Refoulé du sol américain - Cat Stevens entame une action en justice
24 septembre 2004 19h47
International
Londres — Le chanteur folk britannique Cat Stevens, converti à l’islam, a entamé une action en justice après s’être fait refuser l’entrée aux États-Unis cette semaine, dénonçant hier «l’injustice très grave» dont il a été victime dans un État qui se veut «le pays de la liberté».
«Nous avons entamé une action en justice pour découvrir ce qui se passe et pour prendre toutes les mesures nécessaires pour réparer l’injustice très grave et totalement sans fondement dont j’ai été victime», a annoncé Cat Stevens dans un communiqué. Le chanteur, qui se fait appeler Yusuf Islam depuis sa conversion à la religion musulmane, en 1977, s’est fait refuser mardi l’entrée sur le territoire américain pour des «raisons de sécurité nationale» et a été renvoyé à Londres.
«Je n’aurais jamais cru qu’une chose pareille puisse se produire au pays de la liberté», écrit-il, faisant référence à l’expression utilisée dans l’hymne américain, La Bannière étoilée. «Malheureusement, c’est arrivé.» «Après avoir vécu cette expulsion spectaculaire des États-Unis, il me semble être sur une planète différente de celle où j’étais il y a deux jours. Le monde a changé, certainement, et pas dans la bonne direction», explique-t-il.
Il raconte pour la première fois les événements, expliquant qu’il se rendait à Nashville avec sa fille pour travailler à un projet d’enregistrement. «Soudain, notre avion a été dérouté de 600 milles vers l’aéroport international de Bangor [Maine]. Je me suis retrouvé entouré de six policiers en uniforme et livré au FBI pour des interrogatoires», explique-t-il. «Le plus perturbant a été d’être séparé de ma fille, Maymanah, ne sachant pas comment elle allait, quand et où je pourrais la retrouver.»
«Et comme mon téléphone mobile m’a été confisqué, je ne pouvais pas joindre ma famille et elle ne pouvait pas me joindre non plus», explique-t-il. «Mes interrogateurs m’ont demandé à plusieurs reprises comment mon nom s’épelait. Il me semblait qu’ils m’avaient confondu avec quelqu’un d’autre», a-t-il rapporté.
«Des responsables de la sécurité m’ont finalement dit que mon nom était sur une liste de personnes interdites de voyager à bord d’avions aux États-Unis. J’étais classé avec les gens interdits d’accès aux États-Unis et j’ai été renvoyé à Londres», explique-t-il.
«La chose extraordinaire est qu’on ne m’a pas donné, jusqu’à maintenant, la moindre explication sur ce dont on m’accuse et pourquoi je suis maintenant considéré comme une menace à la sécurité, et encore moins donné l’occasion de répondre à ces allégations», explique-t-il. «On m’a simplement dit que l’ordre venait d’en haut», relève-t-il.
Straw se plaint
Le refoulement de Cat Stevens a donné lieu à l’expression rarissime d’une critique publique de la part de Londres à l’égard de son allié le plus proche. Le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a exprimé sa désapprobation à son homologue Colin Powell mercredi. Celui-ci a toutefois justifié le refoulement du chanteur tout en reconnaissant que les États-Unis n’avaient «pas d’accusation formelle contre lui».
Cat Stevens, né Steven Georgiou d’un père chypriote grec et d’une mère suédoise, a délaissé sa carrière musicale depuis sa conversion à l’islam, en 1977. Il est le fondateur d’une école musulmane située au nord de Londres, Islamia School.
Il s’était déjà fait refouler en 2000 d’Israël, qui le soupçonnait d’avoir soutenu financièrement des groupes liés au terrorisme, dont le Hamas. «Je suis un homme de paix et je dénonce toutes les formes de terrorisme et d’injustice. Il est scandaleux de la part des États-Unis de suggérer le contraire», a-t-il affirmé hier.
«Nous avons entamé une action en justice pour découvrir ce qui se passe et pour prendre toutes les mesures nécessaires pour réparer l’injustice très grave et totalement sans fondement dont j’ai été victime», a annoncé Cat Stevens dans un communiqué. Le chanteur, qui se fait appeler Yusuf Islam depuis sa conversion à la religion musulmane, en 1977, s’est fait refuser mardi l’entrée sur le territoire américain pour des «raisons de sécurité nationale» et a été renvoyé à Londres.
«Je n’aurais jamais cru qu’une chose pareille puisse se produire au pays de la liberté», écrit-il, faisant référence à l’expression utilisée dans l’hymne américain, La Bannière étoilée. «Malheureusement, c’est arrivé.» «Après avoir vécu cette expulsion spectaculaire des États-Unis, il me semble être sur une planète différente de celle où j’étais il y a deux jours. Le monde a changé, certainement, et pas dans la bonne direction», explique-t-il.
Il raconte pour la première fois les événements, expliquant qu’il se rendait à Nashville avec sa fille pour travailler à un projet d’enregistrement. «Soudain, notre avion a été dérouté de 600 milles vers l’aéroport international de Bangor [Maine]. Je me suis retrouvé entouré de six policiers en uniforme et livré au FBI pour des interrogatoires», explique-t-il. «Le plus perturbant a été d’être séparé de ma fille, Maymanah, ne sachant pas comment elle allait, quand et où je pourrais la retrouver.»
«Et comme mon téléphone mobile m’a été confisqué, je ne pouvais pas joindre ma famille et elle ne pouvait pas me joindre non plus», explique-t-il. «Mes interrogateurs m’ont demandé à plusieurs reprises comment mon nom s’épelait. Il me semblait qu’ils m’avaient confondu avec quelqu’un d’autre», a-t-il rapporté.
«Des responsables de la sécurité m’ont finalement dit que mon nom était sur une liste de personnes interdites de voyager à bord d’avions aux États-Unis. J’étais classé avec les gens interdits d’accès aux États-Unis et j’ai été renvoyé à Londres», explique-t-il.
«La chose extraordinaire est qu’on ne m’a pas donné, jusqu’à maintenant, la moindre explication sur ce dont on m’accuse et pourquoi je suis maintenant considéré comme une menace à la sécurité, et encore moins donné l’occasion de répondre à ces allégations», explique-t-il. «On m’a simplement dit que l’ordre venait d’en haut», relève-t-il.
Straw se plaint
Le refoulement de Cat Stevens a donné lieu à l’expression rarissime d’une critique publique de la part de Londres à l’égard de son allié le plus proche. Le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a exprimé sa désapprobation à son homologue Colin Powell mercredi. Celui-ci a toutefois justifié le refoulement du chanteur tout en reconnaissant que les États-Unis n’avaient «pas d’accusation formelle contre lui».
Cat Stevens, né Steven Georgiou d’un père chypriote grec et d’une mère suédoise, a délaissé sa carrière musicale depuis sa conversion à l’islam, en 1977. Il est le fondateur d’une école musulmane située au nord de Londres, Islamia School.
Il s’était déjà fait refouler en 2000 d’Israël, qui le soupçonnait d’avoir soutenu financièrement des groupes liés au terrorisme, dont le Hamas. «Je suis un homme de paix et je dénonce toutes les formes de terrorisme et d’injustice. Il est scandaleux de la part des États-Unis de suggérer le contraire», a-t-il affirmé hier.
Haut de la page

