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Inculpations de présumés membres d'al-Qaïda

N/A ZZZN/A   30 août 2002  International
Karlsruhe — Un Marocain a été inculpé en Allemagne de complicité de meurtre dans les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, a annoncé hier le Parquet fédéral allemand. Il devient ainsi la deuxième personne au monde à devoir répondre devant la justice des attaques kamikazes.

Un Français d'origine marocaine, Zacarias Moussaoui, doit comparaître le 6 janvier devant la justice américaine à Alexandria, en Virginie. Il est soupçonné d'être un des pirates de l'air recrutés à l'origine par al-Qaïda, le réseau terroriste qui a revendiqué les attentats.

Mounir Al Motassadeq, 28 ans, avait quant à lui été arrêté en novembre 2001 en Allemagne. Il avait alors réfuté toutes les accusations portées contre lui, à savoir son implication dans la préparation des attentats et sa liaison à al-Qaïda. Le Parquet général de Karlsruhe avait annoncé mercredi sa mise en accusation, sans autre détail. Il est accusé de «complicité de meurtre dans au moins 3116 cas», a précisé hier le procureur lors d'une conférence de presse.

Selon M. Nehm, Al Motassadeq est entré en contact à Hambourg en «1995 ou 1996» avec Mohammad Atta, considéré comme le leader des 19 kamikazes du 11 septembre. La cellule de Hambourg, fréquentée par un autre kamikaze, l'Emirati Marwan Al-Shehhi, était la base arrière de préparation des attentats. «La cellule de Hambourg faisait partie d'un réseau international de fondamentalistes islamistes prêts à la violence» en liaison avec l'association al-Qaïda, a rappelé le procureur. Le Parquet fédéral avait ouvert une enquête sur cette cellule quelques jours après les attentats aux États-Unis.

Selon l'enquête, le Marocain, qui a partagé un appartement avec les deux kamikazes, a administré un compte servant à financer le séjour aux États-Unis d'Al-Shehhi et ses cours de pilotage en Floride. Étudiant en électrotechnique, père d'un enfant, il était un «rouage essentiel» du groupe qui s'est radicalisé à partir de novembre 1998, selon le procureur.

À partir d'octobre 1999, le groupe de Hambourg a commencé à envisager l'organisation d'une attaque aérienne aux États-Unis. En avril ou mai 2000, toujours selon le procureur, Al-Shehhi a confié à un bibliothécaire, en évoquant les tours du World Trade Center: «Il y aura des milliers de morts, vous penserez encore à nous.» De mai à août 2000, Al Motassadeq s'est rendu en Afghanistan.

Aux États-Unis

La mise en accusation d'Al Motassadeq en Allemagne survient alors que les autorités américaines ont inculpé mercredi six personnes qu'elles soupçonnent de soutenir le réseau al-Qaïda pour de «futures actions terroristes à l'intérieur des États-Unis et à l'étranger».

Cinq d'entre elles, inculpées à Detroit, sont accusées d'avoir «fourni un soutien matériel ou des ressources à des terroristes, de s'être engagées dans des activités frauduleuses en utilisant à mauvais escient des visas, des permis et d'autres documents». La sixième personne, inculpée à Seattle, est soupçonnée d'avoir fourni au réseau al-Qaïda une assistance et du matériel d'entraînement pour préparer des opérations terroristes.

La campagne menée à l'échelle internationale pour couper al-Qaïda de ses sources de financement s'est essouflée, ce qui a valu au réseau d'Oussama ben Laden de nouveaux apports qui se chiffrent en dizaines de millions de dollars, selon un rapport de l'ONU cité hier par le Washington Post. D'après ce document préliminaire de 43 pages, al-Qaïda continue à puiser dans l'héritage personnel de ben Laden et à bénéficier de placements ou de détournements de fonds d'organisations caritatives, précise le journal.

Le rapport, rédigé par un groupe de surveillance de l'ONU sur al-Qaïda, ajoute que les partenaires financiers du réseau gèrent au moins 30 millions de dollars de placements en Afrique du Nord, au Proche-Orient et en Asie, certaines estimations allant même jusqu'à 300 millions de dollars, poursuit le Post.

Al-Qaïda est aussi soupçonné de détenir des comptes bancaires attribués nominalement à des intermédiaires à Dubaï, à Hong Kong, à Londres, à Vienne ou en Malaisie, notent les auteurs du rapport, ajoutant que des dons privés continuent d'être régulièrement versés au réseau. «De l'avis général, al-Qaïda est "en pleine forme" et est en mesure de frapper à nouveau selon son bon plaisir», dit le document cité par le journal.






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