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Irak - La libération des otages français continue à se faire attendre

4 septembre 2004  International
Ajay Verma reuters - Sukhdev Singh, un des otages indiens relâchés, était de retour hier dans son village.
Photo : Agence Reuters
Ajay Verma reuters - Sukhdev Singh, un des otages indiens relâchés, était de retour hier dans son village.
Bagdad — La France s'activait hier pour obtenir la libération de ses deux journalistes retenus en otages en Irak mais un dénouement imminent apparaissait incertain, alors que sur le terrain des tirs attribués aux Américains ont fait quatre morts à Fallouja. Après avoir été annoncée comme une question d'heures, la libération des deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, est apparemment redevenue une affaire de jours, selon les propos de Sylvie Cherpin, la compagne de Georges Malbrunot.

«La libération n'est pas imminente» [...]. On m'a dit que ce n'était pas une question d'heures, mais que cela risquait d'être une question de jours», a-t-elle déclaré devant des journalistes à Montaiguet-en-Forez (Allier), le village dont est originaire Georges Malbrunot. De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, poursuivait hier soir à Amman son travail «de contacts et de coordination» pour leur libération, a souligné à l'AFP la porte-parole adjointe, Cécile Pozzo di Borgo.

Mme Pozzo di Borgo n'a pas évoqué la nature de ces contacts, et s'est refusée à confirmer ou infirmer les rumeurs selon lesquelles les deux Français ne seraient plus entre les mains de l'Armée islamique en Irak.

Hier après-midi, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait fait part de sa «prudence» mais aussi de sa «confiance» quant au sort des deux journalistes. «Nous avons des informations positives mais il y a des étapes à franchir. Prudence, mais confiance», a-t-il notamment déclaré. Selon Sylvie Cherpin, informée régulièrement par téléphone de l'évolution de la situation, les deux otages «sont vivants, bien traités, mais pas hors de danger». Et, «ce n'est pas gagné», a-t-elle dit, en expliquant avoir été mise en garde jeudi contre «l'emballement médiatique».

Sur le terrain, quatre Irakiens (deux soldats et deux civils) ont été tués et six civils ont été blessés hier par des tirs d'artillerie apparemment américains dans le bastion sunnite de Fallouja, à l'ouest de Bagdad, selon des sources irakiennes. Un porte-parole de l'armée américaine, le lieutenant-colonel Thomas V. Johnson, a toutefois démenti la chose, affirmant que l'armée ne disposait d'aucune information sur un tel drame.

Les tirs se sont produits dans le quartier résidentiel Chouhada, dans le sud-est de la ville, a déclaré à l'AFP le docteur Raëd Mohammad de l'hôpital général de Fallouja, en ajoutant que quatre blessés se trouvaient dans un état grave. Un char s'est approché d'une base de l'armée irakienne en bordure de ce quartier et a ouvert le feu, a déclaré de son côté le lieutenant irakien Ahmed Khoudaïr. Fallouja, ville rebelle située à 50 km à l'ouest de Bagdad, est souvent le théâtre d'affrontements entre la guérilla et les forces américaines.

Concernant les otages français, cheikh Abdel Salam al-Kobeissi, un dirigeant du Comité des oulémas musulmans, l'organisation la plus représentative des sunnites irakiens a indiqué hier qu'ils étaient «hors de danger» et leur «libération est une question de temps».

Selon un diplomate ayant requis l'anonymat, le sort des journalistes a donné lieu, depuis jeudi, à plusieurs déclarations «totalement infondées» à la suite de «l'emballement» provoqué par l'annonce de leur possible libération. «La situation est telle en Irak qu'il suffit de peu de choses pour tout faire capoter», a-t-il ajouté. Christian Chesnot et Georges Malbrunot ont été enlevés le 20 août avec leur chauffeur syrien sur la route entre Bagdad et Najaf. Le groupe islamiste qui les retient en otage, «l'Armée islamique en Irak», exige que la France abroge une loi interdisant les signes religieux ostensibles à l'école, dont le voile islamique. Cette loi est entrée en vigueur jeudi. Sans céder à l'exigence des ravisseurs, la France a multiplié les initiatives pour tenter d'obtenir leur libération.

Les trois ex-otages indiens en Irak, libérés mercredi, sont par ailleurs arrivés hier à New Delhi où ils ont raconté avoir été «bien traités» par leurs ravisseurs durant leur six semaines de détention.






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