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Irak - Douze otages népalais assassinés

N/A ZZZN/A   1 septembre 2004  International
Bagdad — Douze otages népalais ont été assassinés en Irak, selon un site islamiste, alors que l'incertitude sur le sort de deux journalistes français demeurait, après l'expiration de l'ultimatum fixé par le groupe islamiste les ayant enlevés.

L'assassinat des douze Népalais est le plus grand massacre d'otages commis en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2003.

Ils ont été tués par un groupe islamiste, a rapporté hier le site Internet du groupe islamiste Ansar al-Sunna, proche d'al-Qaïda. Le site publie des photos et une vidéo très crues, montrant l'un des otages en train d'être égorgé, puis l'assassinat par balles des onze autres. Ce site avait publié le 20 août un communiqué annonçant l'enlèvement de ces Népalais, qui travaillaient avec les forces américaines en Irak, par un groupe islamiste jusque-là inconnu, le commandement militaire de l'Armée d'Ansar al-Sunna (partisans de la tradition).

Les autorités népalaises ont appelé la communauté internationale à «agir contre les auteurs de cette atrocité», tandis que Washington a condamné «ces actes barbares dans les termes les plus forts», selon le porte-parole du département d'État, Richard Boucher.

Le Népal avait refusé d'envoyer des forces en Irak, faisant valoir que son armée était en train de combattre une insurrection maoïste.

L'ultimatum concernant les deux otages français a expiré hier soir sans qu'aucune nouvelle de Christian Chesnot, de Radio France, et de Georges Malbrunot, envoyé spécial du quotidien Figaro, n'ait été donnée par l'Armée islamique en Irak, qui a revendiqué leur enlèvement.

Les deux Français étaient apparus, lundi soir, sur une vidéo diffusée par la chaîne qatarie al-Jazira, pour affirmer que leur vie était en danger si la loi interdisant le voile islamique dans les écoles publiques en France n'était pas abrogée.

«J'exhorte les citoyens français à manifester contre cette loi et à demander à l'abroger parce que c'est une loi inique et erronée. Si elle n'est pas annulée, nous risquons de le payer de notre vie. C'est une question de temps, peut-être de minutes, et nous ferons partie des morts», a dit Christian Chesnot, qui a disparu avec son collègue le 20 août.

Toute la journée, les responsables de la diplomatie française ont multiplié les contacts pour tenter d'obtenir la libération des deux hommes.

Le Comité des oulémas musulmans, principale organisation religieuse sunnite d'Irak, a cependant admis qu'il n'avait pu entrer en contact avec les ravisseurs des deux journalistes et il craint que cet enlèvement «n'aboutisse à leur exécution». Il a exhorté leurs ravisseurs à les épargner.

De son côté, la Ligue arabe a dit penser que l'échéance de l'ultimatum fixé par les ravisseurs des journalistes prend fin en fait aujourd'hui et non hier.

Le président Jacques Chirac a répété hier son «appel solennel à la libération» des journalistes.

Le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, a rencontré son homologue jordanien, Marwan Moasher, et le roi Abdallah II. La Jordanie s'est engagée à tout faire pour aider à leur libération. «Nous allons multiplier les contacts avec les parties irakiennes concernées pour assurer la libération des journalistes français», a dit le monarque jordanien.

L'ancien secrétaire général du ministère français des Affaires étrangères, Hubert Colin de Verdière, a eu à Bagdad des contacts avec «des personnalités susceptibles d'aider à trouver une solution au problème des otages».

Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a exprimé la fermeté de Paris: la loi sur l'interdiction du voile «sera appliquée» comme prévu demain, jour de la rentrée scolaire. La classe politique française a aussi réaffirmé sa volonté de ne pas céder au chantage.

L'Armée islamique en Irak a déjà revendiqué les assassinats de plusieurs otages, dont celle du reporter italien Enzo Baldoni.

Plusieurs responsables du monde arabe, dont le Libyen Mouammar Kadhafi, ont appelé à la libération des otages français.

Le premier ministre irakien, Iyad Allaoui, a affirmé que les sabotages commis contre les infrastructures pétrolières dans le sud du pays avaient causé un manque à gagner d'un milliard de dollars. «L'argent que nous avons perdu devait être consacré à la reconstruction. L'Irak a assez de richesses pour permettre à tous les Irakiens de vivre de manière décente», a-t-il dit lors d'une réunion.

Par ailleurs, au lendemain de l'annonce de la fin des combats en Irak qu'a faite le mouvement du chef radical chiite Moqtada al-Sadr, la situation était calme à Sadr City, faubourg chiite de Bagdad en proie depuis des mois à la violence.

Un haut responsable turcoman du ministère de l'Éducation a été assassiné à Kirkouk (nord) et trois femmes qui travaillaient sur une base américaine ont été tuées à Mossoul (nord), selon la police. En outre, un groupe islamiste a affirmé hier avoir tué dans le nord de Bagdad trois «agents du Mossad», les services secrets israéliens, et en détenir un autre en otage. Il a été impossible d'authentifier le communiqué de ce groupe jusque-là inconnu, qui se baptise les Brigades de l'horreur.

Aux États-Unis, un sondage a montré que le soutien à la guerre en Irak parmi les Américains était redevenu majoritaire, 51 % de l'opinion publique estimant que cela avait valu la peine d'entrer en guerre. Quelque 46 % des personnes interrogées sont d'un avis contraire, à deux mois de l'élection présidentielle du 2 novembre.






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