L'espion américain démasqué - Les démocrates mettent la pression sur Karl Rove
13 juillet 2005
International
Washington — L'opposition démocrate a fait monter la pression hier sur Karl Rove, le conseiller du président américain George W. Bush accusé d'avoir trahi l'identité d'un agent de la CIA, une fuite apparemment criminelle qui a conduit une journaliste du New York Times en prison.
De premiers appels à la démission sont lancés, M. Rove est sommé de s'expliquer en public et sous serment, pendant que la présidence se mure dans le mutisme tant qu'«une enquête est en cours».
«Virez Karl Rove», demande l'ancien candidat à la présidentielle John Kerry, qui demande à ses partisans de s'associer à cette demande.
«La Maison-Blanche a promis que, si quiconque était impliqué dans l'affaire, il ne ferait plus partie de l'administration. Je compte qu'elle tienne cet engagement», a déclaré diplomatiquement lundi soir le chef de file de l'opposition au Sénat, Harry Reid, sans nommer M. Rove.
Mais la Maison-Blanche a fait bloc autour de Rove. «Tous ceux qui travaillent à la Maison-Blanche ont la confiance du président, sinon ils ne travailleraient pas ici», a déclaré le porte-parole présidentiel Scott McClellan, bombardé de questions pour la deuxième journée consécutive sur le sort de M. Rove.
M. Bush a fait mine d'ignorer des questions sur son stratège, accusé d'avoir participé à une «fuite» médiatique potentiellement criminelle qui a déjà envoyé une journaliste du New York Times en prison.
La presse s'est emparée de l'affaire avec d'autant plus d'énergie que, jusqu'à présent, la seule personne apparemment inquiétée par la justice est la journaliste du New York Times Judith Miller, qui, paradoxalement, n'avait pas écrit une ligne sur l'affaire. Mme Miller est en prison depuis le 6 juillet pour avoir refusé de communiquer ses sources au procureur enquêtant sur la fuite.
Un journaliste de l'hebdomadaire Time, Matt Cooper, doit en revanche témoigner aujourd'hui. Des courriels échangés avec sa rédaction en chef en juillet 2003, époque de la fuite, révèlent qu'il avait évoqué l'agent de la CIA Valerie Plame avec Karl Rove quelques jours après la parution d'une tribune de son mari, l'ancien ambassadeur Joseph Wilson.
M. Wilson avait accusé l'administration d'avoir manipulé les informations du renseignement pour «exagérer la menace irakienne» avant la guerre de 2003, et selon lui l'administration a voulu le discréditer en divulguant sa parenté avec l'agent Valerie Plame.
L'avocat de Karl Rove, Robert Luskin, a confirmé que le conseiller présidentiel s'était entretenu avec le journaliste de Time, mais «il n'essayait pas de lui faire dire quoi que ce soit sur la femme de Wilson», a-t-il dit au Los Angeles Times d'hier. En outre, l'entretien s'était déroulé sous le sceau du plus grand secret, selon M. Luskin.
Le président du Parti républicain du président Bush, Ken Mehlman, s'est appuyé sur cet argument pour reprocher aux démocrates de lancer «des attaques politiques ouvertement partisanes». «Karl Rove tentait de dissuader un journaliste d'écrire un article faux [reprenant les accusations de M. Wilson] sur des bases fausses», a affirmé M. Mehlman hier, dans un communiqué multipliant les attaques contre l'ex-ambassadeur.
De premiers appels à la démission sont lancés, M. Rove est sommé de s'expliquer en public et sous serment, pendant que la présidence se mure dans le mutisme tant qu'«une enquête est en cours».
«Virez Karl Rove», demande l'ancien candidat à la présidentielle John Kerry, qui demande à ses partisans de s'associer à cette demande.
«La Maison-Blanche a promis que, si quiconque était impliqué dans l'affaire, il ne ferait plus partie de l'administration. Je compte qu'elle tienne cet engagement», a déclaré diplomatiquement lundi soir le chef de file de l'opposition au Sénat, Harry Reid, sans nommer M. Rove.
Mais la Maison-Blanche a fait bloc autour de Rove. «Tous ceux qui travaillent à la Maison-Blanche ont la confiance du président, sinon ils ne travailleraient pas ici», a déclaré le porte-parole présidentiel Scott McClellan, bombardé de questions pour la deuxième journée consécutive sur le sort de M. Rove.
M. Bush a fait mine d'ignorer des questions sur son stratège, accusé d'avoir participé à une «fuite» médiatique potentiellement criminelle qui a déjà envoyé une journaliste du New York Times en prison.
La presse s'est emparée de l'affaire avec d'autant plus d'énergie que, jusqu'à présent, la seule personne apparemment inquiétée par la justice est la journaliste du New York Times Judith Miller, qui, paradoxalement, n'avait pas écrit une ligne sur l'affaire. Mme Miller est en prison depuis le 6 juillet pour avoir refusé de communiquer ses sources au procureur enquêtant sur la fuite.
Un journaliste de l'hebdomadaire Time, Matt Cooper, doit en revanche témoigner aujourd'hui. Des courriels échangés avec sa rédaction en chef en juillet 2003, époque de la fuite, révèlent qu'il avait évoqué l'agent de la CIA Valerie Plame avec Karl Rove quelques jours après la parution d'une tribune de son mari, l'ancien ambassadeur Joseph Wilson.
M. Wilson avait accusé l'administration d'avoir manipulé les informations du renseignement pour «exagérer la menace irakienne» avant la guerre de 2003, et selon lui l'administration a voulu le discréditer en divulguant sa parenté avec l'agent Valerie Plame.
L'avocat de Karl Rove, Robert Luskin, a confirmé que le conseiller présidentiel s'était entretenu avec le journaliste de Time, mais «il n'essayait pas de lui faire dire quoi que ce soit sur la femme de Wilson», a-t-il dit au Los Angeles Times d'hier. En outre, l'entretien s'était déroulé sous le sceau du plus grand secret, selon M. Luskin.
Le président du Parti républicain du président Bush, Ken Mehlman, s'est appuyé sur cet argument pour reprocher aux démocrates de lancer «des attaques politiques ouvertement partisanes». «Karl Rove tentait de dissuader un journaliste d'écrire un article faux [reprenant les accusations de M. Wilson] sur des bases fausses», a affirmé M. Mehlman hier, dans un communiqué multipliant les attaques contre l'ex-ambassadeur.
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