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Cortège funèbre à Shfaram - L'attentat antiarabe de jeudi n'empêchera pas le retrait de Gaza

N/A ZZZN/A   6 août 2005  International
Source: Nir Elias Reuters 
Cérémonie funéraire vue d’un balcon.
Source: Nir Elias Reuters Cérémonie funéraire vue d’un balcon.
Shfaram — Des milliers de personnes ont formé un cortège hier à Shfaram, dans le nord d'Israël, pour les funérailles de deux des quatre Arabes israéliens abattus la veille par un extrémiste juif.

D'importants renforts policiers étaient déployés dans les régions du nord du pays où vivent de fortes communautés arabes, par crainte d'émeutes pendant ou après les obsèques. Le premier ministre Ariel Sharon a dénoncé un «acte scandaleux commis par un terroriste assoiffé de sang».

L'assaillant, un déserteur de l'armée, cherchait apparemment à provoquer une flambée de violence pour faire obstacle au projet de retrait israélien de la bande de Gaza. Il a ensuite été lynché par des habitants de Shfaram, en Galilée.

Sharon a souligné que cette attaque ne remettait nullement en cause le retrait de Gaza. Soldats et colons commenceront à évacuer le territoire le 17 août, comme prévu, quelles que soient les tentatives de juifs d'extrême droite pour s'y opposer, a-t-il dit. Washington considère ce retrait comme une étape vers la reprise du processus de paix israélo-palestinien.

Responsables de police et dirigeants de la communauté arabe sont convenus d'autoriser des rassemblements de protestation, en exprimant l'espoir «que le public arabe fasse preuve de retenue», a indiqué Avi Zelba, porte-parole de la police.

À Jérusalem, les prières du vendredi auxquelles prenaient part quelque 35 000 Palestiniens sur l'esplanade des Mosquées ont pris fin sans incident. À Shfaram, la ville israélienne arabe où a eu lieu l'attaque de jeudi contre les passagers d'un autobus, des milliers de personnes se sont ralliées à un cortège funèbre pour l'enterrement de deux soeurs abattues par l'extrémiste. «Les martyrs sont chéris de Dieu», scandait la foule.

Le conducteur de l'autobus et un passager, tous deux de confession chrétienne, ont aussi été tués. Leurs obsèques devaient avoir lieu dans l'après-midi. Outre les quatre morts, l'attaque a fait au moins 22 blessés, en majorité arabes.

«Notre ville est au coeur de l'État d'Israël et ils s'en prennent aux gens ici. L'État n'agit pas assez [pour protéger] ses citoyens arabes», déplorait Mounir Baki, employé de la municipalité, en balayant des débris de verre provenant des vitres de l'autobus avant les obsèques.

Les Arabes forment le cinquième de la population israélienne et se plaignent souvent de discrimination. Beaucoup ont sympathisé avec l'intifada palestinienne

dans les territoires occupés, mais ils comptent peu d'activistes parmi eux.

D'après Radio-Israël, la police a arrêté trois jeunes de la colonie de Tapuach, en Cisjordanie, qui auraient eu connaissance des projets d'attaque d'Eden Nathan Zaada.

Ce dernier, âgé de 19 ans, a été présenté par l'armée comme un déserteur connu pour ses «antécédents à problème». Originaire des environs de Tel-Aviv, il s'était récemment installé dans une colonie de Cisjordanie. D'après des médias, il avait quitté son unité pour protester contre les préparatifs militaires en vue du retrait de Gaza.

Le Hamas réclame vengeance

Les services de sécurité israéliens ont mis en garde contre d'éventuelles actions similaires de la part d'adversaires du retrait, qui pourraient chercher à déclencher un cycle de violences avec les Palestiniens dans le but de faire dérailler le processus d'évacuation des colonies.

Selon Radio-Israël, la mère de Zaada a affirmé avoir averti l'armée il y a deux semaines qu'il était armé, nourrissait des idées d'extrême droite et risquait d'être dangereux, mais que rien n'avait été fait.

Il s'agit de l'acte le plus meurtrier commis par un extrémiste juif depuis la mort de 29 Palestiniens abattus en 1994 par un colon de Cisjordanie dans une mosquée. Une série d'attentats suicides palestiniens avait commencé six semaines plus tard. Des dizaines d'attentats de cette nature ont eu lieu depuis lors.

Le vice-premier ministre Shimon Peres a exprimé hier son indignation sur les ondes de Radio-Israël: «Mon Dieu, que ce pays est vulnérable aux actes des assassins, des fous et des fanatiques, qui mettent en danger nos vies à tous, Juifs et Arabes, ainsi que la paix et l'espoir. Ces gens devraient être éliminés. J'espère que le pays va s'unir pour punir les responsables.»

Quelque 3 000 partisans du Hamas, qui observe une trêve à l'égard d'Israël depuis février, se sont rassemblés hier à Gaza pour réclamer vengeance après la tuerie de Shfaram.






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