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Le chauffeur des otages français est retrouvé vivant à Fallouja

N/A ZZZN/A   13 novembre 2004  International
Fallouja — Le chauffeur syrien des deux journalistes français Georges Malbrunot et Christian Chesnot, enlevés en août dernier en Irak, a été retrouvé par les Marines américains au cours de leur offensive d'envergure sur le bastion sunnite de Fallouja.

«Nous pouvons confirmer que le chauffeur des deux otages français a été secouru», a indiqué hier un porte-parole de l'armée américaine, affirmant n'avoir aucune information sur le sort des journalistes.

Le capitaine Ed Bitanga, des Marines, avait auparavant annoncé qu'un homme semblant être Mohammed al-Joundi avait été retrouvé menotté jeudi soir à Fallouja dans un lieu qui n'a pas été précisé. L'ex-otage a expliqué aux soldats américains qu'il avait été séparé des deux journalistes il y a environ un mois.

Le capitaine Bitanga a affirmé ne pas savoir ce qu'il était advenu des deux journalistes français, qui entrent dans leur 85e jour de captivité. Toutefois, il a ajouté qu'il n'avait aucune raison de croire qu'ils se trouvaient encore à Fallouja.

À Paris, les autorités françaises faisaient preuve de la plus grande prudence sur cette annonce. «Nous n'avons pas d'informations nouvelles et précises, a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous. On ne sait pas dans quelles conditions précises [il aurait été libéré]. Nos équipes à Bagdad sont en contact avec des homologues américains [de l'ambassade de Bagdad] pour essayer d'en savoir plus et vérifier cela», a-t-il ajouté.

De source diplomatique française, on ajoute que l'ambassadeur de France en Irak, Bernard Bajolet, est allé dans la «zone verte», siège du gouvernement et de la coalition à Bagdad, pour «demander aux Américains de voir al-Joundi dès que ce sera possible», ce qui n'était pas encore le cas hier en fin de journée.

Le 20 août dernier, Christian Chesnot et George Malbrunot avaient disparu en compagnie de leur chauffeur syrien au cours d'un voyage vers la ville sainte chiite de Najaf. Une organisation islamiste baptisée «l'Armée islamique en Irak» avait revendiqué ces enlèvements et exigeait que Paris abroge la loi sur la laïcité, qui interdit tout signe religieux ostentatoire à l'école, notamment le foulard islamique.

L'ex-otage retrouvé par les Marines a expliqué aux responsables militaires américains que les trois hommes avaient été pris en embuscade sur l'autoroute alors qu'ils se rendaient à Najaf pour interviewer le grand ayatollah Ali al-Sistani. Ils ont été enlevés par des hommes circulant à bord de deux voitures, une Mercedes blanche et une voiture de fabrication sud-coréenne.

D'autres otages

Selon le capitaine Bitanga, Mohammed al-Joundi a eu les yeux bandés et a été interrogé par ses ravisseurs, mais il a pu entrevoir un drapeau noir frappé de deux sabres croisés. Le Syrien a également déclaré avoir vu plusieurs otages, parmi lesquels deux ressortissants tchèques, dont un était blessé. Il n'a pas précisé combien d'autres otages il avait vus.

Depuis leur enlèvement, le gouvernement français a déployé des efforts intensifs pour obtenir la libération de Christian Chesnot, 37 ans, qui travaille pour RFI, et Georges Malbrunot, 41 ans, collaborateur du Figaro et de RTL.

Mercredi, le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin avait encore déclaré avoir reçu des informations «rassurantes» sur la santé des deux otages français en Irak, ajoutant qu'il pensait qu'ils se trouvaient toujours dans le «triangle sunnite», qui s'étend du nord à l'ouest de Bagdad et dans lequel se trouve Fallouja.

L'ex-otage a expliqué aux militaires américains qu'il avait été détenu jusqu'au début de la semaine, quand ses ravisseurs l'ont libéré à la veille de l'offensive américaine et lui ont dit de traverser l'Euphrate à la nage. Il a indiqué aux militaires qu'il ne savait pas nager et avait donc décidé de rester à l'endroit même où les Marines l'ont retrouvé.

Mercredi, les forces américaines et irakiennes avaient découvert à Fallouja ce que les responsables militaires ont baptisé d'«abattoirs à otages», où des étrangers étaient détenus et peut-être exécutés par des militants sunnites.






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