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Attaques meurtrières dans la zone verte de Bagdad

N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A   15 octobre 2004  International
Bagdad — Au moins 31 personnes ont été tuées dans une flambée de violence hier en Irak, dont un double attentat qui a frappé pour la première fois la zone verte, un périmètre ultra-sécurisé à Bagdad.

Cette attaque au coeur même du secteur le plus protégé d'Irak a été revendiquée par le groupe du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui. Elle s'apparente à un geste de défi du groupe Taouhid wa Djihad (Unicité divine et guerre sainte), dont l'armée américaine affirme bombarder les partisans à Fallouja.

Les deux explosions dans la zone verte se sont produites à cinq minutes d'intervalle, la première sur un bazar fréquenté par les Américains pour ses boutiques de souvenirs, la seconde dans un café voisin. Selon l'armée américaine, les bombes ont été transportées sur place par des piétons.

Quelque 10 000 Irakiens vivent au sein de ce complexe ultrafortifié sur la rive occidentale du Tigre abritant plusieurs ministères et les ambassades des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

D'autre part, un otage turc a été décapité. Chauffeur de camion accusé par ses ravisseurs d'approvisionner en vivres les forces américaines, l'otage turc a été décapité par des ravisseurs se présentant comme les lions héroïques de l'Armée d'Ansar al-Sunna, un groupe proche d'al-Qaïda.

En même temps, un Jordanien a été libéré contre le paiement d'une rançon de 50 000 $ douze jours après avoir été enlevé par des membres des Brigades de l'imam Ali.

Au coeur de la capitale irakienne, deux attentats ont fait dix morts, dont quatre Américains, dans le périmètre ultraprotégé de la zone verte qui abrite les ambassades américaine et britannique ainsi que les bureaux du gouvernement intérimaire irakien.

Les quatre Américains tués étaient des agents de sécurité appartenant à une société privée, a déclaré le porte-parole du département américain des Affaires étrangères, Richard Boucher.

Un haut responsable de la force multinationale avait récemment prévenu d'une opération spectaculaire contre un objectif symbolique, comme la zone verte, à l'occasion du début du jeûne musulman du ramadan, qui commence aujourd'hui.

Ces deux attaques, dont l'une a été attribuée à un kamikaze, ont été revendiquées par le groupe du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui.

Quelques instants auparavant, dans l'est de la ville, un soldat américain a été tué et deux autres blessés dans l'explosion d'une bombe artisanale. Un autre soldat américain a été tué lorsque des inconnus ont ouvert le feu sur sa patrouille dans le centre de Bagdad.

Dans deux opérations distinctes menées à Bagdad, une journaliste, Dina Mohammed Hassan, travaillant pour une télévision kurde, a été assassinée par des inconnus devant sa maison. À la même heure, un juge d'instruction irakien du district de Roussafa a été tué de plusieurs balles alors qu'il sortait de chez lui.

D'autre part, l'aviation américaine a lancé trois raids sur des repaires présumés de l'islamiste Abou Moussab al-Zarqaoui à Fallouja, qui ont fait cinq morts et 16 blessés, selon une source hospitalière.

La ville a subi un autre raid de l'aviation de la Force multinationale hier soir, ont affirmé des habitants du centre du bastion sunnite de l'ouest de Bagdad.

Auparavant, la délégation de Fallouja impliquée dans les tractations avec le gouvernement irakien avait annoncé la suspension des contacts pour protester contre les propos du premier ministre Iyad Allaoui menaçant la ville d'une offensive d'envergure.

À Quaïm, près de la frontière syrienne, 15 soldats de la garde nationale irakienne ont été tués dans une attaque contre leur poste dans la nuit de mercredi à hier. Aucune indication supplémentaire n'a été obtenue auprès de la direction de la police sur les circonstances de l'attaque ou sur les assaillants.

Deux officiers de l'armée irakienne, un général et un lieutenant-colonel de l'armée du régime déchu de Saddam Hussein qui ont rejoint les rangs de la nouvelle armée, ont également été tués par des inconnus qui ont ouvert le feu sur leur véhicule dans la ville de Baaqouba (nord-est de Bagdad).

En marge de ces violences qui ont fait au moins 33 morts depuis mardi soir, le président irakien Ghazi al-Yaouar a affirmé dans une déclaration publiée hier que la date des élections générales avait été fixée au 31 janvier. «Oui, la date [des élections] est le 31 janvier, mais cette date n'est pas sacrée», a-t-il déclaré dans un entretien publié par le quotidien arabe Asharq al-Awsat.

L'Irak est encore loin d'être prêt pour les élections pour des raisons techniques davantage que pour des raisons de sécurité, a cependant affirmé l'ex-ambassadeur irakien à Washington, Mme Rend Rahim.






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