La Cour suprême s'invite dans la crise ukrainienne
Kiev — Lueur d'espoir pour l'opposition en Ukraine: la Cour suprême a infligé hier un camouflet à la commission électorale centrale en lui interdisant de publier les résultats de l'élection présidentielle tant que les recours introduits par le camp Iouchtchenko n'auront pas été examinés.
L'opposition, de son côté, a menacé de bloquer les accès aux bâtiments officiels à Kiev, où les manifestations se poursuivent. La Cour suprême, qui ne se penchera pas sur ces recours avant la semaine prochaine, risque à la fois de ragaillardir Viktor Iouchtchenko et ses partisans mais aussi de geler pour plusieurs jours le bras-de-fer qui s'est engagé entre le pouvoir et l'opposition.
En ordonnant la suspension de la publication des résultats officiels, les juges suprêmes désavouent en quelque sorte les membres de la commission électorale centrale (CEC), qui s'étaient empressés de proclamer un vainqueur alors que des accusations de fraudes nombreuses et crédibles s'étaient fait jour.
Mercredi, en effet, la CEC avait annoncé les résultats officiels définitifs du second tour de l'élection présidentielle et proclamé vainqueur le premier ministre sortant Viktor Ianoukovitch, considéré comme le candidat prorusse, avec 49,46 % des suffrages, contre 46,61 % au chef de l'opposition, Viktor Iouchtchenko, présenté comme un réformateur pro-occidental. Dimanche soir, après la clôture du second tour, les sondages à la sortie des urnes donnaient en revanche la victoire à Iouchtchenko.
La Cour suprême a prévu d'examiner lundi les recours introduits dans la journée par l'opposition, a précisé la porte-parole de la plus haute juridiction du pays, Liana Chliapochnikova. Malgré l'annonce de la CEC, Ianoukovitch ne pourra donc pas être investi au poste de président tant que les résultats ne seront pas officiellement publiés.
Les dizaines de milliers de manifestants qui bravent le froid et la neige depuis quatre jours sur la place de l'Indépendance, dans le centre de la capitale, ont reçu hier un autre soutien de poids avec la venue à la tribune de Lech Walesa, le leader charismatique du mouvement prodémocratie Solidarité au début des années 80 en Pologne.
Walesa, arrivé à Kiev pour proposer sa médiation entre l'opposition et le pouvoir, a rencontré Ianoukovitch «en tant que premier ministre» avant d'aller encourager les manifestants de la place de l'Indépendance. «Je suis stupéfait de vos sentiments et de votre enthousiasme et profondément certain que cela vous conduira à la victoire», a-t-il lancé à la foule.
L'ancien président tchèque Vaclav Havel, figure historique de la «révolution de velours» dans son pays, il y a 15 ans, a lui aussi apporté son soutien à l'opposition ukrainienne. Autre soutien à forte valeur symbolique, une centaine d'élèves policiers en uniforme ont basculé hier soir dans le camp des manifestants. Un représentant du groupe est monté à la tribune pour lire un communiqué de soutien tandis que la foule criait: «C'est bien, les gars!»
Aujourd'hui, deux personnalités sont attendues à Kiev: le président polonais Alexander Kwasniewski, qui a proposé sa médiation, et le secrétaire général de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Jan Cubis, qui ont tous deux proposé leur médiation. L'OSCE s'est montrée très critique sur la régularité du scrutin.
Iouchtchenko s'est évidemment félicité de la décision prise par la Cour suprême et a lancé à la foule de ses partisans: «Ce n'est qu'un début.»
La veille, pour protester contre l'annonce des résultats par la CEC, le candidat de l'opposition avait lancé un appel à la grève générale dans tout le pays. L'objectif est de paralyser les entreprises, les écoles et les transports. Toutefois, hier, les effets de cette grève ne se faisaient pas encore sentir. À Kiev, les commerces et les usines semblaient fonctionner normalement.
Une grande partie de la communauté internationale, notamment l'Occident, a émis de sérieux doutes sur la régularité du scrutin, refusant de reconnaître la légitimité des résultats proclamés par la CEC et mettant en garde le pouvoir ukrainien contre les «conséquences» de sa position sur leurs relations.
Seule exception notable, la Russie a reconnu par deux fois la victoire du premier ministre sortant, le candidat pro-Kremlin. Le président Vladimir Poutine, qui a adressé hier un nouveau télégramme de félicitations à Ianoukovitch, est toutefois tombé d'accord avec les dirigeants européens, lors d'un sommet UE-Russie à La Haye, pour appeler à une «approche pacifique» afin de résoudre la crise politique en Ukraine.
L'opposition, de son côté, a menacé de bloquer les accès aux bâtiments officiels à Kiev, où les manifestations se poursuivent. La Cour suprême, qui ne se penchera pas sur ces recours avant la semaine prochaine, risque à la fois de ragaillardir Viktor Iouchtchenko et ses partisans mais aussi de geler pour plusieurs jours le bras-de-fer qui s'est engagé entre le pouvoir et l'opposition.
En ordonnant la suspension de la publication des résultats officiels, les juges suprêmes désavouent en quelque sorte les membres de la commission électorale centrale (CEC), qui s'étaient empressés de proclamer un vainqueur alors que des accusations de fraudes nombreuses et crédibles s'étaient fait jour.
Mercredi, en effet, la CEC avait annoncé les résultats officiels définitifs du second tour de l'élection présidentielle et proclamé vainqueur le premier ministre sortant Viktor Ianoukovitch, considéré comme le candidat prorusse, avec 49,46 % des suffrages, contre 46,61 % au chef de l'opposition, Viktor Iouchtchenko, présenté comme un réformateur pro-occidental. Dimanche soir, après la clôture du second tour, les sondages à la sortie des urnes donnaient en revanche la victoire à Iouchtchenko.
La Cour suprême a prévu d'examiner lundi les recours introduits dans la journée par l'opposition, a précisé la porte-parole de la plus haute juridiction du pays, Liana Chliapochnikova. Malgré l'annonce de la CEC, Ianoukovitch ne pourra donc pas être investi au poste de président tant que les résultats ne seront pas officiellement publiés.
Les dizaines de milliers de manifestants qui bravent le froid et la neige depuis quatre jours sur la place de l'Indépendance, dans le centre de la capitale, ont reçu hier un autre soutien de poids avec la venue à la tribune de Lech Walesa, le leader charismatique du mouvement prodémocratie Solidarité au début des années 80 en Pologne.
Walesa, arrivé à Kiev pour proposer sa médiation entre l'opposition et le pouvoir, a rencontré Ianoukovitch «en tant que premier ministre» avant d'aller encourager les manifestants de la place de l'Indépendance. «Je suis stupéfait de vos sentiments et de votre enthousiasme et profondément certain que cela vous conduira à la victoire», a-t-il lancé à la foule.
L'ancien président tchèque Vaclav Havel, figure historique de la «révolution de velours» dans son pays, il y a 15 ans, a lui aussi apporté son soutien à l'opposition ukrainienne. Autre soutien à forte valeur symbolique, une centaine d'élèves policiers en uniforme ont basculé hier soir dans le camp des manifestants. Un représentant du groupe est monté à la tribune pour lire un communiqué de soutien tandis que la foule criait: «C'est bien, les gars!»
Aujourd'hui, deux personnalités sont attendues à Kiev: le président polonais Alexander Kwasniewski, qui a proposé sa médiation, et le secrétaire général de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Jan Cubis, qui ont tous deux proposé leur médiation. L'OSCE s'est montrée très critique sur la régularité du scrutin.
Iouchtchenko s'est évidemment félicité de la décision prise par la Cour suprême et a lancé à la foule de ses partisans: «Ce n'est qu'un début.»
La veille, pour protester contre l'annonce des résultats par la CEC, le candidat de l'opposition avait lancé un appel à la grève générale dans tout le pays. L'objectif est de paralyser les entreprises, les écoles et les transports. Toutefois, hier, les effets de cette grève ne se faisaient pas encore sentir. À Kiev, les commerces et les usines semblaient fonctionner normalement.
Une grande partie de la communauté internationale, notamment l'Occident, a émis de sérieux doutes sur la régularité du scrutin, refusant de reconnaître la légitimité des résultats proclamés par la CEC et mettant en garde le pouvoir ukrainien contre les «conséquences» de sa position sur leurs relations.
Seule exception notable, la Russie a reconnu par deux fois la victoire du premier ministre sortant, le candidat pro-Kremlin. Le président Vladimir Poutine, qui a adressé hier un nouveau télégramme de félicitations à Ianoukovitch, est toutefois tombé d'accord avec les dirigeants européens, lors d'un sommet UE-Russie à La Haye, pour appeler à une «approche pacifique» afin de résoudre la crise politique en Ukraine.
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