Le Royaume-Uni est accusé de bloquer la déclaration des droits des indigènes
26 novembre 2004
International
Londres — Trois représentants de peuples autochtones ont accusé hier le gouvernement britannique de bloquer le projet de déclaration des droits des populations indigènes aux Nations unies alors que les débats sur le texte doivent prendre fin la semaine prochaine.
Dalee Sambo Dorough, Inuit originaire d'Alaska, Armand McKenzie et Roméo Saganash, membres des peuples innu et cri du Québec, ont plaidé leur cause auprès d'Eric Avebury, un lord britannique qui a promis de soutenir leur combat.
Selon eux, les dernières négociations sur cette déclaration ont failli capoter devant la volonté du gouvernement britannique de supprimer toute référence aux «droits collectifs» des indigènes.
Les États-Unis, l'Australie ou le Canada sont également opposés à l'adoption de cette déclaration.
Et la France
La France aussi a été mise en cause: «Jacques Chirac dit soutenir les peuples premiers mais, apparemment, son message n'est pas parvenu aux diplomates français, qui défendent une vision très étroite de la notion de droits collectifs», a déclaré M. McKenzie à l'AFP.
Mais le gouvernement britannique est clairement le plus «véhément», a accusé Dalee Sambo Dorough.
«Le gouvernement britannique "renie" son histoire en refusant aujourd'hui aux autochtones des droits collectifs, notamment le droit à la terre, qu'il leur avait pourtant reconnus il y a des siècles», a ajouté M. McKenzie.
«La Couronne britannique a pourtant signé des centaines de traités avec des Indiens d'Amérique du Nord ou avec des Maoris de Nouvelle-Zélande», a-t-il souligné.
Pourquoi?
«Nous ne savons pas vraiment pourquoi le Royaume-Uni s'oppose au texte: nous avons envoyé une lettre à Tony Blair en septembre, mais il ne nous a pas répondu», a expliqué Roméo Saganash, représentant du Grand Conseil des Cris.
«Entre autres hypothèses, nous pouvons supposer que le Royaume-Uni agit stratégiquement en calquant sa position sur celle des États-Unis ou en succombant aux pressions exercées par ses entreprises implantées sur les territoires indigènes», a-t-il avancé.
Après une dizaine d'années de consultation, un projet de déclaration de 45 articles a été rédigé par le Groupe de travail des Nations unies sur les populations autochtones, créé en 1982.
Si le Royaume-Uni acceptait le texte de cette déclaration à la dixième et dernière réunion de ce groupe de travail, la semaine prochaine, ce dernier pourrait alors être soumis à l'Assemblée générale de l'ONU et devenir une résolution.
Dans le cas contraire, le Groupe de travail devra demander une extension pour retravailler le texte de la déclaration, déjà approuvé par la sous-commission des droits de l'homme.
Il existe dans le monde 5000 peuples autochtones, représentant environ 300 millions de personnes, soit 5 % de la population mondiale, disséminés dans quelque 70 pays. 80 % d'entre eux vivraient aujourd'hui en deçà du seuil de pauvreté.
Il n'existe à ce jour qu'un seul texte international sur les peuples indigènes, la Convention sur les droits des populations autochtones et tribales, adoptée par l'Organisation internationale du travail (OIT) en 1957 et révisée en 1989.
Dalee Sambo Dorough, Inuit originaire d'Alaska, Armand McKenzie et Roméo Saganash, membres des peuples innu et cri du Québec, ont plaidé leur cause auprès d'Eric Avebury, un lord britannique qui a promis de soutenir leur combat.
Selon eux, les dernières négociations sur cette déclaration ont failli capoter devant la volonté du gouvernement britannique de supprimer toute référence aux «droits collectifs» des indigènes.
Les États-Unis, l'Australie ou le Canada sont également opposés à l'adoption de cette déclaration.
Et la France
La France aussi a été mise en cause: «Jacques Chirac dit soutenir les peuples premiers mais, apparemment, son message n'est pas parvenu aux diplomates français, qui défendent une vision très étroite de la notion de droits collectifs», a déclaré M. McKenzie à l'AFP.
Mais le gouvernement britannique est clairement le plus «véhément», a accusé Dalee Sambo Dorough.
«Le gouvernement britannique "renie" son histoire en refusant aujourd'hui aux autochtones des droits collectifs, notamment le droit à la terre, qu'il leur avait pourtant reconnus il y a des siècles», a ajouté M. McKenzie.
«La Couronne britannique a pourtant signé des centaines de traités avec des Indiens d'Amérique du Nord ou avec des Maoris de Nouvelle-Zélande», a-t-il souligné.
Pourquoi?
«Nous ne savons pas vraiment pourquoi le Royaume-Uni s'oppose au texte: nous avons envoyé une lettre à Tony Blair en septembre, mais il ne nous a pas répondu», a expliqué Roméo Saganash, représentant du Grand Conseil des Cris.
«Entre autres hypothèses, nous pouvons supposer que le Royaume-Uni agit stratégiquement en calquant sa position sur celle des États-Unis ou en succombant aux pressions exercées par ses entreprises implantées sur les territoires indigènes», a-t-il avancé.
Après une dizaine d'années de consultation, un projet de déclaration de 45 articles a été rédigé par le Groupe de travail des Nations unies sur les populations autochtones, créé en 1982.
Si le Royaume-Uni acceptait le texte de cette déclaration à la dixième et dernière réunion de ce groupe de travail, la semaine prochaine, ce dernier pourrait alors être soumis à l'Assemblée générale de l'ONU et devenir une résolution.
Dans le cas contraire, le Groupe de travail devra demander une extension pour retravailler le texte de la déclaration, déjà approuvé par la sous-commission des droits de l'homme.
Il existe dans le monde 5000 peuples autochtones, représentant environ 300 millions de personnes, soit 5 % de la population mondiale, disséminés dans quelque 70 pays. 80 % d'entre eux vivraient aujourd'hui en deçà du seuil de pauvreté.
Il n'existe à ce jour qu'un seul texte international sur les peuples indigènes, la Convention sur les droits des populations autochtones et tribales, adoptée par l'Organisation internationale du travail (OIT) en 1957 et révisée en 1989.
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