Ukraine - La maladie de Iouchtchenko est devenue une affaire d'État
11 décembre 2004
International
Photo : Agence Reuters
Viktor Iouchtchenko a déclaré hier qu’il accepterait les conclusions officielles des médecins.
Kiev — Le mal étrange qui a presque défiguré le chef de l'opposition ukrainienne Viktor Iouchtchenko a tourné à une affaire politique trouble, relancée hier par de nouvelles accusations d'empoisonnement alors que va débuter la campagne pour la présidentielle du 26 décembre.
«Ce qui s'est passé est un règlement de comptes contre un homme politique de l'opposition. Et le but de cette opération était sans doute mon meurtre», a affirmé à la presse Viktor Iouchtchenko, grand favori du scrutin ordonné par la Cour suprême après l'annulation pour fraudes de l'élection du 21 novembre.
Depuis septembre, la mystérieuse maladie de M. Iouchtchenko alimente le débat politique ukrainien, au fil d'accusations sans preuves, aux accents propagandistes. Et, tous ces derniers jours, le candidat de l'opposition est apparu devant les télévisions du monde entier et la foule qui l'ovationnait à Kiev le visage grêlé, boursouflé par un mal qui ne porte toujours aucun nom.
Arrivé hier dans une clinique de Vienne, où il avait été soigné en septembre, pour subir pendant deux jours de nouvelles analyses médicales, il a déclaré qu'il accepterait les conclusions officielles des médecins et demanderait «qu'elles soient immédiatement rendues publiques».
Tombé brusquement malade en septembre alors qu'il était déjà favori pour l'élection présidentielle, M. Iouchtchenko, âgé de 50 ans, avait été hospitalisé dans la clinique viennoise réputée du Rudolfinerhaus, souffrant de douleurs abdominales et de lésions au visage et au torse.
L'équipe soignante avait décelé «une infection du pancréas, un ulcère de l'estomac et des maux dans la poitrine dus à une infection virale». Sans autre explication. Cependant, de retour à Kiev, Viktor Iouchtchenko affirmait avoir été victime d'une tentative de meurtre commanditée.
«Ce qui m'est arrivé est un problème lié au régime politique en Ukraine», avait-il lancé devant le Parlement dans un coup d'éclat médiatique relayé par toutes les chaînes de télévision du pays, y compris celle contrôlées par le pouvoir. L'accusation devait revenir comme un leitmotiv au long de la première campagne électorale, qui a opposé M. Iouchtchenko à l'actuel premier ministre Viktor Ianoukovitch.
«Absolument sans fondement d'un point de vue médical», assurait le Rudolfinerhaus le 29 septembre. Les hypothèses avancées par les médecins ont plusieurs fois varié, de l'empoisonnement à l'intoxication alimentaire. Mais l'absence de diagnostic formel a laissé cours à toutes sortes d'hypothèses ou de sous-entendus, parfois rocambolesques, jamais prouvés, auxquels ripostait l'équipe de M. Ianoukovitch en criant à la manipulation.
Le 8 octobre, les médecins qui soignent M. Iouchtchenko à Vienne font appel à des spécialistes internationaux pour établir si le malade a été l'objet d'un empoisonnement ou d'un acte de bioterrorisme. Quelques jours plus tôt, la presse ukrainienne avait rapporté qu'Iouchtchenko avait rencontré des responsables des services secrets SBU avant de tomber malade.
Le Parquet ukrainien, qui a ouvert une enquête pour attentat, conclut le 22 octobre à une «fièvre herpétique virale». Mais la justice n'a pu consulter le dossier médical qu'après décision d'un tribunal viennois, M. Iouchtchenko ayant refusé de communiquer toute information le concernant.
Et, ces derniers jours, des déclarations contradictoires de différents médecins sont venues ajouter à la confusion. À Vienne, le médecin-chef du Rudolfinerhaus, Michael Zimpfer, déclarait qu'il n'avait aucune preuve d'un empoisonnement et qu'une telle hypothèse serait très difficile à démontrer. Un autre médecin traitant de M. Iouchtchenko à Vienne, le docteur Nikolaï Korpan, un Ukrainien, affirmait mercredi que «trois hypothèses, qui, toutes les trois, ont un rapport avec un empoisonnement», étaient à l'étude.
«Ce qui s'est passé est un règlement de comptes contre un homme politique de l'opposition. Et le but de cette opération était sans doute mon meurtre», a affirmé à la presse Viktor Iouchtchenko, grand favori du scrutin ordonné par la Cour suprême après l'annulation pour fraudes de l'élection du 21 novembre.
Depuis septembre, la mystérieuse maladie de M. Iouchtchenko alimente le débat politique ukrainien, au fil d'accusations sans preuves, aux accents propagandistes. Et, tous ces derniers jours, le candidat de l'opposition est apparu devant les télévisions du monde entier et la foule qui l'ovationnait à Kiev le visage grêlé, boursouflé par un mal qui ne porte toujours aucun nom.
Arrivé hier dans une clinique de Vienne, où il avait été soigné en septembre, pour subir pendant deux jours de nouvelles analyses médicales, il a déclaré qu'il accepterait les conclusions officielles des médecins et demanderait «qu'elles soient immédiatement rendues publiques».
Tombé brusquement malade en septembre alors qu'il était déjà favori pour l'élection présidentielle, M. Iouchtchenko, âgé de 50 ans, avait été hospitalisé dans la clinique viennoise réputée du Rudolfinerhaus, souffrant de douleurs abdominales et de lésions au visage et au torse.
L'équipe soignante avait décelé «une infection du pancréas, un ulcère de l'estomac et des maux dans la poitrine dus à une infection virale». Sans autre explication. Cependant, de retour à Kiev, Viktor Iouchtchenko affirmait avoir été victime d'une tentative de meurtre commanditée.
«Ce qui m'est arrivé est un problème lié au régime politique en Ukraine», avait-il lancé devant le Parlement dans un coup d'éclat médiatique relayé par toutes les chaînes de télévision du pays, y compris celle contrôlées par le pouvoir. L'accusation devait revenir comme un leitmotiv au long de la première campagne électorale, qui a opposé M. Iouchtchenko à l'actuel premier ministre Viktor Ianoukovitch.
«Absolument sans fondement d'un point de vue médical», assurait le Rudolfinerhaus le 29 septembre. Les hypothèses avancées par les médecins ont plusieurs fois varié, de l'empoisonnement à l'intoxication alimentaire. Mais l'absence de diagnostic formel a laissé cours à toutes sortes d'hypothèses ou de sous-entendus, parfois rocambolesques, jamais prouvés, auxquels ripostait l'équipe de M. Ianoukovitch en criant à la manipulation.
Le 8 octobre, les médecins qui soignent M. Iouchtchenko à Vienne font appel à des spécialistes internationaux pour établir si le malade a été l'objet d'un empoisonnement ou d'un acte de bioterrorisme. Quelques jours plus tôt, la presse ukrainienne avait rapporté qu'Iouchtchenko avait rencontré des responsables des services secrets SBU avant de tomber malade.
Le Parquet ukrainien, qui a ouvert une enquête pour attentat, conclut le 22 octobre à une «fièvre herpétique virale». Mais la justice n'a pu consulter le dossier médical qu'après décision d'un tribunal viennois, M. Iouchtchenko ayant refusé de communiquer toute information le concernant.
Et, ces derniers jours, des déclarations contradictoires de différents médecins sont venues ajouter à la confusion. À Vienne, le médecin-chef du Rudolfinerhaus, Michael Zimpfer, déclarait qu'il n'avait aucune preuve d'un empoisonnement et qu'une telle hypothèse serait très difficile à démontrer. Un autre médecin traitant de M. Iouchtchenko à Vienne, le docteur Nikolaï Korpan, un Ukrainien, affirmait mercredi que «trois hypothèses, qui, toutes les trois, ont un rapport avec un empoisonnement», étaient à l'étude.
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