La Turquie pourrait renoncer à son projet anti-adultère
15 septembre 2004
International
Ankara — Ankara devrait renoncer à son projet de criminalisation de l'adultère. Article très contesté de sa refonte du code pénal, cette mesure a été rejetée hier par l'opposition, ce qui devrait signer son arrêt de mort puisque le gouvernement turc a promis de ne légiférer que sur les dispositions faisant l'objet d'un consensus.
Cet article avait été vivement critiqué par les groupes de défense des droits des femmes et avait fait l'objet de mises en garde de la part de l'Union européenne alors que les Vingt-cinq doivent décider d'ici la fin de l'année s'ils ouvrent ou non des négociations sur l'adhésion de la Turquie.
La disposition visant à criminaliser l'adultère n'est que l'une des nombreuses mesures contenues dans ce projet de refonte du code pénal turc vieux de 78 ans. Mais elle avait cristallisé tous les mécontentements.
Conscient des risques encourus, le ministre turc de la Justice, Cemil Cicek, avait annoncé, à l'issue d'une rencontre avec le chef de l'opposition, que seuls les articles faisant l'objet d'un consensus entre la majorité et l'opposition au Parlement seraient débattus et soumis au vote des députés.
Or, Ali Topuz, parlementaire influent du Parti républicain du peuple (CHP, opposition de centre-gauche), avait annoncé clairement l'opposition de sa formation à cette mesure. «Nous sommes catégoriquement opposés à la proposition sur l'adultère, et donc elle ne sera pas débattue», a-t-il déclaré à la chaîne privée CNN-Turk.
Dans la journée, plusieurs centaines de femmes ont manifesté devant le Parlement turc pour dénoncer ce projet, tenant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Enlève tes mains de mon corps» ou encore: «Non à un code pénal dominé par les hommes».
Le député de l'opposition, Erdal Karadeniz, a fait part de son opposition à ce projet, rappelant que «l'adultère n'était pas un crime dans les pays européens». «C'est un crime dans les pays gouvernés par la charia [loi islamique]. La Turquie ne devrait pas en arriver jusque-là.»
La réforme du code pénal est théoriquement destinée à faciliter la candidature de la Turquie à l'entrée dans l'Union européenne, mais les dirigeants européens ont prévenu Ankara que l'amendement anti-adultère pourrait au contraire saper ses chances.
Les autres articles de la réforme prévoient notamment des condamnations plus lourdes pour les violeurs, pédophiles, tortionnaires, trafiquants d'êtres humains et meurtriers d'enfants nés hors du mariage. Le projet gouvernemental reconnaît également le viol conjugal et le harcèlement sexuel comme des délits.
Cet article avait été vivement critiqué par les groupes de défense des droits des femmes et avait fait l'objet de mises en garde de la part de l'Union européenne alors que les Vingt-cinq doivent décider d'ici la fin de l'année s'ils ouvrent ou non des négociations sur l'adhésion de la Turquie.
La disposition visant à criminaliser l'adultère n'est que l'une des nombreuses mesures contenues dans ce projet de refonte du code pénal turc vieux de 78 ans. Mais elle avait cristallisé tous les mécontentements.
Conscient des risques encourus, le ministre turc de la Justice, Cemil Cicek, avait annoncé, à l'issue d'une rencontre avec le chef de l'opposition, que seuls les articles faisant l'objet d'un consensus entre la majorité et l'opposition au Parlement seraient débattus et soumis au vote des députés.
Or, Ali Topuz, parlementaire influent du Parti républicain du peuple (CHP, opposition de centre-gauche), avait annoncé clairement l'opposition de sa formation à cette mesure. «Nous sommes catégoriquement opposés à la proposition sur l'adultère, et donc elle ne sera pas débattue», a-t-il déclaré à la chaîne privée CNN-Turk.
Dans la journée, plusieurs centaines de femmes ont manifesté devant le Parlement turc pour dénoncer ce projet, tenant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Enlève tes mains de mon corps» ou encore: «Non à un code pénal dominé par les hommes».
Le député de l'opposition, Erdal Karadeniz, a fait part de son opposition à ce projet, rappelant que «l'adultère n'était pas un crime dans les pays européens». «C'est un crime dans les pays gouvernés par la charia [loi islamique]. La Turquie ne devrait pas en arriver jusque-là.»
La réforme du code pénal est théoriquement destinée à faciliter la candidature de la Turquie à l'entrée dans l'Union européenne, mais les dirigeants européens ont prévenu Ankara que l'amendement anti-adultère pourrait au contraire saper ses chances.
Les autres articles de la réforme prévoient notamment des condamnations plus lourdes pour les violeurs, pédophiles, tortionnaires, trafiquants d'êtres humains et meurtriers d'enfants nés hors du mariage. Le projet gouvernemental reconnaît également le viol conjugal et le harcèlement sexuel comme des délits.
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