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Pologne : vers un second tour

N/A ZZZN/A   7 octobre 2005  International
Varsovie — La bataille entre les deux rivaux — et néanmoins alliés — de la droite pour la présidence de la Pologne est si serrée que probablement aucun ne s'imposera dimanche et qu'un second tour sera nécessaire le 23 octobre pour les départager.

La recherche de précieuses voix est telle que même les attaques contre les homosexuels servent d'argument dans ce pays catholique à 95 %.

L'écart entre le libéral modéré Donald Tusk, qui avait longtemps caracolé en tête des intentions de vote, et le conservateur radical Lech Kaczynski s'est réduit de cinq points au cours de la quinzaine écoulée, selon les sondages publiés hier.

Un sondage ne donne plus à Tusk, leader de la Plate-forme civique, qu'un point d'avance sur son alter ego de Droit et Justice alors qu'un autre lui accorde encore neuf points d'écart. Mais toutes les études d'opinion s'accordent à prédire qu'aucun des deux ne recueillera la majorité absolue dès le premier tour.

«Tusk mène encore mais Kaczynski refait son retard», note Jacek Raciborski, sociologue à l'université de Varsovie. «Un second tour est pratiquement certain», ajoute-t-il.

Le duel entre Tusk et Kaczynski, qui échangeaient encore des amabilités il y a deux semaines lorsque leurs partis alliés ont raflé la majorité absolue à la Diète, prend un tour de plus en plus agressif au fur et à mesure qu'approche l'échéance présidentielle.

Droit et Justice s'en est pris au libéralisme économique de Tusk en lui reprochant de ne se soucier que des riches, un angle d'attaque qui a permis à la formation conservatrice de coiffer la Plate-forme civique sur le poteau lors des législatives.

Tusk, quadragénaire aux manières courtoises, a contre-attaqué en présentant son rival, 56 ans, comme un droitier intolérant susceptible d'isoler diplomatiquement la Pologne par ses jugements à l'emporte-pièce, notamment sur les grands voisins russe et allemand.

L'agressivité dans la campagne est telle que le probable prochain premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz, désigné par le parti conservateur Droit et Justice (conservateur, PiS) vainqueur des législatives du 25 septembre, a qualifié lundi l'homosexualité de comportement «contraire à la nature». Selon lui, «la propagation de l'homosexualité entrave la liberté des autres citoyens».

Les propos de Marcinkiewicz sont dans la droite ligne de la vision du PiS, dirigé par les deux frères jumeaux Lech et Jaroslaw Kaczynski.

Lech Kaczynski, un des deux favoris de l'élection présidentielle avec le libéral Donald Tusk, a interdit en juin une parade d'homosexuels à Varsovie, ville dont il est actuellement le maire.

Avant les législatives, M. Kaczynski a envoyé aux curés polonais une lettre dans laquelle il s'est vanté d'avoir lutté contre la «démoralisation de la société».

Son frère Jaroslaw a récemment estimé, quant à lui, que les homosexuels devraient être bannis de l'enseignement.






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