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Tony Blair va publier des preuves contre Saddam

4 septembre 2002  International
Le premier ministre britannique avait publié un dossier à charge contre Oussama ben Laden peu avant le lancement de l’offensive contre l’Afghanistan.
Photo : Agence Reuters
Le premier ministre britannique avait publié un dossier à charge contre Oussama ben Laden peu avant le lancement de l’offensive contre l’Afghanistan.
Le premier ministre britannique Tony Blair a annoncé hier la publication prochaine d'un dossier prouvant la menace posée par l'Irak et a appelé la communauté internationale à appuyer les efforts américains pour y répondre.

Tout en assurant qu'aucune décision d'attaquer l'Irak n'avait été prise, M. Blair a nettement durci le ton contre le régime de Saddam Hussein, estimant qu'il pose «une menace unique et réelle» contre le Golfe et le reste du monde.

Washington a pour sa part accusé hier les Irakiens d'être des maîtres de la manipulation après que le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz eut affirmé depuis Johannesburg que Bagdad était «prêt à coopérer» sur les inspections en armement de l'ONU en Irak.

M. Blair a affirmé que le régime irakien continue à produire des armes de destruction massive et a promis la publication d'un dossier de preuves à

ce sujet par son gouvernement «dans les prochaines semaines».

«Il est clair que le débat a évolué», a dit M. Blair devant les journalistes réunis dans sa circonscription de Sedgefield, dans le nord de l'Angleterre.

«Au début, j'avais pensé que nous ne publierions pas [ce dossier] avant que les décisions clés ne soient prises. Je pense maintenant qu'il est probablement mieux d'aller de l'avant», a poursuivi M. Blair, qui s'exprimait sur l'Irak pour la première fois depuis cinq semaines.

La publication d'un tel dossier viserait à réduire l'isolement des États-Unis, dont les menaces d'intervention militaire en Irak sont critiquées par les pays arabes et européens ainsi que par la Chine et la Russie.

Mais cette annonce risque aussi de relancer les conjectures sur l'imminence d'une telle action militaire. La publication à l'automne dernier d'un dossier britannique sur l'implication d'Oussama ben Laden dans les attentats du 11 septembre aux États-Unis avait en effet précédé de peu le lancement de l'offensive américaine contre l'Afghanistan.

M. Blair a évoqué les efforts de Bagdad en vue d'obtenir l'arme atomique. Les Irakiens «arrivaient sans aucun doute à un point de capacité [à produire] des armes atomiques» avant le démantèlement de leur arsenal sous la surveillance des inspecteurs internationaux, partis fin 1998. «Je crois qu'il existe certains éléments indiquant qu'ils continuent à le faire.»

En annonçant la publication prochaine d'un rapport prouvant le réarmement de l'Irak, Tony Blair se démarque à nouveau des leaders européens les plus réticents à une intervention militaire contre ce pays. L'annonce de M. Blair survient après l'appel lancé par le secrétaire d'État américain Colin Powell, demandant la diffusion de tous les «renseignements disponibles» sur l'Irak dans un entretien à la BBC dont des extraits ont été diffusés dimanche. M. Blair a ajouté que la menace constituée, selon lui, par Bagdad «n'est pas seulement un problème pour les États-Unis, c'est un problème pour la Grande-Bretagne, pour le monde dans son ensemble».

Retour des inspecteurs de l'ONU

Le retour des inspecteurs de l'ONU en Irak a été au centre de la rencontre, hier à Johannesburg, entre le vice-premier ministre irakien, Tarek Aziz, et le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.

Cette entrevue s'est tenue en marge du Sommet de la Terre. Selon Tarek Aziz, «l'Irak reste prêt à coopérer avec les Nations unies» dans le cadre d'un règlement global «qui traiterait de toutes les questions de manière équitable et raisonnable». Une façon diplomatique de repousser le préalable d'un retour des inspecteurs chargés de contrôler les programmes d'armement de Bagdad, avant tout règlement global. Lundi, le dirigeant irakien avait déjà estimé que «la question [des inspecteurs] n'est pas le seul problème. Les sanctions, l'agression continue, les menaces de guerre, tous ces problèmes sont sur la table».

Côté Nations unies, le porte-parole de Kofi Annan, Hua Jiang, s'est contenté de publier un communiqué indiquant que «la rencontre s'inscrivait dans un dialogue continu entre les Nations unies et les autorités irakiennes, visant à un accord sur un retour des inspecteurs en Irak qui, à son tour, conduirait à une solution globale incluant la levée des sanctions». À la suite de cette rencontre, les cours du pétrole ont nettement reculé hier, le marché espérant un apaisement des tensions.

Les États-Unis restent toutefois très sceptiques sur la sincérité des propositions irakiennes. «Ils n'ont pas une tradition de fiabilité», a ainsi affirmé, lundi, le porte-parole de la Maison-Blanche.

À propos des menaces d'intervention américaine, Tarek Aziz a déclaré que l'Irak les prend «très au sérieux». «Nous nous préparons à défendre notre pays. Si leurs inquiétudes [celles des Américains] sont réelles, qu'ils viennent voir par eux-mêmes», a-t-il ajouté.






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