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Débat sur le renforcement de la mission des pays africains au Darfour

3 septembre 2004  International
New York — Le débat au Conseil de sécurité des Nations unies sur le Darfour porte désormais sur l'opportunité de renforcer la présence de l'Union africaine (UA) sur le terrain, l'éventualité de sanctions contre le Soudan étant repoussée d'au moins un mois.

Après Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, mercredi, son envoyé spécial pour le Soudan, Jan Pronk, a préconisé à son tour hier un accroissement, en nombre mais aussi en moyens, de la présence interafricaine au Darfour. «Nous appelons le gouvernement [soudanais], s'il n'est pas capable de protéger pleinement lui-même ses citoyens, à rechercher, demander et accepter l'assistance de la communauté internationale», a dit M. Pronk. Et le meilleur moyen, a-t-il précisé, serait d'«étendre le mandat de la mission [africaine] de surveillance du cessez-le-feu» et d'«augmenter le nombre de ses membres».

Il y a actuellement quelque 120 observateurs de l'UA au Darfour. Ils sont protégés par une force de l'UA d'environ 300 hommes. M. Annan avait suggéré, le mois dernier, de porter cette présence à au moins 2000 hommes, mais Khartoum avait refusé.

M. Pronk a basé sa recommandation sur le constat que le gouvernement soudanais n'avait pas été en mesure de mettre fin aux violences au Darfour, depuis l'adoption fin juillet, par le Conseil, de la résolution 1556 qui lui demandait précisément cela, entre autres obligations, sous peine de sanctions.

La déposition de M. Pronk et le rapport de M. Annan déposé la veille constituent le premier bilan mensuel de l'action du gouvernement soudanais prévu par la résolution 1556.

Ce bilan n'est pas tendre pour Khartoum, puisque, selon M. Pronk, le gouvernement soudanais «n'a pas rempli ses obligations dans deux domaines clés. Il n'a pas été capable de mettre fin aux attaques des milices contre la population ni de désarmer ces milices [...] et aucune mesure concrète n'a encore été prise pour traduire en justice ni même pour identifier les chefs de ces milices et les auteurs de ces attaques.»

Mais le rapport fait tout de même état de «certains progrès», notamment dans l'accessibilité du Darfour aux organisations humanitaires, le désarmement des unités de l'armée, le renforcement de la police et la participation du gouvernement aux pourparlers de paix d'Abuja avec les groupes rebelles, sous l'égide de l'UA.

Cela devrait suffire à éloigner pour le moment le spectre de sanctions à l'égard de Khartoum, même si l'ambassadeur américain à l'ONU, John Danforth, a réitéré hier, devant la presse, que «les sanctions sont sur la table, il n'y a pas de doute là-dessus».

Le Darfour est le théâtre depuis 18 mois de combats entre l'armée régulière, soutenue par les milices arabes djandjaouids, et deux groupes rebelles. La guerre a fait entre 30 000 et 50 000 morts depuis février 2003, selon l'ONU.

La région est par ailleurs en proie à une grave crise humanitaire, avec plus de 1,2 million de déplacés et quelque 200 000 réfugiés installés au Tchad.






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