrement le Daguestan, l'Ingouchie ou la Kabardino-Balkarie.
L'assaut — que les autorités régionales ont attribué aux islamistes radicaux — a été lancé au nom des séparatistes tchétchènes, a affirmé un site Internet proche des indépendantistes, assurant avoir reçu une revendication.
«Des détachements du Front caucasien, partie intégrante des forces armées de la République tchétchène d'Itchkérie [nom de la Tchétchénie indépendante], dont l'un des détachements de choc est le djamaat de Kabardino-Balkarie Iarmouk, sont entrés dans la ville», a relevé le bref communiqué revendiquant l'attaque, cité par le site Kavkaz Center.
Les «combattants» d'Iarmouk ont d'ailleurs aussi été mis directement en cause par le président de la Kabardino-Balkarie, qui les a qualifiés «d'extrémistes religieux».
Iarmouk est une organisation islamique locale qui avait été la cible d'une importante opération des forces de sécurité en janvier 2005.
Un mois auparavant, une attaque, attribuée à Iarmouk, avait visé l'antenne de l'agence de lutte contre le trafic de stupéfiants. Les assaillants avaient saisi un important arsenal.
Les autorités ont assuré que l'opération d'hier avait été préparée à l'avance et que les forces de police de la région s'attendaient à une attaque d'envergure.
L'attaque, menée par 100 à 300 combattants armés, a visé simultanément trois commissariats de police, les sièges locaux du ministère de l'Intérieur et du Service fédéral de sécurité (FSB) ainsi qu'une armurerie. Quelques heures plus tôt, les assaillants avaient tenté d'attaquer l'aéroport mais avaient été repoussés.
Des combats de rues ont suivi et fait au moins une soixantaine de morts — dont des responsables des forces de l'ordre et des civils — et plus d'une centaine de blessés.
La Kabardino-Balkarie est l'une des sept républiques caucasiennes faisant partie de la Fédération de Russie, avec la Tchétchénie, le Daguestan, l'Ossétie du Nord, l'Ingouchie, la Karatchaïevo-Tcherkessie et l'Adyghée. Elle compte près de 800 000 habitants, dont 45 % de Kabardes (un peuple turc islamisé) et 35 % de Russes.
Le président de la république de Kabardino-Balkarie, dont Naltchik est la capitale, Arsen Kanokov, a fait état d'au moins 62 tués: 50 assaillants et 12 habitants de la ville. Plus tard, le ministère local de l'Intérieur a annoncé au moins 61 tués parmi les combattants et 17 arrestations. Le vice-procureur général de Russie, Vladimir Kolesnikov, a pour sa part annoncé la mort de 12 membres des forces de l'ordre et de 12 civils. Les responsables hospitaliers parlaient en outre d'un nombre de blessés compris entre 115 et 150.
Des bilans impossibles à vérifier immédiatement, d'autant que les échanges de tirs se poursuivaient en fin de journée autour de deux «foyers», un commissariat et un magasin dans lesquels une poignée de rebelles se seraient réfugiés et auraient pris quelques otages.
Des renforts ont été dépêchés sur les lieux et des hommes des forces spéciales continuaient à s'activer en fin d'après-midi, notamment près du siège local du FSB. Des hélicoptères survolaient la ville.
Blocus
Le président russe Vladimir Poutine, dont la popularité repose en partie sur sa fermeté à l'endroit des séparatistes de Tchétchénie, a ordonné le bouclage complet de Naltchik et l'exécution de tout homme armé opposant la moindre résistance.
Cette opération rebelle est la dernière d'une série d'attaques qui, depuis plus d'un an, déstabilisent tout le Caucase russe et non plus la seule Tchétchénie, où les troupes fédérales sont de nouveau déployées depuis octobre 1999.
L'Ingouchie avait été la cible en juin 2004 d'une gigantesque attaque rebelle contre les bâtiments des forces de l'ordre, menée par le chef de guerre Chamil Bassaïev. 88 personnes étaient mortes, sans compter deux rebelles tués.
Et si le Kremlin assure régulièrement que la situation se «normalise» dans le Caucase, enlèvements, rafles et attaques diverses s'y sont en fait multipliés, touchant régulièrement le Daguestan, l'Ingouchie ou la Kabardino-Balkarie.
L'assaut — que les autorités régionales ont attribué aux islamistes radicaux — a été lancé au nom des séparatistes tchétchènes, a affirmé un site Internet proche des indépendantistes, assurant avoir reçu une revendication.
«Des détachements du Front caucasien, partie intégrante des forces armées de la République tchétchène d'Itchkérie [nom de la Tchétchénie indépendante], dont l'un des détachements de choc est le djamaat de Kabardino-Balkarie Iarmouk, sont entrés dans la ville», a relevé le bref communiqué revendiquant l'attaque, cité par le site Kavkaz Center.
Les «combattants» d'Iarmouk ont d'ailleurs aussi été mis directement en cause par le président de la Kabardino-Balkarie, qui les a qualifiés «d'extrémistes religieux».
Iarmouk est une organisation islamique locale qui avait été la cible d'une importante opération des forces de sécurité en janvier 2005.
Un mois auparavant, une attaque, attribuée à Iarmouk, avait visé l'antenne de l'agence de lutte contre le trafic de stupéfiants. Les assaillants avaient saisi un important arsenal.
Les autorités ont assuré que l'opération d'hier avait été préparée à l'avance et que les forces de police de la région s'attendaient à une attaque d'envergure.
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