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Sommet de Gleneagles - Le G8 espère un accord sur la réduction de la pauvreté

N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A   6 juillet 2005  International
Des policiers patrouillent les abords de l’hôtel de Gleneagles, qui accueille à compter d’aujourd’hui le sommet du G8. Les membres du G8 ont déjà convenu début juin d’annuler 40 milliards $US de dettes de 18 pays très pauvres, dont 14 afric
Photo : Agence Reuters
Des policiers patrouillent les abords de l’hôtel de Gleneagles, qui accueille à compter d’aujourd’hui le sommet du G8. Les membres du G8 ont déjà convenu début juin d’annuler 40 milliards $US de dettes de 18 pays très pauvres, dont 14 afric
La Grande-Bretagne, qui accueille à compter de aujourd'hui en Écosse la réunion du G8, le groupe des pays les plus industrialisés de la planète, se veut optimiste sur les chances d'accord à la fois sur la réduction de la pauvreté, en particulier en Afrique, et sur le réchauffement climatique. Pourtant, jusqu'à présent, les positions paraissaient difficilement conciliables. On pourrait cependant assister à un rapprochement entre Tony Blair et Jacques Chirac face aux États-Unis.

Les négociations entre membres (États-Unis, Russie, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Canada, Japon et Italie) devraient se poursuivre jusqu'au dernier moment. Si «l'ambiance est raide» avec le sherpa américain dans les discussions préparatoires du sommet, les relations sont «excellentes» entre le sherpa français, Maurice Gourdault-Montagne, et son homologue britannique, Michael Jay, qui fut ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, souligne-t-on de source proche des négociations.

En regard de l'aide aux pays en développement, le premier ministre britannique, Tony Blair, a placé la barre très haut en appelant les pays riches à doubler l'aide publique au développement (APD) en la portant à 50 milliards par an d'ici 2010. Il veut porter l'aide à 0,7 % du produit national brut (PNB), afin d'atteindre les objectifs du millénaire fixés par les Nations unies pour réduire de moitié la pauvreté à l'horizon 2015, et prône l'élimination des subventions agricoles et des barrières douanières qui faussent la concurrence et handicapent l'Afrique. L'ONG Oxfam affirme que, pour chaque dollar que reçoit l'Afrique, ces pratiques lui en font perdre deux.

La France, principale bénéficiaire des subventions agricoles européennes, et les États-Unis se déclarent pourtant chacun prêts à renoncer aux aides à l'exportation si l'autre le fait.

Les membres du G8 ont déjà convenu début juin d'annuler 40 milliards $US de dettes de 18 pays très pauvres, dont 14 africains, à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque africaine de développement (BAD).

Le doublement de l'aide publique au développement reste plus controversé. Washington s'y oppose, estimant que cet argent sera gaspillé. Le président George Bush, qui exige des garanties de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, a cependant proposé de doubler l'aide américaine pour la porter à 4,3 milliards $US par année d'ici 2010. Soit seulement 0,16 % du PNB. L'UE, elle, amènera son APD à 0,56 % de son PNB d'ici 2010, et à 0,7 % d'ici 2015.

Soutien de l'Union africaine

Les dirigeants de l'Union africaine ont apporté hier leur soutien aux dispositions sur l'annulation de la dette, l'aide au développement et la libéralisation du commerce que présentera Londres au sommet.

«L'assemblée [des dirigeants de l'UA] soutient pleinement les recommandations contenues dans le rapport de la Commission pour l'Afrique», peut-on lire dans le communiqué final rédigé à l'issue des deux jours de réunion à Syrte, en Libye — allusion au document rédigé à l'initiative du premier ministre britannique, Tony Blair.

Plus de 40 % des Africains vivent avec moins de un dollar par jour, 200 millions d'entre eux sont menacés par la famine ou la malnutrition et le sida tue plus de deux millions de personnes par année sur le continent noir. La dette en Afrique sub-saharienne est estimée à environ 230 milliards, dont la majorité provient des emprunts effectués pendant la guerre froide par des dirigeants militaires qui ont souvent utilisé cet argent pour renforcer leur propre pouvoir, selon les organisateurs de la campagne contre la pauvreté. Le service de la dette coûte environ 39 milliards par année aux pays africains.

Officiellement, la France et la Grande-Bretagne ne sont pas en rivalité sur l'Afrique. «La France et le Royaume-Uni sont les deux pays du G8 qui connaissent le mieux l'Afrique et nous partageons une même ambition pour ce continent», a déclaré le 29 juin Jacques Chirac lors d'une réunion sur le G8 avec des syndicats.

«Ce qui est important, c'est d'amorcer quelque chose de nouveau au G8, de montrer que nous ne sommes pas contraints par nos budgets, qu'il existe d'autres voies pour l'aide au développement», souligne-t-on de source française.

Le climat

Cette alliance de circonstance entre Français et Britanniques devrait jouer à plein sur la question du climat, l'un des principaux points de friction du sommet.

Les États-Unis sont en effet les seuls des huit à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, George Bush jugeant que ses objectifs auraient «coulé» l'économie américaine.

De son côté, Jacques Chirac exige que la déclaration finale mentionne notamment le lien scientifiquement établi entre l'activité humaine et le réchauffement, l'urgence d'agir, le protocole de Tokyo et la question des pays émergents dont les émissions augmentent. Il souhaite cependant un accord avec les États-Unis sur un «socle minimal d'action commune».

«Pour nous, il est inenvisageable qu'une déclaration ne fasse pas référence à l'évidence scientifique ou à un texte international que sept des huit considèrent comme le socle de l'action internationale dans la lutte contre le changement climatique», a souligné le porte-parole de Jacques Chirac lors d'un point de presse sur le sommet de Gleneagles des 7 et 8 juillet.

«Le tout, c'est d'arriver à des formulations qui permettent à la fois de refléter cette conviction et de trouver l'accord de tous», a-t-il précisé.

«Il y a en ce moment même une négociation sérieuse qui se poursuit et qui se poursuivra jusqu'à la réunion des chefs d'État et de gouvernement.» Cette négociation, a poursuivi Jérôme Bonnafont, «semble avoir permis de faire mouvement, ce qui a conduit le président de la République à exprimer l'espoir à Kaliningrad que nous puissions adopter une déclaration et des conclusions communes».

Jacques Chirac a déclaré dimanche, à l'occasion d'un sommet informel avec Vladimir Poutine et Gerhard Schröder près de Kaliningrad, que le G8 «s'orientait vers un accord» sur le climat, contredisant le pessimisme jusqu'alors affiché par les négociateurs.

«Il lui semble percevoir un mouvement de la part de l'administration américaine qui peut-être permettra de conclure sur une base commune», a dit le porte-parole du président français, Jérôme Bonnafont, sans se prononcer plus avant sur la position américaine concernant le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La Chine et l'Inde sont d'ailleurs invitées au G8, de même que le Brésil, le Mexique, l'Afrique du Sud, l'Algérie, l'Éthiopie, le Nigeria ou le Sénégal.






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