Bush nomme un fidèle partisan à la tête d'une CIA en crise
11 août 2004
International
Washington — Le président américain George W. Bush a nommé hier Porter Goss nouveau directeur de la CIA, les services de renseignement américains, en crise pour ne pas avoir prévu les attentats du 11 septembre 2001 et affirmé que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive.
«Il est l'homme qu'il faut pour diriger ces services importants dans une période critique pour notre pays», a souligné M. Bush lors d'une intervention à la Maison-Blanche en ajoutant que M. Goss «connaissait la CIA de fond en comble» pour en avoir été lui-même agent. «Il s'est bâti une réputation de réformateur. Il va réformer l'agence centrale de renseignement», a-t-il souligné.
M. Goss, 65 ans, est un homme du sérail politiquement controversé. Il est un élu de la Floride à la Chambre des représentants depuis 1988. Il a appartenu au service clandestin de la CIA de 1962 à 1971.
Il préside également la commission du renseignement de la Chambre, à majorité républicaine, depuis près de huit ans et a coprésidé en cette qualité une enquête parlementaire indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis qui a révélé les défaillances de la CIA.
Ses nombreux partisans au Congrès le décrivent comme un esprit volontaire, capable de superviser les activités du renseignement sans se laisser influencer par son passé d'agent de la CIA.
Pour ses détracteurs, Peter Goss est beaucoup trop lié à la CIA pour avoir un jugement objectif. «Il a trop de liens» avec les agences du renseignement que coiffe la CIA, a estimé Melvin Goodman, un ancien agent de la CIA aujourd'hui expert du Center for International Policy, un institut privé de réflexion sur la politique internationale. «Le remplaçant de Tenet ne peut pas être un défenseur de la CIA mais quelqu'un capable de montrer les dents», a-t-il ajouté.
Néanmoins, M. Goss avait approuvé le 23 juin un rapport de la commission du renseignement de la Chambre d'une extrême sévérité sur les performances de la Centrale et de son directeur démissionnaire George Tenet, qui avait d'ailleurs protesté dans une lettre rendue publique.
Certains reprochent aussi à Porter Goss d'être excessivement partisan. Début juin, il avait participé activement à une campagne de M. Bush contre les propositions en matière de politique étrangère de son rival démocrate à l'élection présidentielle du 2 novembre, le sénateur John Kerry.
La Floride, où M. Bush devait se rendre hier pour des meetings électoraux, est l'un des États les plus disputés pour la présidentielle de novembre, qui oppose le président sortant au sénateur démocrate du Massachusetts, John Kerry. Les deux hommes sont actuellement coude à coude dans les sondages.
M. Bush s'était appuyé sur les affirmations de la CIA sur la présence d'armes de destruction massive en Irak pour lancer une guerre contre ce pays en mars 2003. Aucune ADM n'a toutefois été trouvée en Irak et les quelque 135 000 soldats américains déployés dans ce pays sont aux prises avec une guérilla qui a coûté la vie à près de 1000 d'entre eux depuis le début du conflit.
George Tenet, le précédent directeur de l'agence, avait démissionné en juin dernier, officiellement pour raisons personnelles. Il avait été nommé par Bill Clinton, le prédécesseur démocrate de George W. Bush. M. Tenet avait notamment affirmé à M. Bush que la présence d'ADM en Irak ne faisait «aucun doute».
La nomination de M. Goss doit encore être confirmée par le Sénat américain, qui va le convoquer pour des auditions dès la reprise de ses travaux, début septembre.
Le président républicain sortant a choisi de ne pas attendre d'être éventuellement réélu en novembre pour procéder au remplacement du directeur de la CIA, dirigée depuis la démission de George Tenet par son directeur-adjoint John McLaughlin.
L'audition de M. Goss va de nouveau donner l'occasion à l'opposition démocrate de dénoncer l'attitude de l'administration Bush avant les attentats de septembre 2001, commis par l'organisation terroriste al-Qaïda, qui ont fait quelque 3000 morts à New York et Washington.
«Son expérience au Congrès lui servira à la CIA car il est respecté des deux côtés de la scène politique et car il comprend l'importance du rôle que le Congrès doit jouer pour améliorer les capacités de renseignement de notre pays», a souligné M. Bush hier.
«Il s'assurera que les hommes et les femmes de la CIA ont les capacités et l'entraînement nécessaires pour pénétrer leurs cibles dans des zones interdites et connaître directement l'ennemi. Il connaît aussi l'importance des technologies qui nous permettent de mieux observer et écouter et d'assurer que l'agence reste à la pointe du progrès», a estimé M. Bush hier.
«L'essence de nos capacités en matière de renseignement repose sur les gens», a souligné M. Goss hier. L'un des principaux reproches adressés à la CIA est sa trop grande confiance placée ces dernières années dans la surveillance électronique au détriment de l'infiltration sur le terrain des organisations hostiles aux États-Unis.
La Commission d'enquête indépendante du Congrès sur les attentats du 11 septembre avait notamment recommandé dans son rapport, publié fin juillet, la nomination d'un directeur national du renseignement américain. M. Bush a appuyé cette recommandation mais a souligné que cette fonction ne remplacerait pas celle de directeur de la CIA.
De son côté, M. Kerry a relevé hier, quelques heures après la nomination d'un nouveau directeur de la CIA, que la priorité restait la création du poste de superpatron du renseignement américain. Le sénateur Kerry n'a pas réellement commenté le choix de M. Goss. Des démocrates ont déjà indiqué qu'il serait probablement limogé en cas de victoire de M. Kerry.
«Il est l'homme qu'il faut pour diriger ces services importants dans une période critique pour notre pays», a souligné M. Bush lors d'une intervention à la Maison-Blanche en ajoutant que M. Goss «connaissait la CIA de fond en comble» pour en avoir été lui-même agent. «Il s'est bâti une réputation de réformateur. Il va réformer l'agence centrale de renseignement», a-t-il souligné.
M. Goss, 65 ans, est un homme du sérail politiquement controversé. Il est un élu de la Floride à la Chambre des représentants depuis 1988. Il a appartenu au service clandestin de la CIA de 1962 à 1971.
Il préside également la commission du renseignement de la Chambre, à majorité républicaine, depuis près de huit ans et a coprésidé en cette qualité une enquête parlementaire indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis qui a révélé les défaillances de la CIA.
Ses nombreux partisans au Congrès le décrivent comme un esprit volontaire, capable de superviser les activités du renseignement sans se laisser influencer par son passé d'agent de la CIA.
Pour ses détracteurs, Peter Goss est beaucoup trop lié à la CIA pour avoir un jugement objectif. «Il a trop de liens» avec les agences du renseignement que coiffe la CIA, a estimé Melvin Goodman, un ancien agent de la CIA aujourd'hui expert du Center for International Policy, un institut privé de réflexion sur la politique internationale. «Le remplaçant de Tenet ne peut pas être un défenseur de la CIA mais quelqu'un capable de montrer les dents», a-t-il ajouté.
Néanmoins, M. Goss avait approuvé le 23 juin un rapport de la commission du renseignement de la Chambre d'une extrême sévérité sur les performances de la Centrale et de son directeur démissionnaire George Tenet, qui avait d'ailleurs protesté dans une lettre rendue publique.
Certains reprochent aussi à Porter Goss d'être excessivement partisan. Début juin, il avait participé activement à une campagne de M. Bush contre les propositions en matière de politique étrangère de son rival démocrate à l'élection présidentielle du 2 novembre, le sénateur John Kerry.
La Floride, où M. Bush devait se rendre hier pour des meetings électoraux, est l'un des États les plus disputés pour la présidentielle de novembre, qui oppose le président sortant au sénateur démocrate du Massachusetts, John Kerry. Les deux hommes sont actuellement coude à coude dans les sondages.
M. Bush s'était appuyé sur les affirmations de la CIA sur la présence d'armes de destruction massive en Irak pour lancer une guerre contre ce pays en mars 2003. Aucune ADM n'a toutefois été trouvée en Irak et les quelque 135 000 soldats américains déployés dans ce pays sont aux prises avec une guérilla qui a coûté la vie à près de 1000 d'entre eux depuis le début du conflit.
George Tenet, le précédent directeur de l'agence, avait démissionné en juin dernier, officiellement pour raisons personnelles. Il avait été nommé par Bill Clinton, le prédécesseur démocrate de George W. Bush. M. Tenet avait notamment affirmé à M. Bush que la présence d'ADM en Irak ne faisait «aucun doute».
La nomination de M. Goss doit encore être confirmée par le Sénat américain, qui va le convoquer pour des auditions dès la reprise de ses travaux, début septembre.
Le président républicain sortant a choisi de ne pas attendre d'être éventuellement réélu en novembre pour procéder au remplacement du directeur de la CIA, dirigée depuis la démission de George Tenet par son directeur-adjoint John McLaughlin.
L'audition de M. Goss va de nouveau donner l'occasion à l'opposition démocrate de dénoncer l'attitude de l'administration Bush avant les attentats de septembre 2001, commis par l'organisation terroriste al-Qaïda, qui ont fait quelque 3000 morts à New York et Washington.
«Son expérience au Congrès lui servira à la CIA car il est respecté des deux côtés de la scène politique et car il comprend l'importance du rôle que le Congrès doit jouer pour améliorer les capacités de renseignement de notre pays», a souligné M. Bush hier.
«Il s'assurera que les hommes et les femmes de la CIA ont les capacités et l'entraînement nécessaires pour pénétrer leurs cibles dans des zones interdites et connaître directement l'ennemi. Il connaît aussi l'importance des technologies qui nous permettent de mieux observer et écouter et d'assurer que l'agence reste à la pointe du progrès», a estimé M. Bush hier.
«L'essence de nos capacités en matière de renseignement repose sur les gens», a souligné M. Goss hier. L'un des principaux reproches adressés à la CIA est sa trop grande confiance placée ces dernières années dans la surveillance électronique au détriment de l'infiltration sur le terrain des organisations hostiles aux États-Unis.
La Commission d'enquête indépendante du Congrès sur les attentats du 11 septembre avait notamment recommandé dans son rapport, publié fin juillet, la nomination d'un directeur national du renseignement américain. M. Bush a appuyé cette recommandation mais a souligné que cette fonction ne remplacerait pas celle de directeur de la CIA.
De son côté, M. Kerry a relevé hier, quelques heures après la nomination d'un nouveau directeur de la CIA, que la priorité restait la création du poste de superpatron du renseignement américain. Le sénateur Kerry n'a pas réellement commenté le choix de M. Goss. Des démocrates ont déjà indiqué qu'il serait probablement limogé en cas de victoire de M. Kerry.
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