Invitation irakienne à Blix - Les Occidentaux sceptiques
3 août 2002
International
Paris — Les pays occidentaux, contrairement à la Russie, ont réagi avec prudence, voire scepticisme, à l'invitation-surprise de l'Irak au chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU Hans Blix à venir à Bagdad pour discuter d'une reprise éventuelle des inspections.
L'initiative irakienne intervient au lendemain d'une nouvelle déclaration du président américain George W. Bush réaffirmant son intention de renverser le président Saddam Hussein, dont le pays est accusé par Washington de faire partie d'un «axe du mal».
Les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU ont réagi en ordre dispersé à la lettre envoyée jeudi par le ministre irakien des Affaires étrangères, Naji Sabri, invitant M. Blix — jusque-là tenu en suspicion par les dirigeants irakiens — à venir «dans les meilleurs délais» à Bagdad afin de «trouver un terrain d'entente» sur les questions techniques en suspens.
Pour sa part, l'ONU a estimé que la lettre irakienne s'écartait «des procédures mises en place par le Conseil de sécurité». «Bien qu'il accueille favorablement la lettre, qui est en conformité avec l'accord prévoyant le maintien des contacts, dont des discussions sur des questions techniques, la procédure proposée s'écarte de celle établie par le Conseil de sécurité dans ses résolutions de 1999», a déclaré hier Fred Eckhard, porte-parole des Nations unies. Il a ajouté que le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, discuterait lundi avec les membres du Conseil de sécurité de cette lettre.
Extrême prudence
Alors que la Russie a fait état d'un «pas important en direction d'un règlement de la crise» avec l'ONU, les États-Unis et la Grande-Bretagne se sont montrés sceptiques sur les intentions de Bagdad, tandis que Paris faisait montre d'une extrême prudence.
«Moscou considère la proposition irakienne comme un pas important en direction d'un règlement de la crise par des moyens politiques et diplomatiques dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité», a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères.
Moscou cherche depuis plusieurs mois à convaincre l'Irak de permettre un retour des inspecteurs de l'ONU en échange d'une levée totale de l'embargo contre ce pays.
Moscou et Pékin ont réclamé jeudi que le Conseil de sécurité joue un rôle déterminant dans un règlement du conflit entre l'Irak et les États-Unis sur le programme d'armement de Bagdad.
Mais les États-Unis, par la voix d'un haut responsable, ont émis hier des doutes sur la sincérité des intentions irakiennes, soulignant que le régime de Saddam Hussein était coutumier des annonces de bonne volonté non suivies d'effet.
Les Irakiens «savent clairement ce qu'on leur demande de faire» pour se conformer aux demandes de l'ONU sur leur désarmement et doivent «accorder un accès complet sans entrave» aux inspecteurs des Nations unies, a indiqué à l'AFP un responsable du département d'État sous couvert de l'anonymat.
Londres, proche allié de Washington, a également accueilli avec scepticisme l'offre de Bagdad. «Saddam [Hussein] est un habitué des manoeuvres de diversion. Son passé montre qu'il ne tient pas ses engagements», a déclaré le porte-parole du Foreign Office.
Paris s'est montré prudent, en réitérant son soutien à «tous les efforts qui peuvent conduire au respect par l'Irak de ses obligations internationales».
«Nous souhaitons que le dialogue entre les Nations unies et les autorités irakiennes se poursuive dans le cadre défini par les résolutions du Conseil tant sur un plan technique que sur un plan politique de manière à obtenir de Bagdad le retour des inspecteurs», a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Marie Masdupuy.
Les experts de l'UNSCOM, la Commission spéciale de l'ONU pour le désarmement irakien appelée maintenant UNMOVIC (Commission de surveillance, de vérification et d'inspection de l'ONU), avaient quitté l'Irak en décembre 1998 à la veille d'une campagne de frappes américano-britanniques.
L'initiative irakienne intervient au lendemain d'une nouvelle déclaration du président américain George W. Bush réaffirmant son intention de renverser le président Saddam Hussein, dont le pays est accusé par Washington de faire partie d'un «axe du mal».
Les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU ont réagi en ordre dispersé à la lettre envoyée jeudi par le ministre irakien des Affaires étrangères, Naji Sabri, invitant M. Blix — jusque-là tenu en suspicion par les dirigeants irakiens — à venir «dans les meilleurs délais» à Bagdad afin de «trouver un terrain d'entente» sur les questions techniques en suspens.
Pour sa part, l'ONU a estimé que la lettre irakienne s'écartait «des procédures mises en place par le Conseil de sécurité». «Bien qu'il accueille favorablement la lettre, qui est en conformité avec l'accord prévoyant le maintien des contacts, dont des discussions sur des questions techniques, la procédure proposée s'écarte de celle établie par le Conseil de sécurité dans ses résolutions de 1999», a déclaré hier Fred Eckhard, porte-parole des Nations unies. Il a ajouté que le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, discuterait lundi avec les membres du Conseil de sécurité de cette lettre.
Extrême prudence
Alors que la Russie a fait état d'un «pas important en direction d'un règlement de la crise» avec l'ONU, les États-Unis et la Grande-Bretagne se sont montrés sceptiques sur les intentions de Bagdad, tandis que Paris faisait montre d'une extrême prudence.
«Moscou considère la proposition irakienne comme un pas important en direction d'un règlement de la crise par des moyens politiques et diplomatiques dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité», a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères.
Moscou cherche depuis plusieurs mois à convaincre l'Irak de permettre un retour des inspecteurs de l'ONU en échange d'une levée totale de l'embargo contre ce pays.
Moscou et Pékin ont réclamé jeudi que le Conseil de sécurité joue un rôle déterminant dans un règlement du conflit entre l'Irak et les États-Unis sur le programme d'armement de Bagdad.
Mais les États-Unis, par la voix d'un haut responsable, ont émis hier des doutes sur la sincérité des intentions irakiennes, soulignant que le régime de Saddam Hussein était coutumier des annonces de bonne volonté non suivies d'effet.
Les Irakiens «savent clairement ce qu'on leur demande de faire» pour se conformer aux demandes de l'ONU sur leur désarmement et doivent «accorder un accès complet sans entrave» aux inspecteurs des Nations unies, a indiqué à l'AFP un responsable du département d'État sous couvert de l'anonymat.
Londres, proche allié de Washington, a également accueilli avec scepticisme l'offre de Bagdad. «Saddam [Hussein] est un habitué des manoeuvres de diversion. Son passé montre qu'il ne tient pas ses engagements», a déclaré le porte-parole du Foreign Office.
Paris s'est montré prudent, en réitérant son soutien à «tous les efforts qui peuvent conduire au respect par l'Irak de ses obligations internationales».
«Nous souhaitons que le dialogue entre les Nations unies et les autorités irakiennes se poursuive dans le cadre défini par les résolutions du Conseil tant sur un plan technique que sur un plan politique de manière à obtenir de Bagdad le retour des inspecteurs», a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Marie Masdupuy.
Les experts de l'UNSCOM, la Commission spéciale de l'ONU pour le désarmement irakien appelée maintenant UNMOVIC (Commission de surveillance, de vérification et d'inspection de l'ONU), avaient quitté l'Irak en décembre 1998 à la veille d'une campagne de frappes américano-britanniques.
Haut de la page

