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Le mandat de la MINUSTAH est prolongé - L'insécurité perdure en Haïti malgré la présence de l'ONU

1 juin 2005  International
Port-au-Prince — Un an après le déploiement en Haïti de 6000 militaires et de 1400 policiers de l'ONU, dont le mandat a été prolongé hier, l'insécurité continue d'être un problème majeur à Port-au-Prince tandis que le pays prépare des élections générales à l'automne.

Plus de 620 personnes ont été tuées par balles au cours des sept derniers mois, la plupart dans la capitale, selon des organisations de défense des droits de l'homme. Certains quartiers de Port-au-Prince restent toujours sous le contrôle de groupes armés composés de partisans de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide qui continuent de réclamer son retour au pouvoir.

Nouvelle face de cette insécurité, les enlèvements contre rançon se sont développés. Pas moins de cinq cas sont recensés par jour, selon le directeur général de la police, Léon Charles. Trois étrangers figurent parmi les quelque 150 personnes prises en otages puis libérées contre des rançons allant de quelques centaines de dollars à plus d'un millier de dollars.

La décision récente du département d'État d'évacuer les familles américaines et le personnel diplomatique «non essentiel» témoigne de l'aggravation de la situation sécuritaire. Toutefois, le premier ministre haïtien Gérard Latortue a jugé incompréhensible la mesure américaine.

Les dirigeants de la classe politique et de la société civile se déclarent très insatisfaits du peu de résultats obtenus par les Casques bleus. Certains critiquent ouvertement leur commandement assuré par un général brésilien. «Trop timide et trop précautionneux», selon André Apaid, membre d'un groupe réunissant 184 organisations de la société civile, qui souhaite ouvertement une recomposition de la mission.

Le représentant en Haïti du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le Chilien Juan Gabriel Valdes, dresse en revanche un bilan plutôt «encourageant». La MINUSTAH a sauvé le pays d'une partition de son territoire et assuré la stabilité du gouvernement, a-t-il affirmé. Le diplomate onusien reconnaît cependant que «la mission n'a pas encore réussi à offrir aux citoyens haïtiens, particulièrement à Port-au-Prince, une situation de sécurité satisfaisante». C'est une des nouvelles priorités, notamment à l'approche des élections, a-t-il dit.

La récente recommandation de Kofi Annan pour augmenter les effectifs de la MINUSTAH a été accueillie avec froideur en Haïti. «Il est plus important de renforcer la capacité de la police haïtienne», estiment des chefs de parti.






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