Brésil - Les narcotrafiquants imposent la terreur à Rio
13 septembre 2002
International
Rio de Janeiro — Une rixe entre trafiquants de drogue de bandes rivales à l'intérieur du pénitencier de sécurité maximale Bangu I a semé la terreur dans une vingtaine de quartiers des zones ouest et nord de Rio où commerces et écoles ont fermé sur ordre des bandits, montrant au grand jour la force du pouvoir parallèle.
«L'État légitime n'a cédé à aucun type de pression des mutins», s'est félicité hier le secrétaire d'État à la Sécurité, Roberto Aguiar, après avoir annoncé la fin de la mutinerie qui s'est soldée par quatre morts, tous des détenus, et 23 heures de tension et de terreur.
Néanmoins, dans le quartier de Bom Sucesso notamment, non loin de l'aéroport international, les commerces de l'une des principales avenues maintenaient leur rideau de fer baissé sur ordre des trafiquants.
«Comme hier, les messagers des trafiquants nous ont prévenus de ne pas ouvrir la boutique sous peine de représailles dans trois jours», a dit à la presse un commerçant, redoutant d'être observé par un olheiro. Les olheiros [yeux] sont des adolescents recrutés et payés par les trafiquants pour guetter et dénoncer l'arrivée de toute personne indésirable, comme les policiers ou journalistes, près des favelas.
En dépit de la présence d'une patrouille de police à moins de trois mètres, les commerçants ne se risquaient pas à ouvrir leur magasin.
«Les gens ont peur de parler même avec des policiers à proximité. Ils savent que la police ne reste pas en permanence, ce qui les rend vulnérables», a expliqué, à la station de radio CNB, le professeur de sciences politiques de l'université de Rio, Inacio Cano.
Hier, le gouverneur de Rio, Benedita da Silva, du Parti des travailleurs (PT, gauche), a renforcé la sécurité dans 18 secteurs de la ville où les bandes rivales de trafiquants pourraient s'affronter.
Mercredi, à l'annonce de la mort dans la prison du trafiquant Ernaldo Pinto de Medeiros, condamné à 257 ans de détention, les membres de sa bande dans la favela du Dendê (nord de Rio) avaient ordonné la fermeture de tous les commerces de la région et des écoles «en signe de deuil». Il a été brûlé vif dans sa cellule par son rival, Beira-Mar, à l'origine de la rixe. Beira Mar, considéré comme le capo du trafic au Brésil et qui cherche à unifier et contrôler les différentes factions criminelles, a décidé d'éliminer ses concurrents.
Mme da Silva a limogé le directeur de la prison Bangu I, Ricardo Couto, et 13 agents qui étaient de garde au moment où a éclaté la mutinerie.
Une enquête a été ouverte pour savoir comment les armes avaient pu entrer dans la maison d'arrêt et comment les détenus avaient pu sortir des cellules.
La semaine dernière, sept trafiquants, dont Beira Mar, avaient été appelés à témoigner devant un tribunal, sur l'utilisation illicite de téléphones portables dans la prison. Le parquet a réalisé des écoutes téléphoniques de conversations de Beira Mar et d'autres trafiquants. Dans l'un des enregistrements, Beira Mar ordonnait l'exécution «en direct» de deux complices «désobéissants».
Le secrétaire de la Justice de l'État, Paulo Saboya, a reconnu qu'il était «difficile de contrôler les 11 000 détenus écroués à Bangu avec un nombre limité de gardiens». De plus, selon lui, une sécurité efficace est «impossible» du fait que quelque 30 000 personnes rendent visite aux détenus chaque week-end. Pour tous les analystes, la situation est due au manque d'investissements dans le système pénitentiaire et à la corruption policière.
«L'État légitime n'a cédé à aucun type de pression des mutins», s'est félicité hier le secrétaire d'État à la Sécurité, Roberto Aguiar, après avoir annoncé la fin de la mutinerie qui s'est soldée par quatre morts, tous des détenus, et 23 heures de tension et de terreur.
Néanmoins, dans le quartier de Bom Sucesso notamment, non loin de l'aéroport international, les commerces de l'une des principales avenues maintenaient leur rideau de fer baissé sur ordre des trafiquants.
«Comme hier, les messagers des trafiquants nous ont prévenus de ne pas ouvrir la boutique sous peine de représailles dans trois jours», a dit à la presse un commerçant, redoutant d'être observé par un olheiro. Les olheiros [yeux] sont des adolescents recrutés et payés par les trafiquants pour guetter et dénoncer l'arrivée de toute personne indésirable, comme les policiers ou journalistes, près des favelas.
En dépit de la présence d'une patrouille de police à moins de trois mètres, les commerçants ne se risquaient pas à ouvrir leur magasin.
«Les gens ont peur de parler même avec des policiers à proximité. Ils savent que la police ne reste pas en permanence, ce qui les rend vulnérables», a expliqué, à la station de radio CNB, le professeur de sciences politiques de l'université de Rio, Inacio Cano.
Hier, le gouverneur de Rio, Benedita da Silva, du Parti des travailleurs (PT, gauche), a renforcé la sécurité dans 18 secteurs de la ville où les bandes rivales de trafiquants pourraient s'affronter.
Mercredi, à l'annonce de la mort dans la prison du trafiquant Ernaldo Pinto de Medeiros, condamné à 257 ans de détention, les membres de sa bande dans la favela du Dendê (nord de Rio) avaient ordonné la fermeture de tous les commerces de la région et des écoles «en signe de deuil». Il a été brûlé vif dans sa cellule par son rival, Beira-Mar, à l'origine de la rixe. Beira Mar, considéré comme le capo du trafic au Brésil et qui cherche à unifier et contrôler les différentes factions criminelles, a décidé d'éliminer ses concurrents.
Mme da Silva a limogé le directeur de la prison Bangu I, Ricardo Couto, et 13 agents qui étaient de garde au moment où a éclaté la mutinerie.
Une enquête a été ouverte pour savoir comment les armes avaient pu entrer dans la maison d'arrêt et comment les détenus avaient pu sortir des cellules.
La semaine dernière, sept trafiquants, dont Beira Mar, avaient été appelés à témoigner devant un tribunal, sur l'utilisation illicite de téléphones portables dans la prison. Le parquet a réalisé des écoutes téléphoniques de conversations de Beira Mar et d'autres trafiquants. Dans l'un des enregistrements, Beira Mar ordonnait l'exécution «en direct» de deux complices «désobéissants».
Le secrétaire de la Justice de l'État, Paulo Saboya, a reconnu qu'il était «difficile de contrôler les 11 000 détenus écroués à Bangu avec un nombre limité de gardiens». De plus, selon lui, une sécurité efficace est «impossible» du fait que quelque 30 000 personnes rendent visite aux détenus chaque week-end. Pour tous les analystes, la situation est due au manque d'investissements dans le système pénitentiaire et à la corruption policière.
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