Nations unies - Bush persiste et signe: l'Afghanistan et l'Irak sont sur la bonne voie
22 septembre 2004
International
Photo : Agence Reuters
Le président des États-Unis, George W. Bush, après son allocution devant l’Assemblée générale des Nations Unies.
New York — L'Irak et l'Afghanistan sont sur la voie de la démocratie et de la stabilité, et tous deux seront bientôt des exemples pour l'ensemble du Moyen-Orient, a affirmé hier George Bush dans un discours prononcé devant l'Assemblée générale des Nations unies.
«Il y a peu, des régimes hors la loi à Bagdad et à Kaboul menaçaient la paix et soutenaient le terrorisme [...]. Aujourd'hui, les peuples irakien et afghan sont sur la voie de la démocratie et de la liberté», a poursuivi le président des États-Unis, qui briguera un nouveau mandat dans six semaines.
Washington, a-t-il martelé en présence du chef du gouvernement intérimaire irakien, Iyad Allaoui, et du président afghan Hamid Karzaï, mènera cette mission à bien en dépit des violences quotidiennes, du chantage des preneurs d'otages et des exécutions.
Les chefs d'État et de gouvernement réunis à New York pour l'occasion lui ont prêté une oreille attentive mais se sont contentés d'applaudissements polis à l'issue de sa quatrième intervention à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU.
Annan mieux reçu
Kofi Annan, secrétaire général de l'organisation, avait auparavant suscité davantage d'enthousiasme en exhortant les dirigeants du monde, y compris ceux de la première puissance, à se conformer au droit international.
«Encore et encore, nous constatons que les droits fondamentaux sont honteusement ignorés, à savoir ceux qui exigent que l'on respecte les vies innocentes, les civils, les personnes vulnérables et notamment les enfants», a-t-il souligné dans son discours d'ouverture de session annuelle de l'Assemblée générale.
En Irak, a-t-il déploré, des civils sont tués de sang froid tandis que des employés d'ONG et des journalistes — entre autres — sont «pris en otages et mis à mort de la manière la plus barbare». «En même temps, nous avons constaté des sévices indignes à l'encontre des prisonniers irakiens», a poursuivi Annan, évoquant les détenus de la prison d'Abou Ghraïb dont les images ont fait la une des journaux du monde entier.
Autre son de cloche
Succédant à Annan et à Bush à la tribune, le président suisse Joseph Deiss et le président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, ont tous deux mis en cause le bien-fondé du recours à la force en Irak.
«L'expérience montre que les initiatives mises en oeuvre sans mandat clairement défini dans le cadre d'une résolution du Conseil de sécurité sont vouées à l'échec», a souligné le premier.
«La paix demande davantage de détermination et d'héroïsme que la guerre», a tranché le second. «Pour cette raison, mon gouvernement a décidé de ne pas être représenté militairement en Irak», a poursuivi Zapatero, revenant sur le rapatriement du contingent espagnol au lendemain de la victoire du PSOE aux législatives de mars.
Bush persiste
Ignorant les critiques européennes comme celles de son adversaire démocrate John Kerry, Bush a de nouveau justifié le recours à la force par la nécessité de combattre le terrorisme et la prolifération des armes non conventionnelles, bien qu'aucune trace n'en ait été découverte en Irak.
La coalition emmenée par les États-Unis, a-t-il insisté, affronte les «terroristes» et les mercenaires étrangers en Irak. «Ainsi, les nations du monde entier n'auront jamais à les affronter à l'intérieur de leurs propres frontières.»
«En définitive, on n'obtient pas la sécurité en détournant le regard, on ne s'assure pas une vie tranquille en ignorant les combats et l'oppression des autres.»
L'actuel locataire de la Maison-Blanche a en outre profité de la tribune onusienne pour relancer son initiative en faveur du «Grand Moyen-Orient». Le projet, qui vise à promouvoir la démocratie dans la région, a obtenu l'appui marqué de l'émir du Qatar, où se trouve le QG des forces américaines dans la région.
«Les réformes politiques et la participation du peuple dans le processus de décision ne sont plus des choix mais des nécessités», a déclaré le cheik Hamad ben Khalifa al-Thani. «Il n'est pas exagéré de dire qu'elles sont devenues des impératifs», a insisté le souverain. «Nous devons être unis pour gagner cette bataille [...] et offrir la démocratie à l'Irak», a renchéri Silvan Shalom, chef de la diplomatie israélienne. «Si nous y parvenons, d'autres États du Moyen-Orient réclameront la démocratie.»
Kerry: Bush a perdu toute crédibilité
D'autre part, le candidat démocrate à la Maison-Blanche John Kerry a estimé que le président George W. Bush avait perdu toute crédibilité auprès de la communauté internationale en manquant une occasion de la convaincre devant l'Assemblée générale de l'ONU.
Au cours d'une rare conférence de presse à Jacksonville, en Floride, John Kerry a jugé que George W. Bush «avait manqué une occasion très importante pour notre pays et notre monde» en ne «réussissant pas à parler clairement aux dirigeants» réunis pour l'Assemblée générale des Nations unies. «Le président doit s'adapter au monde réel», a-t-il affirmé, ajoutant que «George W. Bush n'a pas la crédibilité pour mener le monde».
Devant l'ONU, M. Bush «a donné la leçon» aux dirigeants réunis «au lieu de leur montrer la voie», a ajouté le sénateur du Massachusetts. «Nous avons besoin d'une approche fondamentalement différente afin de réussir en Irak», selon lui.
Après son discours à l'ONU, M. Bush avait déclaré que John Kerry n'était pas crédible sur la question de l'Irak. «Mon adversaire a exprimé tant de positions différentes sur l'Irak que ses déclarations ne sont plus du tout crédibles», a déclaré le président républicain.
«Il y a peu, des régimes hors la loi à Bagdad et à Kaboul menaçaient la paix et soutenaient le terrorisme [...]. Aujourd'hui, les peuples irakien et afghan sont sur la voie de la démocratie et de la liberté», a poursuivi le président des États-Unis, qui briguera un nouveau mandat dans six semaines.
Washington, a-t-il martelé en présence du chef du gouvernement intérimaire irakien, Iyad Allaoui, et du président afghan Hamid Karzaï, mènera cette mission à bien en dépit des violences quotidiennes, du chantage des preneurs d'otages et des exécutions.
Les chefs d'État et de gouvernement réunis à New York pour l'occasion lui ont prêté une oreille attentive mais se sont contentés d'applaudissements polis à l'issue de sa quatrième intervention à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU.
Annan mieux reçu
Kofi Annan, secrétaire général de l'organisation, avait auparavant suscité davantage d'enthousiasme en exhortant les dirigeants du monde, y compris ceux de la première puissance, à se conformer au droit international.
«Encore et encore, nous constatons que les droits fondamentaux sont honteusement ignorés, à savoir ceux qui exigent que l'on respecte les vies innocentes, les civils, les personnes vulnérables et notamment les enfants», a-t-il souligné dans son discours d'ouverture de session annuelle de l'Assemblée générale.
En Irak, a-t-il déploré, des civils sont tués de sang froid tandis que des employés d'ONG et des journalistes — entre autres — sont «pris en otages et mis à mort de la manière la plus barbare». «En même temps, nous avons constaté des sévices indignes à l'encontre des prisonniers irakiens», a poursuivi Annan, évoquant les détenus de la prison d'Abou Ghraïb dont les images ont fait la une des journaux du monde entier.
Autre son de cloche
Succédant à Annan et à Bush à la tribune, le président suisse Joseph Deiss et le président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, ont tous deux mis en cause le bien-fondé du recours à la force en Irak.
«L'expérience montre que les initiatives mises en oeuvre sans mandat clairement défini dans le cadre d'une résolution du Conseil de sécurité sont vouées à l'échec», a souligné le premier.
«La paix demande davantage de détermination et d'héroïsme que la guerre», a tranché le second. «Pour cette raison, mon gouvernement a décidé de ne pas être représenté militairement en Irak», a poursuivi Zapatero, revenant sur le rapatriement du contingent espagnol au lendemain de la victoire du PSOE aux législatives de mars.
Bush persiste
Ignorant les critiques européennes comme celles de son adversaire démocrate John Kerry, Bush a de nouveau justifié le recours à la force par la nécessité de combattre le terrorisme et la prolifération des armes non conventionnelles, bien qu'aucune trace n'en ait été découverte en Irak.
La coalition emmenée par les États-Unis, a-t-il insisté, affronte les «terroristes» et les mercenaires étrangers en Irak. «Ainsi, les nations du monde entier n'auront jamais à les affronter à l'intérieur de leurs propres frontières.»
«En définitive, on n'obtient pas la sécurité en détournant le regard, on ne s'assure pas une vie tranquille en ignorant les combats et l'oppression des autres.»
L'actuel locataire de la Maison-Blanche a en outre profité de la tribune onusienne pour relancer son initiative en faveur du «Grand Moyen-Orient». Le projet, qui vise à promouvoir la démocratie dans la région, a obtenu l'appui marqué de l'émir du Qatar, où se trouve le QG des forces américaines dans la région.
«Les réformes politiques et la participation du peuple dans le processus de décision ne sont plus des choix mais des nécessités», a déclaré le cheik Hamad ben Khalifa al-Thani. «Il n'est pas exagéré de dire qu'elles sont devenues des impératifs», a insisté le souverain. «Nous devons être unis pour gagner cette bataille [...] et offrir la démocratie à l'Irak», a renchéri Silvan Shalom, chef de la diplomatie israélienne. «Si nous y parvenons, d'autres États du Moyen-Orient réclameront la démocratie.»
Kerry: Bush a perdu toute crédibilité
D'autre part, le candidat démocrate à la Maison-Blanche John Kerry a estimé que le président George W. Bush avait perdu toute crédibilité auprès de la communauté internationale en manquant une occasion de la convaincre devant l'Assemblée générale de l'ONU.
Au cours d'une rare conférence de presse à Jacksonville, en Floride, John Kerry a jugé que George W. Bush «avait manqué une occasion très importante pour notre pays et notre monde» en ne «réussissant pas à parler clairement aux dirigeants» réunis pour l'Assemblée générale des Nations unies. «Le président doit s'adapter au monde réel», a-t-il affirmé, ajoutant que «George W. Bush n'a pas la crédibilité pour mener le monde».
Devant l'ONU, M. Bush «a donné la leçon» aux dirigeants réunis «au lieu de leur montrer la voie», a ajouté le sénateur du Massachusetts. «Nous avons besoin d'une approche fondamentalement différente afin de réussir en Irak», selon lui.
Après son discours à l'ONU, M. Bush avait déclaré que John Kerry n'était pas crédible sur la question de l'Irak. «Mon adversaire a exprimé tant de positions différentes sur l'Irak que ses déclarations ne sont plus du tout crédibles», a déclaré le président républicain.
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